mardi, 24 mars 2009

N°29 - Sommaire "L'Etat pour quoi faire ?"

Couv_29.jpgACTU
4 France
Culture et conflit
7 International
30 milliards de dollars pour vaincre la faim dans le monde ? Michel Collin
11 Grand entretien
Vivre et mourir à Paris
Entretien avec Jean-François Parot
14 Place royale
Le programme du roi
Entretien avec Daniel de Montplaisir

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N°29 - Editorial "L'Etat pour quoi faire ?"

rolex.jpgQue mille Rolex® fleurissent !

À quoi sert l'État ? Taraudante question en période de grands bouleversements ! Devenir chef de l'État, est-ce la réussite suprême du bateleur à colifichets, avant qu'il ne se recase dans le "consulting" économique, comme un vulgaire président américain ? Ou y a-t-il un sens plus profond à la chose ?

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mardi, 09 décembre 2008

N°28 - Sommaire "Repenser l'éducation nationale"

Couv28.jpgACTU
4 France
Guerre économique : la France en panne
Louis Duquesne
6 International
L’Europe face à la crise. Jean-Baptiste Barthélémy
La crise s’installe. Entretien avec Paul Jorion
11 Grand entretien
Qu’est-ce que l’homme ?
Entretien avec Chantal Delsol

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N°28 - Editorial "Repenser l'éducation nationale"

allegre.jpgLe mammouth : le mot de Claude Allègre a fait fortune. Une image qui semble intelligemment descriptive. Les proportions de la bête sont immenses, comme l’Éducation nationale, c’est vrai : 12 millions d’élèves, presque 1,5 millions de personnels encadrants… Le premier employeur de France est une très grande machine. Le constater c’est bien, mais c’est un peu court comme démonstration.

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N°28 - A dimanche...

Par Alain Raison


repas_dimanche.jpgToutes les semaines, on avait un jour de maquis collectif contre la servitude volontaire, une pleine journée d’oisiveté forcée. Et voilà qu’il faut travailler plus pour gagner plus. Non mais vraiment, on a la droite la plus bête du monde ?

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N°28 - Entretien avec Paul Jorion

jorion.jpgÉliminer les pratiques spéculatives ?

L’opposition entre « capitalisme de l’entrepreneur » et « capitalisme du spéculateur » formulée récemment par Nicolas Sarkozy explique-t-elle la crise que nous vivons ?

 

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N°28 - Actualités du féminisme

Par Brice Bourdeau

feminisme.jpgEn 1968, dans un appartement mis à leur disposition par Marguerite Duras aux abords du jardin du Luxembourg, Antoinette Fouque, Josiane Chanel et Monique Wittig posent les fondations de ce qui deviendra le MLF (Mouvement de libération des femmes).

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N°28 - École maternelle : le premier maillon

Par Axel Tisserand


dazay.jpg«Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage »… c’est à ce proverbe que fait immanquablement penser le récent pamphlet d’un certain Julien Dazay – c’est un pseudonyme – dirigé contre les écoles maternelles, paradoxalement sous-titré “plaidoyer”. Pour quoi ? Pour qui ? En tout cas pas pour l’école maternelle, tant celui qui se présente comme un inspecteur de l’Éducation nationale n’y va pas par quatre chemins. Ne s’agirait-il pas plutôt de quelque attaché de cabinet ministériel chargé d’un livre-test – c’est dans l’air du temps ? D’aucuns en ont formulé l’hypothèse, que pourraient accréditer les propos tenus en septembre par Xavier Darcos sur l’école maternelle.

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N°28 - Dossier "Repenser l'éducation nationale" (introduction)

mammouth.jpgTelle réforme vise à évacuer le souvenir de telle autre, tel ministre défait ce que tel autre avait institué, et l’institution elle-même n’a de cesse de détruire ce qui l’avait constitué, dans une guerre acharnée contre le passé, la famille, la figure du maître, la nature de l’homme, au bout du compte, puisque c’est la transmission même des savoirs qui est remise en cause et combattue (...la suite en achetant la revue)

vendredi, 17 octobre 2008

N°27 - Sommaire "Changer de cap, Vite !"

584959613.jpgACTU
4 Hommage
Alexandre Soljenitsyne : le chêne et les veaux. Gérard Guicheteau
Soljenitsyne et les médias. Entretien avec Véronique Hallereau
7 France
La réforme des temps nouveaux
Christophe Boutin
10 Sociétés
Amnésie de l’espérance Verbamanent
12 Vue de droite
La viande rouge est-elle de droite ? Alain Sanders

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N°27 - Editorial "Changer de cap, Vite !"

decroissance.jpgNous paraissons bien tard*. Mais le monde n’a pas encore croulé (à franchement parler, nous n’avions pas suspendu notre parution à cet écroulement). Nous sommes d’ailleurs à peu près certains qu’il ne s’effondrera pas, pas comme ça, pas d’un bloc. On ne peut pas se résigner à envisager un Occident brutalement anéanti alors que la France vient de modifier, une fois encore, sa constitution, apportant ainsi au monde (une fois encore) l’exemple d’une réflexion politique experte autant que vivante.

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N°27 - Entretien avec Sylvain Tesson

tesson.jpgCette crise énergétique qui vient
Entretien avec Sylvain Tesson

Votre dernier voyage vous a conduit à suivre le chemin d’une « larme d’or de la Haute Asie convoyée à travers steppes et monts jusqu’au ventre des tankers de la Méditerranée ». Vous avez notamment marché le long des 1762 kilomètres du pipeline Bakou-Tbilissi-Ceyhan. Quelle finalité vous êtes-vous proposée lors de ce périple ?

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N°27 - Changer de cap, vite !

Par NK

pdegalles.jpgLes discours un peu creux sur le «développement durable» ne suffisent plus à masquer l’urgence d’un véritable débat sur le destin de nos sociétés. Une période de décroissance est sans doute désormais inévitable. Avec le prince de Galles, commençons à préparer la suite.

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N°27 - Le royalisme politique : état des lieux

Par Antoine Clapas

fdlys.jpgHypothèses, suggestions, objections : cette «Place royale» a décidément pour mission de sortir du confort intellectuel. Pour avancer, il est quelquefois nécessaire d’aller contre soi-même.

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mercredi, 25 juin 2008

La tribune du Prince Jean

Une urgence vitale : Relancer la politique familiale

headerkuva.gif On a beaucoup parlé de la famille récemment, après l’avoir longtemps négligée. C’est une question qui me préoccupe énormément, en tant que prince de France, car les familles font la richesse de ce pays. Or, qui ne voit que les transformations accélérées de notre société affectent d’une manière particulièrement spectaculaire les modes de vie et les comportements des couples, ainsi que la manière dont ils souhaitent, accueillent et accompagnent leurs enfants ?

La famille demeure la cellule de base de la société, mais sa structure et ses objectifs connaissent de profonds bouleversements : familles décomposées et recomposées, pratique et statut juridique du mariage et du "pacs", baisse de la fécondité et vieillissement de la population, autant de facteurs qui interrogent le sociologue, l’économiste, le philosophe, le moraliste et, bien sûr, le religieux. Mais en quoi concerne-t-il le politique ?

En réalité, ce sont trois ordres de questions qui se posent. D’abord, le politique est-il fondé à s’occuper de la famille ? Quel peut être alors le contenu d’une politique familiale ? Enfin, que faire, comment agir pour l’avenir ?

Que la famille relève largement de la sphère privée est, à mes yeux, une évidence. Rien ne doit être retiré aux conjoints et aux parents de ce qui constitue leur responsabilité propre : l’Etat n’a pas à prendre en charge notre bonheur. Mais l’application du principe de subsidiarité doit se faire avec discernement. La fonction de l’Etat est d’assurer la possibilité du bonheur ou, très concrètement, du bien-être des personnes et des collectivités.

Gouverner, c’est prévoir. Il revient à l’Etat de se préoccuper de l’équilibre économique et social à venir, non dans ses modalités pratiques, mais dans ses fondamentaux. Parmi eux, un élément prépondérant : l’équilibre démographique. Une démographie anémique a des conséquences aussi graves qu’une démographie explosive. Or, la France connaît un déclin démographique largement lié à la baisse de la fécondité qui, depuis 1975, reste au-dessous du seuil de remplacement des générations.

Quel contenu est possible pour une politique familiale ? L’expérience montre que l’outil le plus efficace demeure l’allocation familiale. Reste à savoir comment elle est attribuée. On a vu peu à peu son sens profond dénaturé : on en a fait un simple instrument de redistribution sociale en la cantonnant aux revenus les plus faibles, sans voir l’effet pervers de cette mesure d’apparente équité sociale.

S’il est une idée à laquelle je suis attaché, c’est que l’équilibre d’une société passe par le développement d’une classe moyenne nombreuse et dynamique, apte à aspirer à elle les catégories les plus défavorisées tout en assurant le renouvellement des élites. C’est elle qui doit être le plus incitée à avoir de nombreux enfants, car elle est en mesure à la fois de garantir leur avenir et de leur transmettre le sens de l’effort. Au lieu de cela, la politique familiale a connu une érosion progressive, portée par un individualisme hédoniste et un féminisme étrangement oublieux de son objet, imposés à la société par le pouvoir médiatique. Pressée de toutes parts, la classe moyenne a fini par abdiquer toute ambition d’avenir familial.

Alors, que faire ? Comment aujourd’hui préserver l’avenir de la famille si radicalement inséparable de celui de la société ?

Je suis convaincu que nous devons, sans plus attendre et avec détermination, renforcer durablement les piliers affaiblis des politiques familiales traditionnelles : allocations familiales, quotient familial, ainsi que les instruments annexes tels que les réductions dans les transports publics. Ce qui implique d’abord qu’on les réhabilite dans leur rôle d’incitation au développement de la famille dans toutes les catégories de population.

Mais il faut aller plus loin, en créant un pilier supplémentaire : il est urgent de mettre en place un dispositif efficace d’aide aux femmes qui souhaitent à la fois travailler et élever leurs enfants. Des propositions en ce sens existent : elles vont dans le sens d’une meilleure conciliation entre une activité extérieure et la charge des enfants, notamment par la création d’assistantes familiales ; elles envisagent aussi une juste rémunération pour la mère de famille qui se consacre à ses enfants.

Je suis parfaitement conscient que ces constats et ces mesures vont à contre-courant de la politique, ou plutôt de l’absence de politique, actuellement pratiquée. Je sais aussi qu’on me dira que nos voisins européens ne font pas mieux que nous : cela ne me rassure en rien. J’affirme simplement, posément, mais à voix haute et claire, que ces propositions sont, pour la France, non seulement essentielles, mais d’une urgence vitale.
 
 
Jean de France
 
 
Tribune reprise du site officiel du Prince Jean :
 
 

mardi, 10 juin 2008

N°26 - Sommaire "Révolution française : une histoire à vif"

1655416975.jpgACTU
4 Sociétés
La nostalgie des langues populaires.
Entretien avec Claude Duneton
7 France
Réforme de l’État ou politique de gribouille ? Sénac de Meilhan
9 Grand entretien
Sébastien Lapaque. David Foubert
12 Europe
L’irlande : le choix de dire oui. Jérôme L.J di Constanzo
14 International
La Chine, la Chine seule. Antoine Clapas
16 Place royale
Les bondieuseries historiques. François-Marin Fleutot
18 Vue de droite
Le lapin est-il de droite ? Jean Desfontaines

DOSSIER
Révolution française : une histoire à vif
20 L’honneur perdu. Antoine Foncin
23 L’historiographie révolutionnaire.
Entretien avec Jean Tulard
25 Aux larmes citoyennes. Alain Raison
28 Catholiques et révolutionnaires.
Entretien avec le père Jean Dubray
30 Le naufrage économique. Philippe Mesnard

CULTURE
32 Nos humanités
Manuel des certitudes perdues. Pierre Magnard
34 BD Philippe Mesnard
36 Revues des autres
Arrêter le progrès ? Brice Bourdeau
38 Lectures
Entretien avec Ernst Nolte
50 Arts Amaury Chabert

 

 

  Commander la revue, 7 euros
 

 

N°26 - Editorial "Révolution française : une histoire à vif"

phrygien.jpgÀ tant faire qu’à fêter les vieilles gloires républicaines et les fondements bien assurés du discours consensuel, nous sommes revenus (une première fois) sur Le Livre noir de la Révolution française, pour apporter quelques éclairages complémentaires, et sur la deuxième guerre mondiale, pour vérifier que les choses sont toujours plus riches que ce qu’on imagine. Nous aurions même pu être encore plus pertinents si tous ceux que nous voulions interroger avaient accepté de répondre. Mais le débat est chose compliqué. Nous l’organisons autrement, du coup, dans nos Conférences : Richard Millet en avril, Jean-Pierre Le Goff et Gérard Leclerc en juin (pour parler de mai : nous sommes très constants).
Les Épées sont donc ainsi en perpétuelle recherche de dialogue, y compris avec ses lecteurs, parfois pris à rebours de leurs convictions par tel ou tel article : c’est le rôle d’une revue de susciter l’interrogation, de défricher de nouveaux terrains ou de tracer tranquillement le sillon, le tout en même temps, au risque de choquer un jour et de lasser le lendemain.  Les Épées n’ont pas vocation à devenir un quelconque mouvement politique. Dans ce contexte déstabilisant d’une « France morcelée » (Le Goff), les questions sont peut-être plus importantes que les réponses toutes faites. Ce que nous tentons de délivrer, c’est une approche du réel renouvelée, empreinte de bon sens et à la fois enracinée, condition indispensable sans laquelle l’homme n’est pas lui-même.
Il ne s’agit pas aux Épées, il ne s’agira jamais, de réfléchir aux moyens de relancer la croissance mais plutôt de retrouver le sens de la communauté –  et en premier lieu, la langue dont nous parle Claude Duneton –, et ainsi de réfléchir au sens unique, soit disant inéluctable, imposé par la matrice libérale.
 
Les Epées
 
 

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vendredi, 06 juin 2008

40 ans après

Nico68019.jpg

mercredi, 04 juin 2008

Tout est relatif

1051614777.gifQuestion : Comment appelle-t-on un projet dont il faudra qu’au moins 184 députés et sénateurs rédigent une proposition de loi, et demandent l’appui de 4,5 millions d’électeurs ?

Réponse : un référendum d'initiative populaire (NDLR : véridict !)



Question : Comment s'appelle l'acte par lequel un Président de la république s'invite devant le Parlement avant le vote d'une réforme constitutionnelle ?

Réponse : un lit de justice (NDLR : interprétation, quoique...)




jeudi, 15 mai 2008

Le programme en quelques siècles

1196499736.gifNous vous proposons un poème d'Armand Robin qui nous a été suggéré par Le conservateur. Il est étonnant d'actualité alors qu'il fut écrit en 1945.

 

Le programme en quelques siècles 

On supprimera la Foi
Au nom de la Lumière,?
Puis on supprimera la lumière.

On supprimera l’Âme?
Au nom de la Raison,?
Puis on supprimera la raison.

On supprimera la Charité
Au nom de la Justice
Puis on supprimera la justice.

On supprimera l’Amour?
Au nom de la Fraternité,
Puis on supprimera la fraternité.

On supprimera l’Esprit de Vérité
Au nom de l’Esprit critique,
Puis on supprimera l’esprit critique.

On supprimera le Sens du Mot?
Au nom du sens des mots,
Puis on supprimera le sens des mots

On supprimera le Sublime?
Au nom de l’Art,
Puis on supprimera l’art.

On supprimera les Écrits
Au nom des Commentaires,
Puis on supprimera les commentaires.

On supprimera le Saint?
Au nom du Génie,
Puis on supprimera le génie.

On supprimera le Prophète
Au nom du Poète,
Puis on supprimera le poète.

On supprimera l’Esprit,?
Au nom de la Matière,?
Puis on supprimera la matière.

Au nom de rien on supprimera l’homme;
On supprimera le nom de l’homme ;
Il n’y aura plus de nom ;
Nous y sommes.


Armand Robin - Les Poèmes indésirables, 1945

mercredi, 14 mai 2008

Et si on nous invitait à la télé ?...

Cela pourrait se passer comme dans ce petit film :

  


 

 

mardi, 13 mai 2008

Ne pas travailler pour gagner plus...

822131054.jpgHier, lundi 12 mai, lundi de Pentecôte était à nouveau un jour férié mais pour un certain nombre de salariés c'était aussi la journée de solidarité pour les personnes âgées, c'est à dire qu'ils devaient travailler sans percevoir aucune rémunération. On ne reviendra pas sur le bien-fondé de cette journée et la cacophonie qu'elle a engendrée ces dernières années. On se contentera de relever le paradoxe suivant : payés, ceux qui auront pris un jour de congés, et non-payés ceux qui auront travaillé !

