mercredi, 18 juin 2008

Chr.Heb.(38) - Quel est ton "non" ?

parlementoui.jpg“Le non irlandais a une fois de plus montré que les référendums nationaux constituent un instrument inadéquat pour décider des questions européennes”, dit-il dans un communiqué. Comment comprendre cette phrase de M. Cohn-Bendit prononcée après le référendum irlandais ? Que les peuples ne sont pas aptes à voter et qu'il faut s'en remettre aux parlements (que l'on appelle au passage "représentation nationale" histoire de montrer que l'on est quand même un vrai démocrate) ? Que la seule réponse possible était le "oui" ? Que les partisans du "non" sont des arriérés ?
Derrière cette question d'un député européen moyen se cache le fossé qui ne cesse de se creuser entre un peuple qui s'interroge et une élite qui fonce tête baissée, entre un peuple inquiet et une élite arrogante qui veut imposer ses choix. C'est l'enseignement que l'on pouvait tirer du "non" français de 2005 et qui est plus que jamais d'actualité. Toute proportion gardée il apparaît de plus en plus que des germes de régime totalitaire se font jour. Un régime qui se prétend démocratique devrait accepter laconiquement une décision du peuple souverain et la respecter.
 
Charles Perche
 
 

samedi, 26 avril 2008

Chr.Heb.(35) - L'Europe se pense souveraine

1111883010.jpg"J'ai confirmé que l'Union européenne est attachée à l'intégrité territoriale et à la souveraineté de la Chine et cela naturellement s'applique au Tibet"

Cette phrase est un peu cocasse si l'on songe au peu de cas que l'Union européenne fait de la souveraineté de ses membres. Dans le même ordre d'idée on pense aussi à nos chers reporters sans frontières qui défendent l'indépendance du Tibet mais que l'on n'a pas entendu lors du coup d'Etat de Sarkozy à Lisbonne. Ou encore à nos chers citoyens bobos qui voyagent partout autour de la terre s'extasiant, qui devant une yourte mongole, qui devant des Massaïs au visage peinturluré, mais qui dénigrent tout folklore ou toute tradition française et prennent Jean-Pierre Pernaud pour un descendant de Philippe Pétain. C'est le syndrome des gens qui, d'acteurs, sont devenus des spectateurs. Ils remettent alors leur "citoyenneté" à une entité nouvelle n'ayant aucun passé à assumer.
Ainsi José-Manuel Barroso, président de la Commission européenne*, l'auteur de la citation ci-dessus, sous-entend la souveraineté d'un Etat européen traitant d'égal à égal avec la Chine. La souveraineté des Etats constitutifs de l'Union européenne fait déjà parti du passé pour lui.

Charles Perche


* Il est intéressant de se remémorer le champ sémantique du mot "commission".
 

mercredi, 09 avril 2008

Lisbonne ou la damnation de l’Europe

Par J.L.J  di  Costanzo

966269273.jpgOn a tout fait pour dissimuler ou faire passer comme anodine la signature du Traité. Un vrai tir de barrage médiatique de crainte de déclancher une polémique autour d’une constitution refusée voici deux ans par voie de référendum, par le peuple  français.
Il y eu le voyage de Nicolas Sarkozy en Algérie et l’affaire autour d’Enrico Macias. Puis on reçut dans le plus grand concert médiatique, en harmonie paradoxale avec une cacophonie de Boulez, le Colonel Kadhafi. Toutes les trompettes et les alarmes sonnèrent du Palais-Bourbon au Café de Flore : les ministres d’Etat tels des égarés ou échappés d’un asile, se mettant à « divaguer» pour ensuite s’excuser au premier rappel à l’ordre de l’Elysée. Un « Up side down » complet, où l’on alla jusqu’à entendre  notre brutal bédouin de Cyrénaïque nous donner des leçons d’Humanisme!

On crut que Paris fut pris de folie !

Enfin, juste après le départ de notre hôte, ce fut l’happy Ending, pas le temps de reprendre son haleine. Pour clore cette semaine chaotique, une fin à « l’Américaine » dans un parc d’attractions de l’Est parisien, une sortie en famille pour aller voir la Parade de Noël. Incognito avec 40 journalistes en rangs serrés devant des tourtereaux de « papier glacé ». Apparaissant comme sortis d’un Empire d’opérette, c’était bien là Badinguet au bras de la Castiglione!

Le traité de Lisbonne ou pour les tatillons bruxellois, « le Traité modifiant le traité sur l’Union européenne et le traité instituant la Communauté européenne »  a été ratifié  le 13 décembre dernier aux termes d’une conférence intergouvernementale européenne.

Ce fut le sommet où les Européens démissionnèrent de l’Histoire.