D'où l'expression "travailler plus pour gagner plus" !

 

Charles Perche 

samedi, 19 avril 2008

Marianne est très vieille...

61774423.jpgEn 1881, Paul Verlaine consacrait ce sonnet à Marianne...
Depuis le XIX° siècle, la Gueuse a connu bien des avatars qui lui ont donné de nouvelles rides, mais le poème, lui, n'a pas vieilli...

 

 



Buste pour Mairies
 

     Marianne est très vieille et court sur ses cent ans,
     Et comme dans sa fleur ce fut une gaillarde,
     Buvant, aimant, moulue aux nuits de corps de garde,
     La voici radoteuse, au poil rare, et sans dents.
 
     La bonne fille, après ce siècle d’accidents,
     A déchu dans l’horreur d’une immonde vieillarde
     Qui veut qu’on la reluque et non qu’on la regarde,
     Lasse, hélas ! d’hommes, mais prête comme au bon temps.
 
     Juvénal y perdrait son latin, Saint-Lazare
     Son appareil sans pair et son personnel rare,
     A guérir l’hystérique égorgeuse des Rois.
 
     Elle a tout, rogne, teigne… et le reste et la gale !
     Qu’on la pende pour voir un peu dinguer en croix
     Sa vie horizontale et sa mort verticale !

 
 
                                                         Paul Verlaine (1881)

 

jeudi, 17 avril 2008

Port du badge obligatoire

1320230026.jpgLe badge «Pour un monde meilleur» destiné à montrer leur attachement aux droits de l'Homme des sportifs français ne sera pas autorisé à Pékin, a annoncé tout d'abord le président du Comité national olympique et sportif français Henri Sérandour. Voilà enfin une sage décision après plusieurs jours de tumulte et de réflexion sur le comportement à tenir pendant les Jeux olympiques organisés par nos camarades chinois.
"Un monde meilleur"
Un message si fort politiquement aurait été mal interprêté par les hôtes de ce rendez-vous sportif planétaire. On se rend compte après coup du magnifique courage qu'ont montré les athlètes français portant la flamme olympique dans les rues de Paris ornés de leur badge subversif au nez et à la barbe des officiels chinois. Un courage qui n'a pas été jugé à sa juste valeur par le public français beaucoup trop terre à terre pour apprécier de telles idées universalistes. Le ressentiment envers la flamme olympique n'a été mu que par un désir de voir un Tibet autonome et une Chine un peu moins totalitaire. Une sorte de realpolitik mesquine et sans ambition mondialo-meliorative...
Ce badge est probablement en avance sur son temps. Le porter à Pékin aurait à coup sûr tourmenté les édiles locaux, ces braves appartchiks qui ont autrefois travaillé pour le grand bond en avant et aujourd'hui pour le développement économique de la Chine mais n'ont jamais eu l'ambition d'aller au-delà des frontières. Une Chine meilleure bien évidemment, mais le monde...
Cependant le citoyen Sérandour, gêné à l'idée de ne pas oeuvrer pour une noble idée, vient de changer son fusil d'épaule. Il souhaite finalement qu'il y ait un badge mais qu'il soit porté par les athlètes de tous les pays et que le message soit changé. Lui qui ne voulait pas froisser les Chinois veut maintenant imposer son badge à tout le monde. Enfin de la diplomatie internationale à ciel ouvert pour notre plus grand plaisir !
Mais quel sera le message porté par ce badge ? Il va falloir trouver une formule moins polémique que "Un monde meilleur". Livrons en pature
quelques idées audacieuses : "Tous unis", "En route vers l'avenir" etc. Si vous avez des idées...
 
Charles Perche 
 

mercredi, 16 avril 2008

Darfour, « la pauvreté, le désespoir et la mort » : le Vatican n’a pas gardé le silence.

Par Jérôme L.J di Costanzo

«Dieu est toujours dans le camp de ceux qui souffrent.», Jean-Paul II.

1710762524.jpg Le 26 juillet 2004, de Castel Gandolfo, Jean-Paul II avait déjà dénoncé la violence sévissant au Darfour, stigmatisant dans son discours « la pauvreté, le désespoir et la mort » régnant dans cette partie du monde . Il avait dépêché à l’époque Mgr Cordes, président du Conseil pontifical Cor unum, dans l’Ouest du Soudan  pour visiter le camp de réfugiés Nyala et pour rencontrer les responsables locaux. Cela, trois ans avant la mission Williams. Depuis, sans relâche, le Saint Siège a exhorté les nations à réagir sur le Darfour. Le Vatican n’a pas gardé le silence.

Comment aurait-il pu le garder ? Alors qu’il avait  été témoin depuis plus de quinze ans, depuis l’arrivée au pouvoir des gens d’Omar El Bechir à Khartoum, de l’industrie de mort œuvrant dans le Sud Soudan envers les populations animistes et chrétiennes. 3 500 000 morts, une guerre civile ? Non, l’asservissement et le meurtre d’une population, après un traité de paix resté sans effet. Un Comprehensive Peace Agreement a été signé le 9 janvier 2005, dont l'article 1 de la nouvelle Constitution soudanaise déclarait en ces termes : « Le Soudan est une nation accueillante, où races et cultures cohabitent, et où les religions sont réconciliées ». Il n’y a pas eu d’amélioration. John Garang, leader de la rébellion du Sud et alter ego africain du Commandant Massoud, meurt trois semaines après la signature de l’accort, dans un brutal accident d’hélicoptère.

Les violences n’ont pas diminué au Sud Soudan : politique de terreur menée par des milices progouvernementales, mise en esclavage - au sens propre - de populations, et camps de réfugiés au Nord de l’Ouganda. Le Darfour n’est que la répétition cynique des crimes du Sud, et cela avec une logique morbide similaire, une ONU paralysée par sa propre procédure. L'Ouest et Sud du Soudan sont transformés en zone de non-droit international, où règne le massacre, où s’étendent des cohortes de désespérés allant chercher refuge derrière une frontière qui se voudrait salvatrice, mais qui est en réalité un camp de réfugiés avec «  la pauvreté, le désespoir et la mort ».

509830593.jpg Il faut aussi souligner, outre « les crimes de guerre », les offenses de plus en plus inquiétantes des  gens d’Omar El Béchir envers les liberté fondamentales religieuses. Pour l’année 2005, le réquisitoire est accablant et nous fait constater, encore une fois, la nature brutale et systématique des exactions des maîtres de Khartoum. Les responsables des Eglises ont observé une dégradation : expropriation, voire démolitions, pour raisons administratives, des propriétés de l’Eglises, intimidation et arrestation arbitraire de responsables de l’Eglise par des « agents du gouvernement en civil ». Police secrète, arrestation d’ecclésiastiques, cela nous rappelle la Pologne de Jaruzelski ! Ce n’est  plus du communisme mais l’Islamisme en marche. Nous sommes ici ni à l’ouest, ni au sud mais au cœur du pays, dans sa capitale ! Où régnera bientôt « la pauvreté, le désespoir et la mort », malgré les fortunes en diamants des gens d’El Béchir.

 Le Vatican n’a pas gardé pas le silence. Depuis plus de quinze ans, il alerte la communauté internationale sur la dérive brutale du régime autoritaire de Khartoum. Nous avons déployé beaucoup d’énergie à vouloir « Sauver le Darfour », malgré encore quelques hypocrisies dues à une diplomatie internationale se voulant « apaisante », nous avons avancé : on ne peut plus ignorer la réelle nature du pouvoir central soudanais. Reste aujourd’hui, à passer à l’action, un morbide compteur tourne au Darfour, et il n’est pas sur le point de s’arrêter.  Il serait naïf de croire, qu’une diplomatie, même résolue, pourrait par elle-même résoudre le problème. C’est par l’effort combiné des gouvernements, des ONG, des diplomaties, de l’Eglise catholique, et des autres autorités religieuses du Soudan, mais aussi de toute les forces démocratiques soudanaises, oeuvrant pour la paix et la justice, que nous arriverons à mettre un terme au règne de « la pauvreté, du désespoir, et de la mort » au Soudan, et ainsi porter un coup d’arrêt décisif aux volontés impérialistes des Islamistes en Afrique.







vendredi, 04 avril 2008

Chr.Heb.(32) - Des banderoles partout !

1516065316.jpgNous sommes entrés dans l'ère de la banderole. On en voit partout ! A nous faire presque oublier la bonne vieille banderole publicitaire. Les JO vont se dérouler à Pékin et on s'aperçoit que la République démocratique de Chine n'est pas si démocrate qu'il est écrit sur le paquet, point ne sera besoin de boycotter ou d'éteindre sa télé, une banderole fera l'affaire. Ainsi la mairie de Paris a placé une banderole sur sa façade pour le passage de la flamme olympique afin de montrer qu'elle est solidaire des Tibétains. Dans le même temps on s'agite en Colombie pour Ingrid, grande bénéficiaire de banderoles ces derniers mois. La banderole comme moyen d'expression pour défendre la liberté ? Seulement pour la défendre mais pas pour l'exprimer ! Certains supporters, à l'humour plus que douteuse certes, sont là pour en témoigner.
 
Charles Perche
 

jeudi, 27 mars 2008

Chr.Heb.(31) - L'UE défend les phoques

1121310819.jpgAlors que l'Union européenne écarte toute idée de représailles contre la Chine eu égard à son comportement "désinvolte" au Tibet elle condamne dans le même temps le Canada du fait de ses atteintes répétées au droit des phoques. Voilà où en est désormais ce vaste empire européen, incapable par son immobilisme dû au trop grand nombre d'Etats qui le composent de prendre une décision de portée politique sur la scène internationale. On nous rétorquera que la cause de sa faiblesse actuelle est l'impuissance de son "pouvoir central" et qu'il faut donc aller vers plus d'intégration. Hélas il y a fort à parier qu'un super Etat dont la doctrine serait le libéralisme à tout va et la défense d'intérêts économiques aurait toujours tendance à caresser les Chinois dans le sens du poil et à vilipender les Canadiens s'intéressant à la fourrure des phoques. L'ultra-libéralisme économique est-il compatible avec les idées démocratiques ?

Charles Perche

 

Photo : phoque en peluche, made in China 

Conférence le jeudi 27 mars 20h

623519051.jpg
Pour une mystique de la chair ? Dialogue entre P. Sollers et F. Hadjadj
 
La conférence a une nouvelle fois rencontré un vif succès auprès du public. Nous étions heureux de pouvoir recevoir 150 personnes venues écouter Philippe Sollers et Fabrice Hadjadj sur un sujet difficile. Le jour où L'Express sortait un numéro sur l'immobilier dans les grandes villes Les Epées proposaient un tout autre sujet qui nous a fait découvrir à quel point nos intervenants en étaient passionnés.
 
Ci-dessous le podcast de la soirée.

podcast
 
 
 
Des auditeurs ont rendu compte de la conférence en commentaire en bas de cette page.Merci à eux. 
 
 
 
Pour une mystique
 

de la chair ?
 
 
 
 

Dialogue entre Fabrice Hadjadj
 
et Philippe Sollers
 

À propos de leurs derniers livres respectifs :

La profondeur des sexes (Seuil, 2008) et Guerres secrètes (Carnets Nord, 2007).

 

2030978090.jpgPhilippe Sollers évoque le « surgissement catholique appelé baroque. Quelques noms : Michel Ange, Bernin, Titien, avec comme une poussée physique où, comme par hasard, nous retrouvons beaucoup de corps de femmes, et la négation de tout esprit de séparation entre la chair et l’esprit. La vérité dans la chair et l’esprit, “dans une âme et un corps”, c’est cela qu’il nous faut comprendre avec la musique, comme guerre secrète, contre ce qui ne veut pas que cela puisse s’incarner ».


1888697673.jpgEt si notre époque d’hypersexualisation était une époque de haine du sexe, de sa signification et de ses mystères ? « Comme à ses premiers siècles, le christianisme se retrouve alors aujourd’hui dans la situation singulière d’avoir à chanter la gloire du corps, la spiritualité de la chair, et à lui redonner sa dimension spirituelle. »
 

 

Jeudi 27 mars à 20h
Salle Pierre Nicole
9 rue Pierre Nicole ou 270 rue Saint-Jacques
75005 PARIS
1994330572.jpg
 

Entrée libre
RER B Luxembourg, Port-Royal
BUS 21, 27, 38, 81, 82, 83, 84, 85, 91
 
 

 

Afin que la conférence garde tout son intérêt et qu'aucune polémique stérile ne naisse d'incompréhensions de part et d'autre, les commentaires sont momentanément supprimés et impossibles sur cette page. Dès le lendemain de la conférence il sera à nouveau possible de dialoguer sur cette page à partir d'arguments plus concrets. Ce sera désormais la règle pour chacune de nos conférences.   Les Epées

vendredi, 21 mars 2008

N°25 - Sommaire "l'alcool est-il de droite ?"

1593578333.jpgACTU
4 Sociétés
À dimanche. Alain Raison
6 France
Qui a peur du grand méchant mot ? E. Marsala
8 Europe
Saudade. Jean-Baptiste Barthélémy
10 International
150 ans de relations franco-japonaises. Stéphane Giocanti
Kosovo Je Serbja. Maurice G. Dantec
14 Grand entretien
René Girard. Antoine Rocalba
16 Place royale
Le coup d’État réhabilité. Louis Duquesne

DOSSIER
L’alcool est-il de droite ?
18 L’alcool est-il de droite ? Arnaud Olivier
21 Quel buveur de droite êtes-vous ?
22 Araignée du soir, faut boire. Léon Daudet
24 Mémoire, terroir, savoir. Denis Tillinac
25 Socrate ivre. Pierre Boutang
26 L’alcool de l’écrivain.
Entretien avec Pierre Chalmin
29 Pan n’est pas mort. Antoine Foncin

CULTURE
30 Nos humanités
Le Rex sacrorum (II). Danièle Porte
32 BD Philippe Mesnard
34 Revues des autres
Les pélerins chérubiniques. Brice Bourdeau
36 Lectures
50 Arts Amaury Chabert

 

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N°25 - Editorial "l'alcool est-il de droite ?"

1276927038.jpgD’une façon générale, le spectacle qu’offre la France est navrant. L’argent est un dieu vénéré par toute la classe politique, même et surtout la gauche, l’Europe est l’horizon indépassable de notre futur, le monde se fait sans nous. Et pendant que la droite honteuse se dépêche de ne pas tenir ses promesses et d’ouvrir les robinets à phynances, pendant que Président et ministres courent la planète et le pays pour assister à tous les enterrements possibles et rencontrer le plus de minorités en voie de disparition (ouvriers industriels et autres pécheurs bretons), les débats intelligents font rage dans les médias : confions 11 000 morts à 600 000 élèves ! Empêchons la présidentialisation du régime par un monarque qui ne respecte pas le caractère sacré de sa fonction ! Les municipales ne sont pas des élections municipales !
Sur le fond, à savoir que la démocratie n’est pas une philosophie, que l’Europe n’est pas une fatalité, que l’exercice du pouvoir ne doit pas être une forfaiture, le débat est ailleurs. Dans Les Épées, entre autres. Dans ces pages mais aussi lors de nos conférences, où Stéphane Courtois est venu présenter le Livre noir de la Révolution française ou Eric Zemmour son roman Petit frère.
Comme ni l’Europe, ni la France ni la démocratie ne risquent de disparaître à très court terme, nous avons quand même décidé de consacrer notre dossier à une question taraudante, propre à animer les dîners en ville et les déjeuners en famille (le dimanche) : l’alcool est-il de droite ? On le sentait, ça restait à prouver. Le débat reste ouvert, mais il semble bien établi qu’à droite on boit par lucidité (les gens de droite sont fondamentalement pessimistes : tout est toujours allé très mal) et qu’à gauche on boit sans s’avouer qu’on a compris qu’on a tort. Les premières conclusions sont donc encourageantes.

Les Épées
 
 

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N°25 - L’alcool est-il de droite ?

Par Arnaud Olivier
658837343.jpgÀ quelles erreurs la bonne éducation ne conduit-elle pas ? Les conversations de bistrot ont mauvaise presse auprès des gens convenables. Il faut n’avoir jamais eu l’honneur de tenir son rôle dans une de ces disputes pour croire qu’elles sont invariablement grossières ou frivoles. De même que les disputes philosophiques les plus profondes portent sur la philosophie elle-même, il serait juste que les conversations de bistrot les plus étincelantes traitent en premier lieu de la science de bien boire. Cependant, l’étude de cette branche de l’activité humaine paraît fort délaissée. Il se trouve certainement des sociologues pleins de confiance dans leurs méthodes et des hygiénistes rigides pour étudier les conséquences de l’alcoolisme chez les femmes du monde ou les chômeurs du Pas-de-Calais. Mais tous ces travaux négligent l’essentiel : en se concentrant sur le phénomène matériel, ils masquent la fin ultime de l’ivrognerie, ils en travestissent la noblesse.

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jeudi, 20 mars 2008

L’archevêque de Canterbury : provocateur ou prophète?

Par Jérôme L.J di Costanzo

1014213137.jpgC’est Le 6 février, lors d’une interview sur la BBC4 que le Docteur Rowan Williams, archevêque de Canterbury et numéro UN de l’Eglise Anglicane, affirma que l’assimilation d’une partie de la Charia, la loi coranique, par le Droit Anglais était « inévitable ». Point de vue qu’il confirma plus tard lors de son intervention à la Royal court of Justice.
On constatera l’unanimité faite contre cet  ecclésiastique gallois de 57 ans, qui est depuis 2003 le chef de l’Eglise d’Angleterre; des critiques venant aussi bien des rangs conservateurs, que travaillistes, qu’aussi des libéraux démocrates. Le Premier ministre Gordon Brown, lui  rappela, en réaction, la suprématie absolue du droit britannique sur tout autre forme de justice.
Des réactions critiques vinrent aussi de certains membres du Parlement de confession musulmane, comme le député travailliste de Birmingham, Khalid Mahmood, qui affirma qu’en aucun cas, la loi commune plongeait les musulmans dans un dilemme entre Religion et Société. De même que Shahik Malik qui dénie  tout désir chez les musulmans anglais de vouloir obéir exclusivement à la Charia et déclara que : « s’il y a des gens qui préfèrent la Charia, il y a toujours des pays où ils peuvent aller vivre ».
Le Cardinal Cormack Murphy O’connor, se refusant à critiquer son homologue Anglican, prit position sur le sujet dans une interview au Sunday Times : « je ne crois pas, en une société multiculturelle…Quand des personnes viennent dans une contrée, ils ont à obéir à la loi du pays ».
Volée de bois vert venant aussi de l’Eglise Anglicane dont certains représentants allèrent jusqu’à réclamer la démission de Rowan Williams. Le numéro Deux de l’Eglise anglicane, l’Archevêque d’York, le Dr Sentamu, se refusa de critiquer le Dr Williams, mais déclara que l’application de la charia « n’arriverait Jamais » en Grande-Bretagne. Le Révérend Nazir-Ali, originaire du Pakistan, qui s’était alarmé, il y a quelques semaines, de voir dans sa ville des quartiers interdits à tout non musulman, affirma que l’application de la Charia était  impossible sans remettre en cause les fondements même du droit britannique.
Cependant, il existe déjà des tribunaux Islamiques en Grande-Bretagne, comme l’Islamic Sharia Council de Leyton, à l’est de Londres, qui statue sur des divorces, des conflits familiaux, des successions, ou bien sur des litiges de voisinage. Et c’est dans le cadre d’une politique communautariste que l’on a toléré ces derniers.
C’est un fait, en Grande-Bretagne, 40% des 1,6 million de musulmans britanniques souhaiteraient êtres placés sous une juridiction islamique. C’est ainsi qu’on peut comprendre « l’inévitable implication de la Charia dans le droit britannique » du docteur Williams. Les tribunaux islamiques appliquant déjà la « Charia » dans le pays, l’archevêque propose tout simplement, la légalisation d’une partie de sa pratique. Et le Primat Anglican ne serait en rien provocateur, mais  prophétiserait ici de son intégration futur et « inévitable ».
Alors, quelle position avoir sur les mariages forcés ou bien sur la polygamie ?  Il a ouvert ici une boîte de Pandore.
Enfin, L’unanimité contre les propos de l’archevêque démontre une chose : les Britanniques veulent appartenir à une même Nation, régie par une seule même loi. Est-ce là un signe de la fin de l’utopie multi- culturaliste Anglo-saxonne ?

 Jérôme L.J di Costanzo
 

mercredi, 19 mars 2008

LE PATRICIEN ET LE SUCCESSEUR DE SAINT PIERRE : CHURCHILL ET JEAN-PAUL II

Par Jérôme L.J di Costanzo

“Onward, Christian soldiers, marching as to war,
With the cross of Jesus going on before.
Christ, the royal Master, leads against the foe;
Forward into battle see His banners go!”(1)

1302593586.jpg Le 12 août 1941, à la demande de Winston Churchill, fut intégré dans la cérémonie clôturant la signature de la « Charte Atlantique », en baie de Platentia, l’hymne religieux « Onward, Christian Soldiers ». Dans son livre « the second world war », il témoignera, non sans émotion, de l’égrégore solennel régnant ce jour-là au large de Terre-Neuve : « Aucun des participants n’oubliera jamais le spectacle de cette assemblée massée sur le pont arrière du « Prince of wales ». La symbolique de l’Union Jack et de la Bannière Etoilée flottant côte à côte, les chapelains britanniques et Américains se relayant pour réciter les prières, les rangs serrés des marins américains et britanniques entremêlés, utilisant les mêmes livres de prières, prononçant les mêmes implorations, chantant les mêmes hymnes familiers » .(2)
Scellant une alliance, jusqu’à présent quasi indéfectible entre les Etats-unis et le Royaume-Uni, cette « Atlantica Carta » est un Credo prophétique qui nous annonce, déjà dans ses grands traits, l’Otan, la volonté de libéralisation des marchés, le désarmement, et aussi l’arrivée  d’un Président Reagan et d’une Margaret Thatcher. En ce jour d’août 1941, ce partage de valeurs communes, cet œcuménisme politique annoncent d’ores et déjà un Jean-Paul II. Le 1er mars 1955, lors de son dernier discours à la Chambre des Communes,  le sauveur de 1940, devenu le prophète de la guerre froide, conclut sa carrière politique par ces mots: « Peut être le jour viendra-t-il où la loyauté, l’amour du prochain, le respect pour la justice et la liberté permettront aux générations actuellement en souffrance de laisser derrière elles, avec sérénité et après l’avoir vaincue, l’horreur du temps que nous vivons. D’ici là, ne fléchissez jamais, ne vous laissez jamais décourager, ne désespérez Jamais ». Comment ne pas rapprocher cet ultime discours du « N’ayez pas peur  »(3) de Jean Paul II ? Ce sont, à 25 ans d’intervalle, des paroles salvatrices promettant des jours meilleurs, proférées dans une foi absolue en la Providence.
C’est ici une surprenante filiation : le Patricien Winston Churchill et le Vicaire du Christ, Jean Paul II.  Cet article n’a pas pour but d’amalgamer la religion avec la politique mais de comparer deux figures emblématiques du conservatisme moderne.

« Ne cédez jamais au désespoir, mais, si cela devait vous arriver, luttez avec l'énergie du désespoir» Edmond Burke.

Les deux personnages partagent de nombreux points communs. Charismatiques et populaires, ce sont deux tribuns d’exception, souvent qualifiés par l’intelligentsia progressiste d’horribles conservateurs. Combattants acharnés du nazisme et du communisme, ils surent toujours trouver les mots justes pour garder intact l’espoir auprès de leur peuple respectif, qu’il s’agisse des Britanniques sous le Blitz ou des Polonais sous le communisme.
Ils restent des pourvoyeurs, devant l’Histoire, de liberté et de démocratie. Il y a chez eux un respect indéniable pour la « Vox populi ». Citons pour exemple la phrase  du Premier ministre « la démocratie est le pire des systèmes à l’exception de tous les autres », que l’on peut rapprocher de la réflexion du Saint Père à un Pinochet à l’occasion de son voyage au Chili. Le dictateur interrogea le très Saint Père : « Pourquoi l’Église parle-t-elle sans cesse de démocratie ? Toutes les méthodes de gouvernement se valent. » Jean Paul II lui répondit : « Non, le peuple a le droit de jouir de ses libertés fondamentales, même s’il commet des erreurs dans l’exercice de celles-ci. » .(4)

Libérateurs des peuples asservis, ils eurent tous les deux de l’empathie pour le peuple juif. Churchill fut un des artisans de la « déclaration Balfour » et un partisan de la cause sioniste. Jean Paul II fut le pape de la réconciliation entre le catholicisme et la religion juive. Il y a, chez ces deux hommes, une fidélité inextinguible à la « Vieille Loi » par excellence : la Loi Mosaïque ! Ils sont à eux deux, des exemples d’un messianisme rédempteur inhérent au conservatisme : volonté de libérer les peuples de l’oppression, de l’esclavage, qu’il soit nazi ou communiste.

« Un discours Whig, sir », lance Melbourne, au Premier Ministre Canning à la fin de son premier discours à la Chambre des Communes. Ce dernier rétorque « Un discours Whig, avec des arguments Tory ! » (scène du film de Robert Bolt « lady Caroline Lamb »(5)).

1297057293.jpg On a souvent qualifié chacun de ces deux hommes de « libéral conservateur ». Et le terme libéral est à prendre au sens le plus large. John O’Sullivan dans son livre « the President, the Pope & the Prime Minister », à propos de la « Truce de 1968 »  écrit par l’évêque Wojtyla, résume la dialectique du futur Saint Père en parlant « de défense d’une doctrine traditionnelle par des arguments non traditionnels ». Et un Churchill a fait le saut plusieurs fois du parti  conservateur au parti libéral et inversement. Il fit partie dans ses premières années en politique des hooligans socio-conservateurs de la Chambre des Communes, des fidèles perpetuateurs de la politique « One Nation » de Benjamin Disraeli.(6)

Des whigs conservateurs ?

Churchill est issu d’une famille patricienne, avec comme figure patriarcale, John Churchill, duc de Marlborough. C’est cette vieille aristocratie, historiquement liée au pays, ce « grand chêne » dont parle le « barrister de Beaconsfield » Edmond Burke, ces patriciens qui, au XVIIIe siècle, incarnèrent, face au déficit de « droit divin » dû à la chute des Stuart et à l’avènement d’un Roi continental, la continuité de la tradition politique. C’est l’héritage de Churchill, qui est comme son ancêtre le Duc de Marlborough et Burke, un savant mélange oscillant entre libéralisme de raison, acceptable, parce que  se plaçant dans une logique rhétorique, et un conservatisme « tory » de tradition. Alfred Delp, cité par Benoît XVI dans son « Jésus de Nazareth », corrobore cette nécessité pour tout conservatisme de se rattacher à une croyance en un Dieu et en un respect fidèle de la Loi : « Le pain est important, la liberté est plus importante, mais la chose la plus importante de toutes, c’est la fidélité constante et l’adoration jamais trahie. » .(7) Fidélité et adoration à la « Vieille Loi » doivent être placées au-dessus de tout. C’est ce qui empêche le conservatisme libéral de dériver vers un conservatisme marxisant ou poreux. Il ne s’agit pas de « whiggisme », mais de liberté dans l’obéissance et la fidélité à la loi primordiale.

On pourra reconnaître cette même « fidélité et adoration », sur le pont arrière du HMS « Prince of Wales » en baie de Platentia, unissant quelque part, par une « Atlantica carta », en une « One Nation », un Royaume et des États unis. L’Histoire confirmera le paradigme, d’abord par la libération célébrée un 8 mai 1945, sur le balcon de Buckingham Palace, avec la famille royale et un Churchill en larmes entonnant, avec le peuple britannique, un « Land of Hope & Glory »(8) que l’on peut penser écrit en ce jour béni, pour un « Gesta Dei per Anglo » .(9) Moise mena le peuple élu en Terre Sainte, mais il lui fut interdit d’y rentrer. Churchill a dirigé le peuple britannique à la Victoire, et il ne fut pas réélu.

Le conservatisme churchillien fut prolongé sans succès par Eden et Mac Millan. Un échec à Suez pour le premier et une fin ridicule pour le second avec la scabreuse affaire Profumo. Ce conservatisme de la « One nation » fut remis en question par une Margaret Thatcher et un Keith Joseph. Selon eux, le Tory « one nation » par son goût exacerbé du dialogue et du consensus politique avait trahi la pensée originelle de la doctrine. La « Dame de Fer » ramena la doctrine à ces postulats de base. La méthodiste Thatcher a guidé courageusement son peuple dans des réformes drastiques et sans concession, fidèle aux traditions libérales et marchandes du pays. Thatcher ferme, non sans affrontements, les mines et privatise, non sans quelques sarcasmes d’un Mac Millan. Elle remet sur les rails l’économie britannique. Elle est revenue au postulat de base de la doctrine, la fidélité à la Règle. A ceci s’ajouta le succès incontestable de la campagne des Malouines, qui ressuscita le sentiment patriotique britannique. Sa politique illustre l’autre face du conservatisme, plus rigide certes, moins « socio-conservateur », attaché essentiellement à la liberté politique et économique.

Enfin Jean Paul II greffe à la nécessité de l’adoration et de la fidélité la liberté religieuse : « La Liberté religieuse pour chacun et pour toute la population doit être respectée par tous et partout ».(10) Cette position reste d’actualité. N’est-ce pas le fond de la controverse du Basileus Manuel Paléologue, que commenta Benoît XVI à Rastibonne ? L’adoration et la fidélité à Dieu et de sa Loi sont la base du conservatisme. Nous rejoignons ainsi sans surprise la base de la pensée d’un John Locke qui établissait la bonne entente de la société sur l’interdiction de tout athéisme et sur l’obéissance aux lois.

Onward Christian soldier !

Avons-nous compris la portée symbolique de la rencontre au large de Terre Neuve ?
N’y a-t-il pas là une promesse de réconciliation du Christianisme ? « Marins américains et britanniques entremêlés, utilisant les mêmes livres de prières. » Dans « l’Union Jack et de la Bannière Etoilée flottant côte à côte », je discerne une invitation à la réconciliation des deux Mondes.

Notre Prochain Evangile, au sens premier du terme !

N’y avait-il pas sur le HMS « Prince of Wales », « one nation », un seul peuple adorant fidèlement leur Dieu commun, une partie venue de l’ancien monde, l’autre du nouveau monde. Il y avait en ce jour « de grâce » d’août 1941, un seul Dieu, un seul peuple, une même foi, et un seul Monde ! « We believe in one god », « in god we trust », une seule tribu, unique et universelle. Le Concile de Nicée recommencé sur le pont arrière d’un navire, la constitution de Philadelphie de 1787 revivifiée : les Pères de l’Eglise rencontrant les Pères fondateurs. Voici notre héritage, notre « vieille loi », notre promesse. Platentia Bay et son ardente dévotion ne sont pas seulement un épisode de la deuxième guerre mondiale, mais un prologue synthétique et dynamique  de ce que sera le conservatisme au  XXIe  siècle. Alors ? Onwards Christians soldiers !

Jérôme L.J di Costanzo
 
 
1.  « Onward, Christian Soldiers »: parole de Sabine Baring Gould, musique St Gertrude, de Arthur S. Sullivan.
2.  Idem p330, « the second world war » tome III, p384 trad FR, II, 2, pp59-60.
3.  Premier mots de sa Sainteté Jean Paul II, sur le Balcon de la place St Pierre, tiré de l’Ecriture (Marc VI-45 - Mathieu XIV-17 - Jean VI-29, puis après la transfiguration, encore Mathieu XVII-7 et enfin Luc XII-32).
4.  (Entrevue du cardinal Angelo Sodano, 13 décembre 1996 cité dans Weigel, Georges, Jean Paul II, témoin de l’espérance, éd. J.-C. Lattés, 1999 p. 652.
5.  « The president, the pope & the prime minister » par John O’Sullivan (National Review, p12, « Indian summer of liberation »).
6.  Le conservatisme de ce dernier rompt avec le torysme «de Fer» incarné par un Duc de Wellington, c’est la doctrine de la « One Nation ». C’est dans la nouvelle politique, « Sybil or the Two Nations », de 1845, que  la « licorne des communes » décrit le Royaume-Uni comme « deux nations entre lesquelles il n’y a ni relation ni sympathie, qui sont aussi ignorantes des coutumes, des pensées et des sentiments l’une de l’autre comme si leurs habitants appartenaient à deux planètes différentes». Il parle bien entendu des « riches et des pauvres ».
7.  Jésus de Nazareth, benoît XVI  Ratzinger, p53, citant, le jésuite allemand exécuté par les nazis Alfred Delp.
8.  “Land of Hope & Glory”, compose par Edward Elgar sur un livret de A.C Benson.
9.  Churchill: François Bedarida, edition Fayart. P301 “l’heure la plus belle 1940-1941 »
10. Idem p 93, « discours du trentième anniversaire de la déclaration des droits de l’homme »

lundi, 17 mars 2008

Chr.Heb.(30) - Le dernier Poilu

158475009.jpgLe dernier Poilu français est mort, il n'y a donc plus de témoin de la Grande guerre. C'est un évènement très important pour notre pays, plus que des élections municipales ou cantonales. Lazare Ponticelli était le dernier acteur d'une époque probablement révolue. Une époque où les Français acceptaient de se faire trouer la peau que ce soit pour la France ou  pour la République afin que celle-ci restât souveraine. Aujourd'hui pas un jeune Français n'accepterait de donner sa vie ne serait-ce que pour la République. Les Français d'aujourd'hui sont même relativement indifférents à la dilution de la France dans l'empire européen.
Les temps ont changé. Mais ce sont des hommes de notre temps qui vont rendre hommage au dernier Poilu. Que vont-ils pouvoir dire devant sa dépouille ?
Que cette France de 1914 est loin depuis quelques jours.
 