La conférence Europe- Afrique

En préliminaire, le sommet tragicomique « Europe Afrique », ou la débâcle constatée de l’Europe en Afrique. La conférence commença ainsi dans la plus grande hypocrisie, et furent accueillis des scélérats notoires comme Mohamad Kadhafi et Robert Mugabe, faisant fi des interdictions de séjour et autres mandats d’arrêt.
Il ne fut pas question du Darfour. Il peut bien attendre que diplomatie se fasse. Et l’on s’inquiéta de l’avancée des Chinois sur le continent, dans une magistrale tartufferie aux accents teintés de cynisme.
« L’Afrique n’a que les dictateurs et la misère qu’elle mérite ». Voici le premier postulat humaniste de Lisbonne.

Une Union méditerranéenne ?

1638818979.jpgL’Union méditerranéenne est la prochaine des « abstractions dévastatrices », de Bruxelles. Entre Union Européenne et Union Africaine, un second cercle en périphérie, zone tampon, se voulant être le lien entre Orient et Occident et entre Nord et Sud, en ostracisant Israël si on écoute Kadhafi. Ainsi le Ghetto rejoindrait la « dimmitude ».  Et par souci de symétrie, en voulant un Etat d’Israël au Moyen Orient et un Etat musulman en Europe, on ne s’opposera pas à l’indépendance du Kosovo.
Si une Union Méditerranéenne est dans l’absolu une idée bien exaltante, il  faut regarder  la réalité en face et être conscient des logiques régissant la zone. La création ex nihilo de l’Etat du Kosovo  et de sa probable annexion par l’Albanie provoquera dans une région, encore bien sensible, une nouvelle déstabilisation qui pourrait se traduire par un embrasement allant de Trieste à Constantinople. Sans parler qu’avec le projet d’un Kosovo indépendant, et d’une Serbie encore une fois démembrée, qu’en serait  de nos relations avec la Russie? Sans cette dernière, l’Europe est hémiplégique ! il n’y aurait ainsi plus de centre, si ce n’est que d’intérêt.
Si l’on voit l’indépendance du Kosovo, comme une des conditions primordiales et ciné qua non à toute union meditéraneenne, il faut aussi admettre que ce  projet pourrait bien aliéner toute tentative de  construction de cette dernière.  C’est un projet géopolitique ambitieusement absurde!

De la pure technique, un vide moral,

Le projet constitution signé le 13 décembre, que l’on nous présente comme un traité simplifié, c’est-à-dire moins de textes et plus d’annexes  si je maîtrise bien l’art de comprendre les  euphémismes bruxellois. Refusé par la France et le Danemark, le traité initial avait été retiré, et par quelque passe incantatoire les prestidigitateurs technocrates nous le ressortent de leur chapeau, à peine revu juste « simplifié ». Une Charte du fondamentalisme technocratique, un superbe meccano pour ministre en retraite!
Le premier projet de constitution avait échoué par son manque de démocratie et sa démesure technocratique. Il y avait dans le « non » une réelle aspiration à une Europe affirmant ses valeurs universelles  millénaires judéo-chrétiennes. On pouvait comprendre dans le « non » une volonté populaire de participer à la construction Européenne  et d’aspirer légitimement à être « maître de son destin ».  Il y avait dans le « non » un espoir citoyen.
1437668335.jpgLes Commissaires et  chefs d ‘état ne l’ont pas compris ainsi et par un acte de violence politique inouïe, et un sourire goguenard au coin des lèvres, ils ont signé le projet de constitution.
Ainsi, et de leur propre chef, nous aurons un président élu pour deux ans, une diplomatie plus ou moins harmonieuse. Au comble de l’absurdité, sans la définition des limites géographiques et culturelles de la  « Bête », il y a aussi un volet sécuritaire, par l’harmonisation des polices et des justices. On voudrait que les peuples s’exaltent pour la construction européenne en leur faisant admettre le fait accompli, une constitution technocratique sans Ame « pure sucre ».

Moins de souveraineté et néant idéologique, colportant d’insipides valeurs, agitant de grands mots sans réalité concrète, « comme le droit à la dignité ». L’Europe ne sera que pure technique, de l’académisme politique, de l’abstraction parfaite, la négation de toute morale ou valeur historique, de la folie furieuse pouvant devenir autodestructrice.
On veut  l’Union Africaine, et en abandonnant le continent aux tyrans, à la famine et aux épidémies, le transformant en un maelström de la misère humaine. Où sont les valeurs ? Absentes, nous avons démissionné.
Nous voulons faire une Union Méditerranéenne en excluant Israël et en créant le Kosovo ce qui nous apportera des conflits interethniques au lieu de maintenir un status quo.
La guerre civile, des Balkans jusqu'à la Corne de l’Afrique, voilà le cauchemar de Lisbonne et la damnation de notre civilisation !
Nous avons fait commerce de notre âme avec nos vieux démons, nous avons  renoncé à notre génie et construit ainsi une Europe sur la négation de nos propres valeurs millénaires et Saintes.