Charles Perche 

mercredi, 05 mars 2008

Chantons "Nini peau de chien" !

1368155746.jpgJe vous invite à lire cette tribune publiée sur le site Marianne2.

mardi, 04 mars 2008

L'Anglais qui voulait être roi de France

1495986438.jpgUn Anglais prétendant au trône de France avait dans les années 40 tenté de rallier Londres à un projet farfelu de révolution au Maroc, ont révélé des archives des services secrets britanniques déclassifiées mardi.
En 1940, une Française, Betty Baudelot, est interpellée à son entrée au Royaume-Uni avec six lettres sur elle. Les courriers évoquaient un complot ourdi par un certain John Freeman afin de fomenter une révolution au Maroc. Les services britanniques tombent des nues: jamais ils n'ont entendu parler du plan ni de ce Freeman. L'enquête du MI5, les services secrets intérieurs, montrera que les deux sont tout aussi saugrenus.
John William Freeman est né à Evian le 14 mars 1902 mais il est de nationalité britannique. Il se présente comme "prétendant au trône de France" de par sa naissance de William et Marie Jannaria de Bourbon Siciles, des descendants en ligne indirecte de Charles X, qui a régné sur la France de 1824 à 1830. Financier fortuné, il travaille pour une maison de courtage de New York avant de prendre la tête de deux sociétés de négoce avec le Brésil basées à Londres. Mais dès qu'éclate la Seconde Guerre mondiale, cette occupation va servir de "façade" à une "vaste organisation de contrebande d'aliments" de Suisse vers le Portugal puis vers la France, l'Espagne et le Maroc. C'est certainement pour développer ses intérêts commerciaux, croit le MI5, qu'il a développé le projet de fomenter une révolution au Maroc. Protectorat français, le Maroc est sous la coupe du régime de Vichy, mal vu par le sultan en place, Mohamed Ben Youssef (Mohamed V). Freeman entretenait son propre réseau de renseignements en France et au Maroc et s'était adjoint de nombreux complices.
Son projet en poche, Freeman a en tout cas tenté de rallier à sa cause le gouvernement britannique. Au début des années 40 - la date n'est pas précisée - il tente d'obtenir un rendez-vous avec le Premier ministre. En vain. "Le sujet principal était de voir si le gouvernement accueillerait favorablement une révolution au Maroc qu'il (Freeman) affirmait pouvoir déclencher, bien qu'étant incapable d'expliquer comment", écrit un agent. "Il s'agissait d'un vague projet qui n'a abouti nulle part", explique Howard Davies, archiviste.
Le dossier "John Freeman" a été clos en 1947.

lundi, 03 mars 2008

Chr.Heb. (29) - L'Afrique en sursis

1900840762.jpgLa semaine dernière le Président annonçait que la France «n'a pas vocation à maintenir indéfiniment des forces armées en Afrique» et que la «renégociation de tous les accords militaires» serait à l'ordre du jour. Voilà une idée bien curieuse ! A l'heure où les Etats-Unis et la Chine commence à s'intéresser de très près à l'Afrique, la France en partirait. Chacun sait, où feint d'ignorer, que la présence militaire détermine le poids politique donc économique. C'est ce qui nous permet de jouir d'une aura et d'une influence dans les anciens pays d'AEF et d'AOF, et aussi de disposer à l'ONU d'un poids bien supérieur à celui de tous les pays d'Union européenne réunis (quand c'est le cas...). D'ailleurs, aucun pays d'Afrique ne souhaite voir partir la France, qui, de tradition, joue plus que le rôle d'un partenaire économique.
Partir d'Afrique serait donc un n-ième coup de poignard porté à la France par ceux qui sont censés la défendre, un coup bas aussi envers un continent qui a besoin d'être soutenu à l'heure où sa stabilité est plus que précaire.
 
Charles Perche
 

 

 

samedi, 01 mars 2008

Eglise et repentance : l'impossible rencontre

Par Antoine Foncin 
1963196830.jpgSi pour notre époque la confession « personnelle et auriculaire » paraît un accessoire parfaitement risible et démodé, son succédané public a pris sous le nom de repentance une extension presque universelle. Selon un calendrier bien réglé, l’évocation des martyrs de causes choisies – esclavage, colonisation, exploitation, oppression, génocides, à l’exclusion des Chouans et autres Cristeros – permet aux politiques de se livrer à des exercices codifiés d’auto flagellation ; le bénéfice moral en est assuré pour l’orateur et le dommage nul, car les fautes et les crimes qu’il confesse publiquement  appartiennent à des « hommes du passé » dont il s’empresse d’ajouter qu’il les stigmatise et les rejette. Après ces beaux et courageux exemples, chacun est invité comme l’âne de la fable à comparaître et à s’accuser, non (pas si bête) de ses propres fautes, ce qui aurait une certaine grandeur, mais de celles de sa civilisation, de sa nation, de son Etat, de son parti, de sa famille. Toutes les appartenances deviennent source d’une culpabilité envahissante, insensée, qui sert aussi à recouvrir d’une cendre hypocrite des fautes plus personnelles et actuelles.

Mais l’Eglise ? Elle pour qui la faute et le pardon se rencontrent précisément dans le Confiteor, qui a fait de la pénitence et du repentir de saints devoirs, pourquoi ne la trouve-t-on pas au premier rang de la procession, pourquoi ne clame-t-elle pas elle aussi par la bouche du pape son peccavi ià la face d’un monde où avouer les fautes - des autres surtout - vaut absolution ? L’« esprit de Vatican II », la rupture qu’il a voulu introduire dans la Tradition devaient pourtant la conduire à une kyrielle d’aveux et de demandes de pardon pour les crimes de l’inquisition, le massacre des Albigeois, les Croisades, la Saint-Barthélemy, l’affaire Galilée, les rigueurs de l’ordre moral et  surtout l’anti-judaïsme annonciateur du coupable silence de Pie XII face à la Shoah. Une meute de journalistes, dont au premier chef le triste Henri Tincq officiant au Monde, curieusement abusée par ses propres désirs et confortée par des informateurs issus, nous révèle Michel De Jaeghere, de la frange bavarde, dite progressiste du clergé, a poursuivi cette repentance générale, aussi imminente selon elle que nécessaire, comme son propre bien, presque son œuvre que le pape était sommé de parfaire. Certains la présentèrent même à leurs lecteurs, par un trucage éhonté digne de la propagandastaffel, comme  chose faite, afin d’obliger l’Eglise à préférer passer aux aveux plutôt que d’avoir à produire de pénibles démentis.

Or, insiste M. De Jaeghere, pour son honneur et à leur grande déception, il n’en fut jamais rien. Certes des épiscopats nationaux, parmi lesquels s’est distingué celui de France proclamant, dans une déclaration scandaleuse faite à Drancy le 30 septembre 1997, la culpabilité de son Eglise dans la déportation des Juifs, ont voulu amener le Souverain Pontife, même au mépris de l’histoire et de la simple vraisemblance, à emprunter avec eux cette grande voie pavée de bonnes intentions au terme de laquelle brillerait un nouveau printemps  (encore un) pour l’Eglise enfin réconciliée avec le monde et purgée de sa légende noire. Jean-Paul II il est vrai, à l’occasion du grand Jubilé de l’an 2000, semble aller dans leur sens en réclamant une grande purification générale de l’Eglise à son entrée dans le troisième millénaire. Mais ce que ne comprennent pas au fond les journalistes qui croient tenir enfin « leur » repentance, et que feignent de ne pas comprendre les prélats « engagés », c’est qu’une telle démarche est impossible au pape si elle accuse l’Eglise en tant que corps mystique et porteuse des promesses du Christ. Elle ne peut pas plus avoir de sens, rappelle ce même pape, à l’égard des fautes commises par les membres pécheurs de ce corps, même si ces fautes sont clairement identifiées et attribuées, comme dans le cas du sac de Byzance par les Croisés. En effet, l’ère de la Nouvelle Alliance  n’est pas celle de l’expiation collectiveii, close par le Sacrifice de la Croix. Elle est celle du repentir personnel des fautes authentiques, ce qui exclut formellement la repentance, néologisme dont le sens global répand une culpabilité indistincte qui ne peut être fondée dans la théologie catholique.

1143211651.jpg Jean-Paul II a-t-il imprudemment engagé l’Eglise visible  sur cette route étroite et glissante où l’attendaient ses adversaires renforcés de ceux qui, en son sein, en veulent à l’infaillibilité ? Et, quoi qu’il en soit, le monde pouvait-il jamais trouver suffisants, à la place d’une confession publique, de simples regrets - les seuls possibles, et limités de plus à des fautes humaines historiquement avérées, qui de plus n’auraient pas été réparées dans la suite des temps? Que ce pape soit finalement sorti vainqueur – M. De Jaeghere nous fait admirer avec quelle finesse - des équivoques et des embûches de la repentance ne résout pas toute la question. Pour sa part, le gouvernement de Benoît XVI semble vouloir tenir fermée l’outre dangereuse et  éloigner de l’Eglise ce mot maléfique dont la fabrication est déjà une insulte à la Miséricorde divine.

Cette « histoire d’une manipulation » tout comme son rigoureux démontage fournissent des exemples marquants de ce que peut l’alliance de la mauvaise foi et de l’ignorance mises au service du « terrorisme intellectuel », selon le titre de Jean Sévillia. Mais la repentance restera profondément comme une entreprise majeure et tout aussi exemplaire de perversion des mots et de leur sens. L’Eglise y a  clairement reconnu le sceau des portes de l’Enfer. Si malgré les périls elle a  pu en triompher, peu importe par quels moyens : cela seul suffit à notre gratitude et à notre confiance.


                                                                                          Antoine Foncin
 
 
Michel De Jaeghere, La repentance, histoire d’une manipulation, Renaissance catholique, 2006, 214 pages, 15 euros.            


jeudi, 28 février 2008

Le Kosovo et les nations

Emission “Ce soir ou jamais” du 27 février 2008.

« La fin des nations » avec Jacques Verges, Alexandre Del Valle, Slobodan Despot, Skender Sherifi, Boudewijn Bouckaert, Alain Dieckhoff et Gabriel Mouesca.

Au coeur du débat la définition - flexible suivant les protagonistes - d'une nation.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                               

 

 

 

jeudi, 21 février 2008

Chr.Heb. (28) - L'indépendance du Kosovo

9fe00d09170a4f1a57ea72f1aa39a244.jpgLe Kosovo a déclaré son indépendance. Cela peut paraître étrange de la part d'une institution comme l'Union européenne de vouloir reconnaître un nouvel Etat alors que dans le même temps elle s'efforce de voir disparaître ceux qui la constituent. En réalité cette décision est d'une grande logique, il s'agit avant tout d'affaiblir un pays comme la Serbie qui a le tort d'affirmer sa souveraineté et de mépriser l'UE. C'est une manifestation du grand mécanisme européen qui consiste à affaiblir les Etats par en haut et par en bas, en haut en retirant petit à petit tout pouvoir aux gouvernements et en bas en attisant les particularismes régionaux.
Ces manigances font le jeu des Etats-Unis qui récupèrera la mise en contrôlant la défense européenne ce qui lui permet de conserver la maîtrise stratégique de la Méditerranée, donc de son approvisionnement en pétrole, face à une Russie qui reprend petit à petit sa place dominante dans le concert des Nations.
 
Charles Perche 

vendredi, 15 février 2008

Chr.Heb. (27) - Apprendre les morts

874401ab52d5bd798cbd7dd1b0f9ee7e.jpgLe Président a décidé que les élèves de CM2 devraient faire un devoir de mémoire. Les élèves vont devoir apprendre "par coeur" le nom d'une victime juive des camps de concentration nazis. On peut émettre quelques doutes sur l'utilité ou la nécessité de ce procédé. Ne serait-on pas en train de friser le ridicule ? Pourquoi les Juifs ? Sera-ce compris ? Que peut-il se passer dans la tête d'enfants de dix ans face à une telle responsabilité ?

Les Français peuvent légitimement être interloqués par une telle agitation. Cet homme ne sait plus où donner de la tête tiraillé qu'il est entre un probable désir de bien faire, une volonté de remonter dans les sondages ou encore un désir de faire moderne et de casser avec les anciens codes de la fonction. Il y a probablement encore d'autres critères qui guide sa conduite mais il est impossible de le savoir tant elle a été courbe depuis son élection.

 

Charles Perche 

 

Voir cette video sur ce sujet 

et cet article dans Libération 

 

 

NDLR : Cette article a été quelque peu modifié afin de ne heurter aucune sensibilité fragile. Le sens conservé est exactement le même. 

mercredi, 13 février 2008

N°25 - Retours en Déonie

28e8cff7235d26345132d19fe34d118d.jpg    Michel Déon est probablement le dernier de nos écrivains à avoir su créer un univers romanesque à la fois construit, riche et renouvelé. Il nous paraît malheureusement encore trop souvent victime de vils raccourcis et d’une méconnaissance inique. Pourtant, pour en finir avec les sempiternels clichés sur les hussards, le romancier du bonheur ou l’auteur enfermé dans un courant politique, il suffirait simplement de lire ses livres. A cet égard, les éditions Gallimard éditent son choix personnel d’œuvres dans la collection Quarto. On peut regretter l’absence des Pages grecques ou des Pages françaises. Mais, l’amateur  trouvera avec bonheur des textes de Déon illustrés par des artistes contemporains, comme Jean Cortot ou Julius Baltazar. Ces plaquettes, tirées parfois à seulement trois exemplaires, étaient devenues presque introuvables. Il faut également saluer la qualité des documents et photographies. Le fervent lecteur peut y découvrir le visage de Sheila ou B. de B., dont les transcriptions romanesques parcourent nombre d’ouvrages de Michel Déon.
    Les éditions Flammarion ont également rendu un double  hommage à son génie créatif. La revue littéraire L’Atelier du roman, dans son numéro de septembre 2005, lui livre quelques « exercices d’amitié » de la part d’écrivains ou critiques qui ont reconnu dans ses livres « un canton de [leur] sensibilité » ( Pol Vandromme ). Le directeur de cette revue, Lakis Proguidis, échangea pendant plusieurs années avec Michel Déon une correspondance autour de la création romanesque. Rassemblées dans Guerres et roman, ces lettres sont un libre dialogue esthétique autour du roman, fustigeant concepts et idéologies.
    Inscrits dans leur temps, parfois témoignage du souffle de l’Histoire ( Les  poneys sauvages ),  les livres de Déon restent cependant ceux d’un écrivain désengagé. Les actes du colloque tenu à la Sorbonne le 5 juin 2004 rappellent ce trait essentiel de son œuvre. Loin d’un pédantisme verbeux, des interventions d’une rare qualité permettent de rendre à Michel Déon une place vivante et vraie dans la littérature d’aujourd’hui. Nous retiendrons celle de Jean-Pierre Poussou portant sur « Les paysages dans l’œuvre romanesque de Michel Déon ». Dans cette étude, il cite un superbe passage du premier ( et malheureusement introuvable ) livre de Michel Déon,  Adieux à Sheila, dans lequel sa maîtrise nous semble toute entière - et précocement - contenue : «  Ils partirent le long de la Tamise, à cet instant où elle cesse d’être une embouchure pour devenir un grand fleuve. Au pied de la colline de craie, le fleuve mord, sur la terre, d’une façon indécise. Les baraques de pêcheurs, construites sur pilotis, s’isolent mal du marais. C’est un village incroyable, sans forme, sans ordre, où les roulottes privées de rues alternent avec les grosses baleinières ventrues et lourdes renversées par un coup de marée, dont les familles aussi ingénieuses que pouilleuses, ont fait des logements, perçant des fenêtres et des portes dans la coque. Sur les devantures des bistrots, des noms pour Joseph Conrad. De temps à autre, une montagne de coquillages vides, de carcasses exhale sa puanteur. Les pubs distribuent un whisky frelaté ou une eau-de-vie sirupeuse que l’on boit dans des grands verres à bière. Les joues des vieux pêcheurs s’ornent encore de favoris. Ils marchent pesamment, détachant les pas, bottes de caoutchouc jusqu’aux hanches. »


    Pierre Anclades

Œuvres, Michel Déon, Quarto, Gallimard, 2006.
L’Atelier du roman, n° 43, septembre 2005, Flammarion – Boréal.
Guerres et roman, Michel Déon et Lakis Proguidis, Flammarion, 2005.
Michel Déon, aujourd’hui, sous la direction d’Alain Lanavère, Thierry Laurent et Jean-Pierre Poussou, Presses universitaires de l’université de Paris Sorbonne, 2006.

mardi, 12 février 2008

La France dans l'embarras

6524d791248835de22cd2805411480ab.jpgAyaan Hirsi Ali est menacée de mort dans son pays (Pays-Bas) pour avoir abjuré sa religion, l'Islam. Son pays d'adoption va bientôt supprimer la protection policière dont elle bénéficie, c'est donc vers la France, le pays de Voltaire, qu'elle se tourne. Le problème pour cette dame qui a trop bien lu Voltaire, c'est qu'en France on se réclame de lui mais qu'on ne l'a pas lu.
En France, maintenant, on pense "diversité" et "communautarisme", on aurait donc tendance à vouloir faire en sorte que toutes les cultures cohabitent ensembles. BHL (une sorte de Jacques Verges à l'envers) se veut le porte-parole de cette dame mais il manque d'avaler sa chemise à chaque fois qu'elle dit "l'Islam n'est pas compatible avec la démocratie" au nom de la raison et de son expérience de femme libre. La France, patrie des droits de l'homme, est à bout de souffle, elle a même renié ses mythes fondateurs.

Charles Perche 

Ecoutez cette note !
 

Conférence le mardi 12 février 20h

623519051.jpgDialogue avec Eric Zemmour
 
La conférence a rencontré un vif succès auprès du public. Nous étions un peu plus de deux cents à écouter Eric Zemmour expliquer les grands thèmes de son livre. Son intervention, guidée par les questions de Philippe Mesnard notre rédacteur en chef, a duré une heure, puis s'est ensuivie une séance de questions fort animée. La dédicace a clos la soirée alors que la buvette était la source d'un attroupement joyeux.
 
Ci-dessous le podcast de la soirée. Il est de meilleure qualité que les précédents.
 
 

podcast
 
 
 
 

 
 
Dialogue avec
 

Eric ZEMMOUR



Nous interrogerons Eric ZEMMOUR, que l'on ne présente plus,  sur les thèmes de son roman Petit frère.

L'angélisme anti-raciste, les rapports entre les différentes "communautés"  ou la perte de l'identité seront passés au crible.



L'auteur dédicacera son ouvrage à l'issue de la conférencee.

 

Mardi 12 février à 20h
Salle Pierre Nicole
9 rue Pierre Nicole ou 270 rue Saint-Jacques
75005 PARIS

Entrée libre
RER B Luxembourg, Port-Royal
BUS 21, 27, 38, 81, 82, 83, 84, 85, 91
 
 

Programme à télécharger

dimanche, 10 février 2008

Chr.Heb. (26) - « L’Europe » logomachique

    Le Président Sarkozy vient de parler. Avec des accents triomphaux, il s’est réjoui de la victoire du Traité simplifié. La France « rentre en Europe ». Les Français s’étaient « détournés de l’Europe ». Dans chacune de ses phrases, le mot « Europe » était employé à la place de « Union européenne » ou de « institutions européennes », comme s’il s’agissait d’une équivalence certaine. La vérité, c’est que l’opinion française et hollandaise éprouvaient un certain malaise vis-à-vis de l’Union européenne. La propagande officielle, dont le Président est un ressort, impose l’idée qu’appartenir géographiquement à l’Europe, c’est approuver les institutions européennes. Elle nous fait croire que le pouvoir d’action de la France réside dans la camisole « européenne » - la majorité qualifiée, on le sait, est largement étendue par le Traité simplifié.
4c35df5bd981d18f9bc0ac26f3ecb55d.jpg     Contre tous les optimismes – même nationalistes et patriotiques –, il faut répéter une fois encore que la construction européenne, dans son incessante prolifération, témoigne de la perte de puissance française. Que si la France avait été plus forte, si elle avait eu davantage confiance en elle-même, elle ne se serait pas laissée duper par une classe politique française et supranationale qui a trouvé des arguments pour monter son « machin » institutionnel. Croit-on que la France sera plus forte en affaiblissant sa position au sein de ce monstre administratif ? qu’elle pourrait prendre des initiatives distinctes de celles de ses partenaires si cela lui plaît ? croit-on qu’il ne s’agisse, avec le Traité simplifié, que de satisfaire une attente sociale que les technocrates aurait négligée ? La France qui n’a pas été relancée à l’intérieur de ses frontières ne le sera pas du dehors. Quels que soient les règlements et les lois, quelle que soit la naïveté ou la bonne foi des Français eux-mêmes. Ceux-ci sont malades de leur volonté ; il faut le leur dire. Cela est impossible en démocratie. La démocratie leur dit qu’ils ont toujours raison, même lorsque leur volonté leur dicte de renoncer à leur pays, à leur vouloir-être ensemble. Ils gémissent parce qu’ils ne voient plus d’avenir à leur pays – et en effet, le « toujours plus d’Europe » ne permet pas « davantage de France ou de francité », c’est un but que le Président Sarkozy semble avoir oublié.
    Heureusement, les cultures, les langues, les mentalités sont là. Les Français, même à l’heure d’Internet et de la ‘mondialisation’, ne sont pas des Allemands, et les Portugais ne sont point des Anglais. Qu’ils se disent tous « européens » ne veut presque rien dire. Qu’on les appelle « Européens » comme d’autres gonflent des baudruches, ne fera qu’ajouter une mention dans les annales du rire. Il faut « faire l’Europe », martèle le Président de la république peu française. Comme si rien n’avait été fait depuis 1950 ! Mais en démocratie, il faut donner des hallucinations ou des jouets aux peuples pour les discipliner et endormir leur conscience critique. Il faut « faire l’Europe », car sinon, quel but présenter aux citoyens ? Quel mythe pourrait encore animer leur citoyenneté, surtout après les guerres monstrueuses du siècle passé ? « L’Europe » - comme ils disent – est une utopie indéfinie, dite pacifique, une sortie permanente de l’histoire, une espèce de jouet sexuel pour ceux qui veulent « faire l’Europe » comme il est dit de « faire l’amour ». L’ennui, c’est que derrière ce mythe, cette utopie, cette baudruche, il y a un vide humain absolument béant. Un vide anthropologique et culturel, un vide spirituel et moral – celui du mensonge -, un néant du sentiment humain, quand l’homme a besoin de se reconnaître dans un espace et un temps pour affronter sa misère et pour se défendre contre l’adversité. « L’Europe » est ce fléau des temps modernes, machine à faire vouloir, qui vide les nations de leur volonté propre, nie les réalités sensibles au profit de la seule oligarchie – ou ploutocratie, comme on voudra.
 
Antoine Clapas
 

vendredi, 08 février 2008

La liste de la trahison

Honneur aux parlementaires qui n'ont pas trahi.

MM. Patrick Labaune, Franck Marlin et Jacques Myard, Mme Sylvie Andrieux, MM. Jean Paul Bacquet, Jean Pierre Balligand, Gérard Bapt, Claude Bartolone, Jacques Bascou, Christian Bataille, Christophe Bouillon, François Brottes, Thierry Carcenac, Laurent Cathala, Bernard Cazeneuve, Jean Paul Chanteguet, Alain Claeys, Jean Michel Clément, Gilles Cocquempot, Pierre Cohen, Pascal Deguilhem, Marc Dolez, Jean Pierre Dufau, William Dumas, Jean Louis Dumont, Mme Laurence Dumont, MM. Jean Paul Dupré, Philippe Duron, Olivier Dussopt, Christian Eckert, Henri Emmanuelli, Laurent Fabius, Albert Facon, Mme Martine Faure, MM. Hervé Féron, Pierre Forgues, Mme Valérie Fourneyron, MM. Michel Françaix, Jean Claude Fruteau, Mme Geneviève Gaillard, MM. Daniel Goldberg, David Habib, Mme Sandrine Hurel, MM. Christian Hutin, Jean Louis Idiart, Mme Françoise Imbert, MM. Michel Issindou, Serge Janquin, Régis Juanico, Jean Pierre Kucheida, Mme Conchita Lacuey, MM. Jérôme Lambert, Jean Launay, Patrick Lebreton, Gilbert Le Bris, Mme Catherine Lemorton, MM. Jean Claude Leroy, Serge Letchimy, Michel Liebgott, Mme Martine Lignières Cassou, MM. François Loncle, Jean Mallot, Mme Marie Lou Marcel, M. Philippe Martin, Mmes Martine Martinel, Frédérique Massat, MM. Gilbert Mathon, Didier Mathus, Kléber Mesquida, Jean Michel, Didier Migaud, Arnaud de Montebourg, Philippe Nauche, Henri Nayrou, Alain Néri, Michel Pajon, Christian Paul, Germinal Peiro, Jean Luc Pérat, Jean Claude Perez, Mme Catherine Quéré, M. Simon Renucci, Mmes Marie Line Reynaud, Chantal Robin Rodrigo, M. Patrick Roy, Mme Odile Saugues, M. Christophe Sirugue, Mme Christiane Taubira, MM. Pascal Terrasse, Jacques Valax, Michel Vauzelle, Michel Vergnier, Alain Vidalies, Jean Michel Villaumé, Mme Marie Hélène Amiable, M. François Asensi, Mmes Huguette Bello, Martine Billard, MM. Alain Bocquet, Patrick Braouezec, Jean Pierre Brard, Mme Marie George Buffet, MM. Jean Jacques Candelier, André Chassaigne, Jacques Desallangre, Mme Jacqueline Fraysse, MM. André Gerin, Pierre Gosnat, Maxime Gremetz, Jean Paul Lecoq, Alfred Marie Jeanne, Roland Muzeau, Daniel Paul, Jean Claude Sandrier, Michel Vaxès, MM. Philippe Folliot,  Jean Christophe Lagarde, Mme Véronique Besse, MM. Nicolas Dupont Aignan, Jean Lassalle et François Xavier Villain, MM. André Lardeux, Roland du Luart, Mme Lucette Michaux Chevry et M. Charles Pasqua, MM. Bernard Angels, David Assouline, Mmes Maryse Bergé Lavigne, Alima Boumediene Thiery, MM. Jean Louis Carrère, Michel Charasse, Pierre Yves Collombat, Roland Courteau, Jean Desessard, Michel Dreyfus Schmidt, Mme Josette Durrieu, MM. Charles Gautier, Jean Pierre Godefroy, Claude Haut, Mmes Annie Jarraud Vergnolle, Bariza Khiari, MM. André Lejeune, Alain Le Vern, Jean Pierre Masseret, Marc Massion, Jean Luc Mélenchon, Jean Pierre Michel, Michel Moreigne, Daniel Percheron, Marcel Rainaud, Gérard Roujas, Claude Saunier, Jean Marc Todeschini, Robert Tropeano et André Vantomme, Mme Eliane Assassi, M. François Autain, Mme Marie France Beaufils, MM. Pierre Biarnès, Michel Billout, Mme Nicole Borvo Cohen Seat, MM. Robert Bret, Jean Claude Danglot, Mmes Annie David, Michelle Demessine, Evelyne Didier, MM. Guy Fischer, Thierry Foucaud, Mmes Brigitte Gonthier Maurin, Gélita Hoarau, MM. Robert Hue, Gérard Le Cam, Mme Josiane Mathon Poinat, MM. Jack Ralite, Ivan Renar, Odette Terrade, Bernard Vera et Jean François Voguet, M. Bernard Seillier, MM. Philippe Darniche et Bruno Retailleau

 

 

Honte aux traîtres. 

Abstention et non-votant

MM. Philippe Meunier et Jean Frédéric Poisson, Mme Patricia Adam, M. Jean Marc Ayrault, Mmes Delphine Batho, Chantal Berthelot, M. Jean Louis Bianco, Mme Gisèle Biémouret, MM. Serge Blisko, Patrick Bloche, Daniel Boisserie, Maxime Bono, Jean Michel Boucheron, Mmes Marie Odile Bouillé, Monique Boulestin, M. Pierre Bourguignon, Mme Danielle Bousquet, MM. Alain Cacheux, Jérôme Cahuzac, Jean Christophe Cambadélis, Mme Martine Carrillon Couvreur, MM. Guy Chambefort, Gérard Charasse, Mmes Marie Françoise Clergeau, Catherine Coutelle, Pascale Crozon, M. Frédéric Cuvillier, Mme Claude Darciaux, M. Michel Debet, Mme Michèle Delaunay, MM. Guy Delcourt, Michel Delebarre, Bernard Derosier, Michel Destot, René Dosière, Julien Dray, Tony Dreyfus, Yves Durand, Mmes Odette Duriez, Corinne Erhel, Aurélie Filippetti, Geneviève Fioraso, MM. Jean Louis Gagnaire, Guillaume Garot, Jean Gaubert, Mme Catherine Génisson, MM. Jean Patrick Gille, Joël Giraud, Gaëtan Gorce, Mme Pascale Got, MM. Marc Goua, Jean Grellier, Mmes Elisabeth Guigou, Danièle Hoffman Rispal, M. François Hollande, Mme Monique Iborra, MM. Eric Jalton, Henri Jibrayel, Mme Marietta Karamanli, MM. François Lamy, Jean Yves Le Bouillonnec, Mme Marylise Lebranchu, MM. Jean Yves Le Déaut, Jean Marie Le Guen, Mme Annick Le Loch, MM. Bruno Le Roux, Bernard Lesterlin, Louis Joseph Manscour, Mme Jacqueline Maquet, M. Jean René Marsac, Mme Sandrine Mazetier, MM. Michel Ménard, Pierre Moscovici, MM. Lionnel Luca, Pierre Alain Muet, Mmes Marie Renée Oget, Françoise Olivier Coupeau, George Pau Langevin, Marie Françoise Pérol Dumont, Martine Pinville, MM. Philippe Plisson, François Pupponi, Jean Jack Queyranne, Dominique Raimbourg, Alain Rodet, Marcel Rogemont, René Rouquet, Alain Rousset, Michel Sainte Marie, Michel Sapin, Mme Marisol Touraine, MM. Jean Louis Touraine, Jean Jacques Urvoas, Daniel Vaillant, Mme Françoise Vallet, André Vallini, Philippe Vuilque, MM. Yves Cochet, Noël Mamère, François de Rugy, MM. Philippe Marini et Jacques Peyrat, Mmes Jacqueline Alquier, Michèle André, MM. Bertrand Auban, Jean Pierre Bel, Mme Marie Christine Blandin, MM. Yannick Bodin, Didier Boulaud, Mme Yolande Boyer, M. Jean Pierre Caffet, Mme Claire Lise Campion, MM. Bernard Cazeau, Gérard Collomb, Yves Dauge, Jean Pierre Demerliat, Mme Christiane Demontès, MM. Claude Domeizel, Bernard Dussaut, Jean Claude Frécon, Bernard Frimat, Jacques Gillot, Jean Noël Guérini, Yves Krattinger, Philippe Labeyrie, Serge Lagauche, Serge Larcher, Louis Le Pensec, Mme Raymonde Le Texier, MM. Claude Lise, Roger Madec, Philippe Madrelle, Jacques Mahéas, François Marc, Pierre Mauroy, Louis Mermaz, Jacques Muller, Jean Marc Pastor, Jean Claude Peyronnet, Jean François Picheral, Mme Gisèle Printz, MM. Daniel Reiner, Thierry Repentin, Roland Ries, Mme Michèle San Vicente Baudrin, MM. Michel Sergent, Jacques Siffre, René Pierre Signé, Simon Sutour, Michel Teston et Mme Dominique Voynet, M. Jean Louis Masson, MM. Bernard Accoyer(Président du Congrès), Pierre Bédier, Yves Censi, Mme Gabrielle Louis Carabin, MM. Didier Robert, Joël Sarlot, Jean Glavany, Patrick Lemasle, Bernard Roman, MM. Bernard Fournier, Henri Revol et Henri de Richemont, Mme Odette Herviaux et M. Paul Raoult
 

Vote pour

8247cb6cc2d529cb1e359ee0422a65e6.jpgMM. Élie Aboud, Manuel Aeschlimann, Yves Albarello, Alfred Almont, Mme Nicole Ameline, MM. Jean Paul Anciaux, Benoist Apparu, Jean Auclair, Mme Martine Aurillac, MM. Pierre Christophe Baguet, Patrick Balkany, Jean Bardet, Mme Brigitte Barèges, M. François Baroin, Mme Sylvia Bassot, MM. Patrick Beaudouin, Jean Claude Beaulieu, Jacques Alain Bénisti, Jean Louis Bernard, Marc Bernier, Jean Yves Besselat, Gabriel Biancheri, Jérôme Bignon, Jean Marie Binetruy, Claude Birraux, Etienne Blanc, Emile Blessig, Roland Blum, Claude Bodin, Philippe Boennec, Marcel Bonnot, Jean Yves Bony, Jean Claude Bouchet, Gilles Bourdouleix, Mme Chantal Bourragué, MM. Loïc Bouvard, Michel Bouvard, Mmes Valérie Boyer, Françoise Branget, MM. Xavier Breton, Philippe Briand, Bernard Brochand, Mme Chantal Brunel, MM. Michel Buillard, Yves Bur, Dominique Caillaud, Patrice Calméjane, François Calvet, Bernard Carayon, Pierre Cardo, Olivier Carré, Gilles Carrez, Mme Joëlle Ceccaldi Raynaud, MM. Hervé de Charette, Jean Paul Charié, Jérôme Chartier, Gérard Cherpion, Jean François Chossy, Jean Louis Christ, Dino Cinieri, Eric Ciotti, Pascal Clément, Philippe Cochet, Georges Colombier, Mme Geneviève Colot, MM. Jean François Copé, François Cornut Gentille, Louis Cosyns, René Couanau, Edouard Courtial, Jean Yves Cousin, Alain Cousin, Jean Michel Couve, Henri Cuq, Mme Marie Christine Dalloz, MM. Olivier Dassault, Marc Philippe Daubresse, Bernard Debré, Jean Pierre Decool, Bernard Deflesselles, Lucien Degauchy, Rémi Delatte, Richard Dell'Agnola, Mme Sophie Delong, MM. Jean Marie Demange, Yves Deniaud, Bernard Depierre, Vincent Descoeur, Patrick Devedjian, Nicolas Dhuicq, Eric Diard, Michel Diefenbacher, Jacques Domergue, Jean Pierre Door, Dominique Dord, Jean Pierre Dupont, Renaud Dutreil, Mme Marie Hélène des Esgaulx, MM. Gilles d' Ettore, Daniel Fasquelle, Yannick Favennec, Georges Fenech, Jean Michel Ferrand, Alain Ferry, Daniel Fidelin, André Flajolet, Jean Claude Flory, Nicolas Forissier, Mme Marie Louise Fort, MM. Jean Michel Fourgous, Marc Francina, Mme Arlette Franco, MM. Pierre Frogier, Yves Fromion, Mme Cécile Gallez, MM. Sauveur Gandolfi Scheit, Jean Paul Garraud, Daniel Garrigue, Claude Gatignol, Gérard Gaudron, Jean Jacques Gaultier, Hervé Gaymard, Guy Geoffroy, Bernard Gérard, Alain Gest, Franck Gilard, Georges Ginesta, Charles Ange Ginesy, Jean Pierre Giran, Louis Giscard d'Estaing, Claude Goasguen, François Michel Gonnot, Didier Gonzales, Philippe Gosselin, Philippe Goujon, François Goulard, Michel Grall, Jean Pierre Grand, Mme Claude Greff, MM. Jean Grenet, François Grosdidier, Jacques Grosperrin, Mme Arlette Grosskost, M. Serge Grouard, Mme Pascale Gruny, M. Louis Guédon, Mme Françoise Guégot, MM. Jean Claude Guibal, Jean Jacques Guillet, Christophe Guilloteau, Gérard Hamel, Michel Havard, Michel Heinrich, Laurent Hénart, Michel Herbillon, Antoine Herth, Mme Françoise Hostalier, MM. Philippe Houillon, Guénhaël Huet, Sébastien Huyghe, Mme Jacqueline Irles, MM. Christian Jacob, Denis Jacquat, Paul Jeanneteau, Yves Jego, Mme Maryse Joissains Masini, MM. Marc Joulaud, Alain Joyandet, Didier Julia, Christian Kert, Jacques Kossowski, Mme Fabienne Labrette Ménager, MM. Marc Laffineur, Jacques Lamblin, Jean François Lamour, Mmes Marguerite Lamour, Laure de La Raudière, MM. Pierre Lasbordes, Charles de La Verpillière, Thierry Lazaro, Robert Lecou, Frédéric Lefebvre, Jean Marc Lefranc, Marc Le Fur, Jacques Le Guen, Michel Lejeune, Pierre Lellouche, Bruno Le Maire, Dominique Le Mèner, Jacques Le Nay, Jean Claude Lenoir, Jean Louis Léonard, Jean Leonetti, Pierre Lequiller, Céleste Lett, Mme Geneviève Levy, MM. Michel Lezeau, François Loos, Gérard Lorgeoux, Daniel Mach, Guy Malherbe, Richard Mallié, Jean François Mancel, Alain Marc, Jean Pierre Marcon, Thierry Mariani, Mme Christine Marin, M. Hervé Mariton, Mme Muriel Marland Militello, MM. Jean Marsaudon, Philippe Armand Martin, Mme Henriette Martinez, MM. Patrice Martin Lalande, Alain Marty, Jacques Masdeu Arus, Jean Claude Mathis, Jean Philippe Maurer, Pierre Méhaignerie, Christian Ménard, Damien Meslot, Jean Claude Mignon, Mme Marie Anne Montchamp, M. Pierre Morange, Mme Nadine Morano, MM. Pierre Morel A L'Huissier, Jean Marie Morisset, Georges Mothron, Etienne Mourrut, Alain Moyne Bressand, Renaud Muselier, Jean Marc Nesme, Jean Pierre Nicolas, Yves Nicolin, Patrick Ollier, Mme Françoise de Panafieu, MM. Bertrand Pancher, Yanick Paternotte, Christian Patria, Mme Béatrice Pavy, MM. Jacques Pélissard, Dominique Perben, Bernard Perrut, Etienne Pinte, Michel Piron, Henri Plagnol, Serge Poignant, Mme Bérengère Poletti, M. Axel Poniatowski, Mme Josette Pons, MM. Daniel Poulou, Christophe Priou, Jean Proriol, Didier Quentin, Michel Raison, Eric Raoult, Frédéric Reiss, Jean Luc Reitzer, Jacques Remiller, Bernard Reynès, Franck Reynier, Franck Riester, Jean Roatta, Camille de Rocca Serra, Mme Marie Josée Roig, M. Jean Marie Rolland, Mme Valérie Rosso Debord, MM. Jean Marc Roubaud, Max Roustan, Martial Saddier, Francis Saint Léger, Bruno Sandras, François Scellier, André Schneider, Jean Pierre Schosteck, Jean Marie Sermier, Jean Pierre Soisson, Michel Sordi, Daniel Spagnou, Eric Straumann, Alain Suguenot, Mme Michèle Tabarot, MM. Lionel Tardy, Jean Charles Taugourdeau, Guy Teissier, Michel Terrot, Jean Claude Thomas, Dominique Tian, Jean Tiberi, Alfred Trassy Paillogues, Georges Tron, Jean Ueberschlag, Yves Vandewalle, Christian Vanneste, François Vannson, Mmes Isabelle Vasseur, Catherine Vautrin, MM. Patrice Verchère, Jean Sébastien Vialatte, René Paul Victoria, Philippe Vitel, Michel Voisin, Gérard Voisin, Jean Luc Warsmann, André Wojciechowski, Gaël Yanno, Mme Marie Jo Zimmermann, M. Michel Zumkeller, MM. Dominique Baert, Christophe Caresche, Paul Giacobbi, Mme Annick Girardin, MM. Armand Jung, Jack Lang, Michel Lefait, Mme Annick Lepetit, MM. Albert Likuvalu, Victorin Lurel, Mmes Jeanny Marc, Dominique Orliac, Sylvia Pinel, MM. Philippe Tourtelier, Manuel Valls, André Vézinhet, Jean Claude Viollet, MM. Jean Pierre Abelin, Christian Blanc, Charles de Courson, Stéphane Demilly, Jean Dionis du Séjour, Francis Hillmeyer, Michel Hunault, Olivier Jardé, Yvan Lachaud, Pierre Lang, Maurice Leroy, Claude Leteurtre, Nicolas Perruchot, Jean Luc Préel, François Rochebloine, Rudy Salles, François Sauvadet, Marc Vampa, Francis Vercamer, Philippe Vigier, MM. Abdoulatifou Aly, François Bayrou et Thierry Benoit, MM. Jean Paul Alduy, Pierre André, Gérard Bailly, José Balarello, Bernard Barraux, René Beaumont, Michel Bécot, Claude Belot, Pierre Bernard Reymond, Roger Besse, Laurent Béteille, Joël Billard, Jean Bizet, Paul Blanc, Jacques Blanc, Pierre Bordier, Joël Bourdin, Mme Brigitte Bout, MM. Jean Guy Branger, Dominique Braye, Mme Paulette Brisepierre, MM. Louis de Broissia, François Noël Buffet, Christian Cambon, Jean Pierre Cantegrit, Jean Claude Carle, Auguste Cazalet, Gérard César, Jean Pierre Chauveau, Marcel Pierre Cléach, Christian Cointat, Gérard Cornu, Raymond Couderc, Jean Patrick Courtois, Philippe Dallier, Serge Dassault, Mme Isabelle Debré, MM. Robert Del Picchia, Christian Demuynck, Gérard Dériot, Mme Béatrice Descamps, MM. Denis Detcheverry, Eric Doligé, Philippe Dominati, Michel Doublet, Alain Dufaut, André Dulait, Mme Catherine Dumas, M. Ambroise Dupont, Mme Bernadette Dupont, MM. Louis Duvernois, Jean Paul Émin, Jean Paul Emorine, Michel Esneu, Jean Claude Etienne, Hubert Falco, Jean Faure, André Ferrand, Gaston Flosse, Alain Fouché, Jean Pierre Fourcade, Jean François Poncet, Yves Fréville, Yann Gaillard, René Garrec, Mme Joëlle Garriaud Maylam, M. Jean Claude Gaudin, Mme Gisèle Gautier, MM. Jacques Gautier, Patrice Gélard, Alain Gérard, François Gerbaud, Charles Ginésy, Francis Giraud, Paul Girod, Alain Gournac, Adrien Gouteyron, Francis Grignon, Louis Grillot, Georges Gruillot, Charles Guené, Michel Guerry, Hubert Haenel, Mme Françoise Henneron, M. Pierre Hérisson, Mme Marie Thérèse Hermange, MM. Michel Houel, Jean François Humbert, Mme Christiane Hummel, MM. Benoît Huré, Jean Jacques Hyest, Soibahaddine Ibrahim Ramadani, Pierre Jarlier, Jean Marc Juilhard, Mmes Christiane Kammermann, Fabienne Keller, MM. Alain Lambert, Marc Laménie, Mme Elisabeth Lamure, MM. Gérard Larcher, Robert Laufoaulu, Jean René Lecerf, Dominique Leclerc, Jacques Legendre, Jean François Le Grand, Philippe Leroy, Gérard Longuet, Simon Loueckhote, Mme Lucienne Malovry, M. Pierre Martin, Mme Colette Mélot, MM. Alain Milon, Jean Luc Miraux, Dominique Mortemousque, Bernard Murat, Philippe Nachbar, Mmes Jacqueline Panis, Monique Papon, MM. Jean Pépin, Jackie Pierre, François Pillet, Xavier Pintat, Louis Pinton, Rémy Pointereau, Christian Poncelet, Ladislas Poniatowski, Hugues Portelli, Mme Catherine Procaccia, MM. Jean Puech, Jean Pierre Raffarin, Henri de Raincourt, Charles Revet, Philippe Richert, Yves Rispat, Josselin de Rohan, Roger Romani, Mme Janine Rozier, MM. Bernard Saugey, Bruno Sido, Mme Esther Sittler, MM. Louis Souvet, Yannick Texier, Henri Torre, André Trillard, Mme Catherine Troendle, MM. François Trucy, Jacques Valade, Alain Vasselle, Jean Pierre Vial et Jean Paul Virapoullé, MM. Robert Badinter, Jean Besson, Mmes Nicole Bricq, Monique Cerisier Ben Guiga, MM. Charles Josselin, Alain Journet, Gérard Miquel, Bernard Piras, Jean Pierre Plancade, Daniel Raoul, André Rouvière, Mme Patricia Schillinger, M. Jean Pierre Sueur, Mme Catherine Tasca et M. Richard Yung, MM. Nicolas About, Jean Paul Amoudry, Philippe Arnaud, Jean Arthuis, Denis Badré, Claude Biwer, Didier Borotra, Jean Boyer, Marcel Deneux, Yves Détraigne, Mme Muguette Dini, MM. Daniel Dubois, Jean Léonce Dupont, Pierre Fauchon, Mme Françoise Férat, MM. Christian Gaudin, Adrien Giraud, Mme Jacqueline Gourault, MM. Jean Jacques Jégou, Joseph Kerguéris, Jean Claude Merceron, Michel Mercier, Mme Catherine Morin Desailly, M. Philippe Nogrix, Mme Anne Marie Payet, MM. Yves Pozzo di Borgo, Daniel Soulage, André Vallet, Jean Marie Vanlerenberghe et François Zocchetto, MM. Nicolas Alfonsi, Gilbert Barbier, Jean Michel Baylet, André Boyer, Yvon Collin, Gérard Delfau, François Fortassin, Mme Nathalie Goulet, MM. Pierre Laffitte, Daniel Marsin, Aymeri de Montesquiou, Georges Mouly, Georges Othily, Michel Thiollière et François Vendasi, M. Philippe Adnot, Mme Sylvie Desmarescaux et M. Alex Türk

mercredi, 06 février 2008

Tribune du Prince - L’Europe mérite la Vérité

2062d6d70960454547c836b700543c57.jpgL’Europe qui nous est proposée correspond-elle aux vœux des Français et des peuples européens ? Répond-elle, dans son projet, aux aspirations d’une jeunesse en quête de sens ? J’ai beaucoup voyagé, depuis dix ans, en France comme en Europe. Pas comme un homme politique qui brigue un mandat, mais comme un citoyen attentif à la vie de ses compatriotes et soucieux du destin de la France et de ce continent. J’ai pris le temps d’écouter et je sais – parce que nous en avons parlé ensemble – que beaucoup de Français ne comprennent pas où l’on veut les conduire. Cette incompréhension crée de l’inquiétude dans le pays et du désarroi dans la jeunesse. La France ne s’ennuie pas, elle s’inquiète.

Les Français ont tenté de le dire, quand on le leur a permis. En 2005, ils ont refusé, par référendum, le traité constitutionnel qui leur était soumis. Cette fois, ils ne pourront pas se prononcer sur un texte qui reprend pourtant l’essentiel des dispositions qu’ils avaient rejetées. Le traité de Lisbonne prévoit la désignation d’un président de l’Union européenne et celle d’un vice-président chargé des Affaires étrangères. Il étend les compétences de l’Union dans de nombreux domaines, au détriment de celles des États. Il assure la prééminence du droit européen sur les droits des pays. Il confirme l’extension de la règle de la majorité qualifiée. On nous présente un projet politique qui se résume à de l’ingénierie administrative. Même si les références à l’hymne et au drapeau européens ont été gommées dans cette nouvelle version, et bien que le mot n’y figure plus, il s’agit pourtant d’une Constitution, qui s’appliquera au peuple français sans qu’on l’ait consulté – comme souvent, s’agissant de l’Europe. Mais comment rendre espoir aux Français si l’on se défie d’eux ? Comment rendre à la France son rang dans le monde si l’on contraint sa souveraineté par un traité tatillon ? Comment rendre confiance aux jeunes Européens si l’on bâtit une Europe sans âme, dans le mépris de son patrimoine spirituel ?

J’ai 42 ans. J’en avais 13 quand Jean-Paul II est devenu pape. J’appartiens à la génération de ces jeunes qui ont vécu au rythme de ce pape des temps modernes. Nous l’avons vu précipiter la chute de l’Union soviétique, par la force de ses paroles et de son action. Cet empire, que l’on croyait inébranlable, était construit sur une utopie. La bureaucratie qui le gouvernait méprisait les exigences humaines et spirituelles. Elle promettait aux hommes un bonheur matériel qui ne remplacera jamais leurs aspirations profondes. Elle les contraignait à l’adoration d’idoles, qu’ils ont déboulonnées dès qu’ils l’ont pu. L’Union soviétique était fondée sur un mensonge, au moins par omission des racines culturelles des peuples qu’elle a voulu soumettre à ses lois.

Parce que je suis attaché à l’Europe, comme la majorité des jeunes et des gens de ma génération, je souhaite qu’elle soit préservée de cette périlleuse présomption. L’Union ignore trop souvent la culture et les richesses des pays qu’elle veut rassembler. Bien qu’elle ne soit responsable devant personne, la Cour de justice impose aux États sa jurisprudence. Le droit européen consacre le pouvoir d’une technocratie qui veut régler la vie des peuples dans ses moindres détails. Or, le pape actuel, Benoît XVI, l’a rappelé l’an dernier avec force : « On ne peut pas penser construire une vraie maison commune en négligeant l’identité propre des peuples de notre continent ». Et cette identité est « constituée de valeurs que le christianisme a aidé à forger ».

Cette évidence historique n’a pas convaincu les rédacteurs de la charte des droits fondamentaux, annexée au traité. Nulle référence, dans ce texte, aux racines chrétiennes de notre Europe, bien que l’Union se dise « consciente de son patrimoine spirituel et moral » : la formule est assez vague pour autoriser toutes les interprétations. Il suffit, d’ailleurs, de la lire pour le comprendre : l’inspiration de cette charte est foncièrement individualiste. Elle dissout les solidarités et les communautés naturelles, comme le traité soumis au Parlement français dissout les nations européennes. Croit-on vraiment que ce soit ce que souhaitent les jeunes Européens ? Si nous voulons qu’elle résiste aux tempêtes, il nous faudra fonder l’Europe sur quelque chose de plus solide. Non sur l’utopie, mais sur la Vérité.
 
 
Par Jean d’Orléans, Duc de Vendôme
 

mardi, 05 février 2008

Plus c'est gros plus ça passe

Allons sur Internet puisque même le journal Le Figaro ne souffle mot du vote de trahison d'hier en une. 

Extraits du figaro.fr :

L'issue de ce référendum «fut le choix des Français, et ce choix devait être respecté», a insisté Fillon.

Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée, a vu dans le traité de Lisbonne l'occasion de «réconcilier la France du oui et la France du non».

Au nom des députés PS, Pierre Moscovici a affirmé que «la majorité des socialistes soutenait ce traité, mais ils ont choisi de s'abstenir pour exprimer leur désaccord avec le refus du président de la République de recourir au référendum».

Fillon se moque des Français. Pour lui respecter leur vote de mai 2005 c'est voter l'inverse. Copé, qui prétendait dénoncer la langue de bois dans un récent livre, prouve bien que sa langue est de bois mais pas seulement. Quant à Moscovici, il doit être tout simplement médicalement bête ou simple d'esprit, car s'il voulait un référendum il fallait voter non au congrès et ne pas s'abstenir.

Voilà par qui nous sommes, nous avons été ou nous serons gouvernés.

 

Charles Perche 

 

lundi, 04 février 2008

Critique - Sang neuf

1965d05b6f56c6173f715b0365fb9983.jpgGrâce à la mise en place rapide d’une nouvelle équipe rédactionnelle, L’Action Française 2000 sort des marais. Pari difficile au demeurant mais tenu avec les deux derniers numéros, qui ont permit de découvrir une demi-nouvelle formule dont on attend avec grande impatience tous les développements.
Désormais la vieille maison étale un potentiel riche, regroupant les brebis dispersées de ces 20 dernières années - François Roberday (le retour du fils prodigue), JCB, Hector Nissac (connu de nos lecteurs), Arnaud Naudin - et s’adjoignant quelques nouvelles signatures ambitieuses (Marsay notamment qui relance le billet “La Politique” autrefois tenu par Boutang à la suite de Maurras…) et bien d’autres encore.
Un rubricage bien repensé pour une formule plus offensive qui assume largement l’histoire du journal (rubriques “La nation française”, “Aspects de la France”, “La Politique”) et annonce bien les ambitions et l’ancrage de la nouvelle équipe.
Pari audacieux que de reprendre ce titre mais qui, dans le paysage si pauvre de la presse de droite en France, peut rapidement tirer son épingle du jeu, pourvu qu’il soit soutenu. Alors, descendez de suite chez votre kiosquier : www.trouverlapresse.com

DF

Chr.Heb. (25) - La trahison

d4e092c9018b7d0a3c318593230086b4.jpgAujourd'hui la Constitution de la République française sera une nouvelle fois modifiée par les parlementaires. Cette fois ce sera pour permettre l'adoption du traité de Lisbonne. En somme les députés et les sénateurs vont voter pour que le texte qui régit les droits à l'intérieur de notre territoire soit supplanté par un texte supra-national (le traité européen). Ce n'est rien d'autre qu'une trahison, demandée explicitement par le chef de l'Etat dont la principale mission pourtant est d'être garant des institutions.

Ces parlementaires valent encore moins que ceux qui avaient voté les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain en juillet 1940, car ceux-là, à leur décharge, devaient faire face à une situation catastrophique. Aujourd'hui rien n'oblige à abandonner notre souveraineté à des commissions internationales.
Tout cela est proprement écoeurant, mais hélas sans surprise. Les noms des traîtres seront bientôt sur ce site, mais aussi ceux des quelques justes. Il nous reste à relire l'appel d'Anne-Marie Le Pourhiet.

 

Sitemestre des Epées

 

dimanche, 27 janvier 2008

Chr.Heb. (24) - Les Attila de la finance

99f53ea6f281c8a9201eb10aebda60b2.jpgLa finance est en deuil ces derniers temps. Mais que l'on se rassure, ce n'est que passager... En 2006 les transactions financières dans le monde représentaient 80 fois le total des échanges commerciaux. Une situation totalement ubuesque, la spéculation étant devenue l'industrie la plus importante de la planète alors que l'argent, dans un système capitaliste traditionnel, devrait être au service des autres industries. Les spécialistes étaient d'ailleurs là pour rappeler cyniquement, une fois la crise déclarée, qu'une action ne fait que valoriser l'activité d'une entreprise. On rappelle les fondamentaux aux petits porteurs afin qu'ils ne retirent pas leurs économies des places boursières au moment où les orgies de bénéfice des gros spéculateurs sont momentanément suspendues.
Quasi simultanément on apprend que la Société Générale a perdu 5 milliards d'euros à cause d'un seul employé et ne fera donc que 800 millions d'euros de bénéfice sur l'année, ce qui justifie qu'elle fasse payer les chèques et les retraits par carte bancaire...
Et Jacques Attali rend un rapport pour relancer la croissance, rapport qui reprend toutes les vieilles recettes du libéralisme, du capitalisme international ou du village mondial.

 

Charles Perche

 

jeudi, 24 janvier 2008

Conférence le jeudi 24 janvier 20h

623519051.jpgLe Livre Noir de la Révolution française
 
La conférence a réuni 200 personnes autour de Stéphane Courtois et Renaud Escande.
Voici une photo de l'assistance suivi de l'enregistrement audio.
 
 
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podcast
 
On écoutera aussi avec intérêt l'entretien avec Renaud Escande sur Canal Académie:

podcast

 
 
 
 
Le LIVRE NOIR
 
 
de la Révolution
 
 
française
 
 
455392882.jpgDes exemplaires
de ce magnifique ouvrage collectif
seront en vente
en avant première !
 7 jours avant la sortie officielle !
 
 
 
 
Avec

Renaud Escande
Renaud Escande est Dominicain et éditeur aux éditions du Cerf. Il a dirigé le Livre noir de la révolution françaiseauquel ont notamment participé Pierre Chaunu, Jean Tulard, Emmanuel Leroy-Ladurie, Jean Sévillia, Jean-Christian Petitfils... 

Stéphane Courtois
Stéphane Courtois est professeur à l'Instituy Catholique d'Etudes Supérieures et spécialiste de l'histoire du communisme. Il a écrit et dirigé plusieurs ouvrages dont le Livre noir du communisme (1997) et le Dictionnaire du communisme (2007). 
 
Conférence animée par 
Antoine Foncin
Professeur, rédacteur à la revue Les Epées.
 
 
 
Jeudi 24 janvier à 20h
Salle Pierre Nicole
9 rue Pierre Nicole ou 270 rue Saint-Jacques
75005 PARIS

Entrée libre
RER B Luxembourg, Port-Royal
BUS 21, 27, 38, 81, 82, 83, 84, 85, 91

 

 
 

La révolution française a désormais son livre noir. C'est historique. Historique aussi la contribution de Stéphane Courtois, qui avait coordonné un autre livre noir, celui du communisme. Coïncidence, filiation ? La révolution est un bloc...

 

 

samedi, 19 janvier 2008

Critique - Hitchcock en guerre

A la fin du mois de mars 1939, Alfred Hitchcock et sa famille s'installèrent à Los Angeles. Cinéaste reconnu depuis Les trente-neufs marches et Jeune et innocent, il pourra disposer des largesses financières de l'industrie hollywoodienne. En marge des films commandés par Selznick, son sentiment patriotique le conduit en 1940 à  réaliser Correspondant 17. Ce vigoureux plaidoyer pour l'entrée en guerre des États-Unis s'accompagne en 1942 de Cinquième colonne. Reprenant le thème de l'innocent accusé à tort, Hitchcock tourne ici une course-poursuite à travers le territoire américain  afin de contrer une organisation pro-nazie.
a0b813b438ceedfb620c7112614b03a0.jpg La réalisation de trois films de propagande lui est également confiée.  Aventure malgache et Bon voyage restent deux courts-métrages de bien médiocre qualité. Sorti également en 1944, Lifeboat est, au contraire, un chef d'oeuvre méconnu. Ce film a pour cadre un canot de sauvetage après le torpillage d'un navire par un sous-marin allemand. Huis-clos entre neuf personnages très différents, le scénario est inspiré par John Steinbeck. Ce dernier n'a pas attendu la parution des Bienveillantes pour dépeindre un nazi érudit et déterminé. La tension psychologique du film tiendra dans l'opposition entre l'Allemand, qui prend le contrôle du bateau, et ses compagnons d'infortune. Le mauvais accueil de la critique, toujours prompte à suspecter une oeuvre ambiguë, explique certainement l'oubli dans lequel est tombé Lifeboat.


Pierre Anclades

 

Lifeboat, coffret de deux DVD ( film, entretien avec Hitchcock et « making-of » ) aux éditions Fox Pathé Europa, 26 euros.

 

 

vendredi, 18 janvier 2008

Chr.Heb. (23) - Un éléphant ça trompe énormement

eab97a44d44b06ea4dabefe4c4119815.jpgHier les députés ont adopté le projet de loi constitutionnel relatif au traité européen en vue de cette ratification. Sans surprise le texte a été adopté grâce aux voix de la majorité qui, comme toujours, votent comme un seul homme selon le bon plaisir du pouvoir exécutif, en l'occurence cette fois-ci le président de la République qui par ce biais trahi à la fois son pays et ses électeurs amadoués par ses thèmes nationaux lors de la campagne. Rien de surprenant finalement à ce petit manège de la part du fils spirituel de Chirac.
L'honneur aurait pu être sauvé par une opposition qui dispose d'un nombre suffisant de voix au Parlement pour faire échouer l'adoption du traité européen par voie parlementaire. Mais les éléphants du parti socialiste ont préféré appeler à l'abstention pour, disent-ils, respecter leur engagement de procéder par référendum. Ils prennent vraiment les gens pour des imbéciles ! S'ils s'abstiennent il n'y aura pas de référendum car l'abstention n'est pas comptabilisée au Parlement. De là à en déduire que leur envie de voir un traité favorisant encore plus le non-respect de la voix des Français est supérieur à leur souci de respecter le vote de 2005 par référendum, il n'y a qu'un pas.

  

Sitemestre de Epées 

samedi, 12 janvier 2008

Les petits plats dans les grands

Voici une nouvelle rubrique, qui se veut humoristique, que vous trouverez de temps en temps sur ce site. Elle sera en quelque sorte la petite cousine de la rubrique "Vue de droite" que l'on peut lire dans la revue.
Une tendance un brin réactionnaire et une pincée de mauvaise foi.



Nous attendions tous cette grande nouvelle. Une décision d'une portée considérable, que seul le chef de l'Etat pouvait prendre. C'est une chance que depuis une vingtaine d'années bientôt les gouvernants se soient recentrés sur ces grandes décisions et aient laissé aux organismes supra-nationaux les décisions de moindre portée, c'est à dire les décisions que l'on nommait autrefois régaliennes. Aujourd'hui, bien heureusement, l'Union européenne pourvoit à toutes ces décisions qui menaçaient de faire de nous un pays égoïste capable de mener des politiques d'indépendance dangereuses pour nos voisins. Cette période est enfin révolu et l'on peut se recentrer sur des questions plus cruciales que je résumerai en "bien-être dans son quotidien". Ces questions vont de la qualité de l'eau à la qualité de l'air en passant par la qualité de la viande, sans parler bien sûr des valeurs que l'on résumera par les "questions sociétales".
868d907df9f68543092301536eb0a712.jpg Ainsi donc la question cruciale que nous attendions concernait le moratoire sur les OGM. Quand je pense que ce fasciste de de Gaulle aurait laissé traiter cette question par un sous-secrétaire d'Etat, je suis bien content que nous ayons élu un président qui s'occupe enfin des problèmes des Français, ceux qui les touchent dans la vie quotidienne.

Une question me taraude pourtant, les OGM permettent aux végétaux une certaine "mixité", un échange culturelle par l'intermédiaire de la génétique, enquelque sorte une végétation "multiculturelle". Dois-je en déduire que, dans une logique scientiste voire marxiste qui devarit transplanter les découvertes de la science à "l'humain", les opposants aux OGM sont de pures réactionnaires ? 

 

Charles Perche 

mardi, 08 janvier 2008

Chr.Heb. (22) - Sarkozy s'assoit sur les bans ?

7e4baef4a4cb36bfabdbb01662cef511.jpgA propos de son probable futur mariage, le président de la République a précisé que la presse ne l'apprendrait sans doute que "quand ce sera déjà fait". Quelques enseignements sont à tirer de cette phrase.
- Que la presse d'investigation française est devenue tellement nulle qu'elle n'est plus capable de lire les bans affichés devant la mairie de Neuilly. En disant cela Sarkozy montre en outre en public ce qu'il pense de la presse.
- Ou alors que M. Sarkozy pourrait se passer de publication de bans étant entendu qu'il est un personnage au-dessus des lois. Cette hypothèse est peu probable car la République a, au moins sur le plan des droits, établi une parfaite égalité entre tous...

PS : Je n'ai évidemment pas retenu l'hypothèse d'un mariage à l'étranger ce qui serait totalement incongru eu égard à sa position de chef de l'Etat français.

 

 

Sitemestre des Epées

 

 

 

vendredi, 04 janvier 2008

Accueil



Chaque semaine vous trouverez de nouveaux articles dans les chroniques suivantes:

 Chroniques hebdomadaires               Tribunes

 Critique                                                     Vieux réac

Toutes les notes publiées peuvent être trouvées dans les rubriques de la colonne de gauche. Les derniers articles et commentaires publiés sont à droite.

 



035ed452556fe074e0214b15a5452ab2.gifNi doite ni gauche ! 

Le numéro 24 est sorti à la fin du mois de décembre. Il inaugure une nouvelle formule (plus de rubriques, une orientation plus politique), un nouveau format et une nouvelle périodicité (5 numéros par an). Il est disponible dans les librairies mentionnées ci-contre.

Le numéro 25 sortira début mars. Le thème du dossier sera "L'ivresse", sous toutes ses formes. 

 

 



153362c7eb8ffeefae4e64ecb3b04f23.jpgLa conférence du jeudi 24 janvier a été un succès. 200 personnes sont venues écouter Renaud Escande et Stéphane Courtois nous parler du livre évènement Le livre noir de la révolution française.

 

Les enregistrements audio sont disponibles. 

 

 

d979c1f2e5c8e9721d3455b847b431f9.gifLa conférence du mardi12 février fut un grand succès. Plus de 200 personnes sont venus écouter Eric ZEMMOUR nous parler de son dernier roman Petit frère, véritable petite bombe sur l'attitude tenue par une certaine intelligentsia face à l'antiracisme. 

 

 

 

 

 

ReadSpeaker AudioFeed - Podcast of this blog

 

 


 

 

Audio - Les dernières notes à écouter

Chr.Heb.(33) - Sans conviction

Le droit de cuissage ? Un mythe.
 
Chr.Heb.(32) - Des banderoles partout !

Chr.Heb.(31) - L'UE défend les phoques
 

 

Pour écouter les enregistrements des conférences

rendez-vous sur les pages correspondantes dans la colonne de droite. 

 

 

Chr.Heb. (21) - Un président ça trompe énormément

a2db64e03fa7bba0c5d52e57351202a7.jpgBeaucoup de choses ont déjà été dites sur les voeux du président de la République mais pas le principal à mon avis. Un mensonge d'Etat en forme de voeux : "JE NE VOUS TROMPERAI PAS". C'était osé, mais il l'a fait, dans le plus pure style chiraquien. Comment peut-on dire cela quelques jours après avoir signé à Lisbonne le prétendu "nouveau" traité européen qui ne fait que reprendre, dans un ordre différent, les paragraphes de la Constitution européenne rejetée par les Français par voie référendaire.

Il pourrait au moins avoir le courage de dire qu'il ne respecte pas le suffrage universel pour ne nous tromper qu'une fois. En l'occurence nous sommes trompés deux fois, sur le fond et sur la forme, la double-peine qu'il avait pourtant supprimée en tant que ministre de l'intérieur. 

 

 

 

Sitemestre des Epées

 PS : Vous remarquerez au passage la jolie statuette sur la cheminée, rapportée vraisemblablement d'Eurodisney...

 

 

samedi, 29 décembre 2007

N°24 - Ni de gauche, ni de gauche

Il existe une droite et une gauche pures, cohérentes, opposées.
En confondant jeu des partis et vie intellectuelle, l’affirmation
“ni droite, ni gauche” propose moins une troisième voie politique
qu’elle ne vient consacrer la confusion des esprits
.


Ni droite, ni gauche ? Entendons-nous bien : cette double négation ne signifie quelque chose que lorsque l’on se situe sur un plan politique, ou plus exactement encore, parlementaire. Elle désigne alors ceux qui n’appartiennent ni à la « la droite », c’est-à-dire, aux partis qui s’en réclament ou qui sont qualifiés ainsi, ni aux partis de « la gauche » : soit qu’ils ne se reconnaissent pas dans les modalités du jeu politique tel qu’il fonctionne actuellement, soit qu’ils se situent au centre, dans les espaces laissés entre ces deux groupes de partis, ou aux extrêmes, au delà de leurs frontières. C’est en ce sens, mais en ce sens seul, qu’un royaliste pourrait se dire « ni de droite, ni de gauche » sous la Ve République, de la même façon qu’un républicain aurait pu l’affirmer sous la Restauration.

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N°24 - Lettre ouverte à Émile Brami

À propos de Céline vivant… quant à sa thèse, chapitre 4,
« un pauvre qui pue », selon laquelle dans ses dernières années
à Meudon, Céline, « s’est fabriqué une dégaine de vagabond »
et a « réussi son coup » pour laisser une « image de victime »…

Et ben, Brami ! Qu’est-ce que tu nous fais ? Y te prend quoi ? Monsieur veut intéresser… Trouvaille, le Vieux coquette très, haillons étudiés, écharpe camaïeu, superpositions comme ces dames, Charentaises patinées Benetton… Pas sincère du tout, pas cassé, ni malheureux à en crever, ni brisé délabré… Fringant sous le naufrage… Comédien chaque jour maquillage, quotidien rimmel pour encore chouiner, encore chialer, gémir rompu ersatz…

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N°24 - Devoir d'insurrection

Ce texte initialement paru sur Marianne2 est reproduit (dans la revue, n°24, et ici) avec l’autorisation du journal et de l’auteur. Qu’ils en soient vivement remerciés.

 

760ffe114b2e5b88ad60fd2bf9082069.jpgLe projet de « traité modificatif » (reform treaty) européen a été rendu public le vendredi 5 octobre. On comprend à sa lecture pourquoi ses rédacteurs ont renoncé aux expressions de « mini-traité » ou de « traité simplifié » puisqu'il ne comporte, avec ses douze protocoles et ses 25 déclarations diverses, pas moins de 256 pages et qu'en matière de complexité rédactionnelle on peut difficilement faire pire.

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vendredi, 28 décembre 2007

Listes des articles

N°24 - Articles

Tous les autres articles sont dans la revue... 

N°23 - Articles

N°22 - Articles

16 mars 2007

N°21 - Articles

23 octobre 2006

N°20 - Articles

23 juillet 2006

N°19 - Articles

23 avril 2006

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23 décembre 2005

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23 septembre 2005

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08 juin 2005

N°15 - Articles

13 mars 2005

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07 décembre 2004

N°13 - Articles

20 août 2004

N°12 - Articles

26 mai 2004

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26 février 2004

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26 novembre 2003

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26 juillet 2003

N°8 - Articles

26 avril 2003

N°7 - Articles

26 janvier 2003

N°6 - Articles

26 septembre 2002

N°5 - Articles

26 juin 2002

N°4 - Articles

26 mars 2002

N°3 - Articles

20 décembre 2001

N°2 - Articles

01 avril 2001
 
 
 
 

Chr.Heb. (20) - RAS pendant les fêtes...

2b4c20e144e00103d17a4af3f2e10397.jpgQue dire entre Noël et le jour de l'An sinon que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Notre Président accapare encore la une de l'actualité même lorsqu'il est en vacances. Peu de place pour l'opposition si ce n'est pour qu'elle critique le pourvoyeur des billets d'avion du nouveau couple présidentiel. Quand on n'a plus rien à dire on s'essaie à la morale.

Ainsi la France est "aoûtisée" pendant une semaine. On laisse les problèmes de côté. Des problèmes ? Non, il paraît qu'il n'y en a pas car la machine à super-réformes est en marche. Attention il se pourrait que les gesticulations tous azimuts soient démasquées et que, si ce n'est la presse, le peuple se réveille.

 

Sitemestre des Epées

 

lundi, 17 décembre 2007

Chr.Heb. (19) - Fenech pointe son museau

596872a19d52fa9243acae519eebde78.jpgSamedi dernier des agitateurs du milieu associatif spécialisés dans le soutien aux "mal logés" ont été délogés manu militari du parvis de Notre Dame de Paris qu'ils essayaient d'occuper avec des tentes. Indignations de ci de là comme d'habitude. Un cri se détache parmi les autres à propos de la situation des gens dans la misère, celui du député du Rhône Georges Fenech, écoutons : "Je veux faire un premier bilan et voir pourquoi les engagements qui avaient été pris l'année dernière (n'ont pas été respectés), pourquoi ça ne suit pas, pourquoi les moyens ne sont pas à la hauteur des engagements et ensuite interpeller le gouvernement".
Cette attitude serait parfaitement louable si cet homme n'était pas DEPUTE, car son rôle est de contrôler l'action du gouvernement, et si possible de lui demander d'appliquer les lois votées. Le rôle d'un député n'est pas de se préoccuper des sans-abris trois jours avant le solstice d'hiver mais longtemps avant. Il est donc demandé à Monsieur Fenech ne pas se comporter en rapace médiatique mais en fouine démocratique !

 

Sitemestre des Epées

jeudi, 13 décembre 2007

Conférence le jeudi 13 décembre 20h

623519051.jpgA propos de Maurras "Dieu et le Roi"
 
La conférence a rassemblé une quarantaine de personnes autour d'Axel Tisserand et Antoine Clapas. Il s'est agi d'un dialogue entre nos deux interlocuteurs autour de la correspondance entre Maurras et l'Abbé Penon, précepteur de Maurras lorsque celui-ci devint sourd et ne put assister aux cours dispensés à l'école.
 
Nous n'avons pu récupérer finalement que des bribes d'enregistrement de cette conférence. Des morceaux de trois minutes de piètre qualité mis bout à bout seront tout ce que vous pourrez écouter. C'est mieux que rien et cela vous donne quand même une bande son de 37 minutes (le problème technique sera réglé la prochaine fois par une redondance d'appareils).
 
Bonne écoute ! (Cliquer sur "PODCAST" pour télécharger le fichier et l'écouter à partir de votre ordinateur)


podcast
 
 
Vous pourrez trouver un entretien avec Axel Tisserand à l'adresse suivante : http://www.france-catholique.fr/3100-Charles-Maurras-et-l...
 
 
 
A propos de Maurras
 
 
"Dieu et le Roi"

 

 

sa correspondance
 
 
avec l'Abbé Penon
 


Avec

Axel Tisserand
Ancien élève de Pierre Boutang et rédacteur de notre revue 

discussion animée par
Antoine Clapas

 
Jeudi 13 décembre à 20h
Salle Pierre Nicole
9 rue Pierre Nicole - 75005 PARIS

Entrée libre
RER B Luxembourg, Port-Royal
BUS 21, 27, 38, 81, 82, 83, 84, 85, 91

 

 
 



ca81aa2bf79daff8d9102e48a2a14f82.jpg Il y a tout juste un an était publié Maurras, le chaos et l'ordre de Stéphane Giocanti. Cette année paraît la correspondance entre Maurras et l'Abbé Penon, préfacée par Axel Tisserand, déjà à l'origine de la publication du Voyage d'Athènes en 2004. Plus de 50 ans après sa mort, ce Martégal retrouve, grâce à ces auteurs, une actualité qu'il n'aurait sans doute jamais dû quitter.

 


Voici la présentation qu’en fait l’éditeur :

L’abbé Penon, un Provençal devenu évêque de Moulins, a été le précepteur puis le directeur de conscience du jeune Charles Maurras. Une amitié s’est nouée entre les deux hommes, qui n’a pris fin qu’à la mort de Penon en 1928. Il en reste une correspondance inédite, d’un intérêt considérable, près d’un demi siècle de l’histoire politique et intellectuelle de la Troisième République défilant sous nos yeux. Les principaux épisodes, Affaire Dreyfus, Séparation, fondation de l’Action française, Première Guerre mondiale, Bloc national et Cartel des gauches, occupation de la Ruhr, condamnation de l’Action française par Pie XI… sont abordés avec une liberté de ton absolue, aucun des deux hommes n’écrivant pour la publication. Si l’on se souvient que Maurras a été le plus important penseur de la droite française depuis Joseph de Maistre, et que les relations conflictuelles entre la République et l’Église catholique ont été une donnée essentielle de la vie nationale depuis la Révolution, on mesure mieux l’apport de ce document sans précédent, conservé jusqu’à ce jour dans la famille de Maurras.

 

 

 

mardi, 11 décembre 2007

Chr.Heb. (18) - Kadhafi

235b0107e2eb7822c21f8cfa9e4a2f8e.jpgLe colonel Kadhafi est en France pour quelques jours et il semblerait que cela ne plaise pas à tout le monde. Il ne satisferait pas à tous les critères du bon démocrate et serait en plus terroriste. Quel méchant garçon cet homme qui vient dépenser 10 milliards d'euros chez nous ! Que d'arrogance de notre part aussi. Il serait terroriste car il a commandité l'explosion d'un avion de ligne dans les années 80. Rappelons à ceux qui ont la mémoire courte que la France, à la même époque, a fait sauter un bâteau d'écologistes dans la baie d'Auckland.

Avant même de se poser la question de savoir s'il faut recevoir ce monsieur, il faudrait peut-être se demander si l'on peut à nouveau se poser en donneur de leçon.

 

 

 

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lundi, 03 décembre 2007

Chr.Heb. (17) - Sortir de la zone euro

53274ba4bdf049951501eda5a3f79c6d.jpgLouis Gallois (PDG du groupe EADS) ce matin sur Europe 1 n'a pas utilisé la langue de bois. Il a tout simplement dit que AirBus devrait délocaliser sa production dans des pays de la "zone dollar" à cause de la parité euro-dollar très pénalisante pour ceux qui sont dans la "zone euro". Deux hypothèses viennent à l'esprit :
1. L'argument de Louis Gallois est faux. La parité étant fluctuante et rien ne disant quelle sera la même dans dix ans, cette argument n'a pour but que de cacher un évident besoin de réduction des coûts afin d'assurer un meilleur rendement pour les actionnaires.
2. L'argument de Louis Gallois est vrai. Sachant qu'on ne gère pas un groupe comme EADS à la petite semaine, cela signifie que le PDG d'une des plus grosses entreprises de la zone euro estime (le mot est faible) que la monnaie européenne continuera de pénaliser l'industrie européenne (comprendre l'emploi) à très long terme.
Dans les deux cas ce sont les emplois français et européens qui sont sacrifiés par le libéralisme débridé et transnational.

 

 

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jeudi, 29 novembre 2007

Chr.Heb. (16) - La France haïe

835fe14572df9c0f700225f7cdcc87d0.jpgIl faut se rendre à l'évidence, la France est haïe par une partie de sa population. Dernièrement lors du match de football France - Maroc qui se déroulait à Saint-Denis l'équipe de France a été sifflée par un public majoritairement aux couleurs du Maroc. Certes un mois plus tôt des Ecossais, majoritaires dans le stade, avaient fait de même au Parc des Princes mais ils venaient en terrain adverse. On peut douter que les spectateurs venus applaudir les Lions de l'Atlas habitaient tous de l'autre côté de la Méditerranée. De même trois nuits d'émeutes ont vu certains habitants de Villiers-le-Bel incendier les symboles de la culture française voire même de l'intégration si l'on veut parler sans langue de bois, je veux parler de la bibliothèque et de deux écoles.

Que dire sinon que cela démontre que certains Français ne veulent pas l'être. Ils ne se reconnaissent pas dans les valeurs que l'on veut leur vendre ni s'intégrer à cette société. Les royalistes ont leur mot à dire dans cette tragédie plus que naissante de rejet de la société. A eux de montrer que la France est plus qu'une République.  

 

 

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mercredi, 21 novembre 2007

Chr.Heb. (15) - A la grève !

86ae72b8086bd9ca8288ae05f7c562e2.jpgLa grève que nous subissons de plein fouet montre, s'il en était encore besoin, qu'en France on est toujours prompt à faire de grands discours moralisateurs et d'étendre sa pensée à l'universel, mais dès qu'il s'agit de faire grève ou de manifester on ne voit alors plus que ses intérêts propres, son porte-monnaie. La nouveauté dans cette grève est qu'il semblerait que les Français comprennent cette fois que les fonctionnaires ne font pas grève pour eux. Ils ont peut-être enfin compris que la grève, telle qu'elle existe en France, ne peut-être que partisane. Et si c'est bon pour eux (les fonctionnaires) ce n'est pas bon pour nous, qui payons comme toujours. Car peu importe qu'il y ait des régimes spéciaux, c'est probablement juste d'ailleurs, mais il faut que chacun participe à l'effort national.

Quant à la manifestation des étudiants il n'y a rien à en dire. L'illustration de Tesson en dit plus que je ne pourrais.

 

 

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jeudi, 15 novembre 2007

Conférence le jeudi 15 novembre 20h

623519051.jpgNi droite ni gauche 
 
La conférence a eu lieu comme prévu jeudi soir à 20 heures. François-Paul Paoli n'a pas pu se rendre jusqu'à nous, pris qu'il était dans les embouteillages causés par "le mouvement social", il vous demande d'ailleurs de l'en excuser car il tenait vraiment à prendre part à ce débat.
 
En revanche Bertrand Renouvin et Frédéric Rouvillois étaient bien présents et nous ont fait part de leur vision respective du clivage droite/gauche.
 
A votre disposition maintenant l'enregistrement de la conférence. Nos faibles moyens techniques nous interdisent d'effectuer un montage très précis et très propre, il y a donc une bonne minute de flottement au début de l'enregistrement. Veuillez nous en excuser. cela vous laissera le temps de vous installer confortablement afin d'écouter le débat dans son intégralité (plus d'une heure).
 
Bonne écoute !
 
 

podcast
 
 
 
 
 
 

“ Ni droite Ni gauche”

 

Les pièges d’un slogan
 


Avec

François-Paul Paoli
Journaliste au Figaro Littéraire

Bertrand Renouvin
Fondateur de la Nouvelle Action Royaliste

Frédéric Rouvillois
Professeur à l’Université de Paris
 
Jeudi 15 novembre à 20h
Salle Pierre Nicole
9 rue Pierre Nicole - 75005 PARIS

Tarif : gratuit
RER B Luxembourg, Port-Royal
BUS 21, 27, 38, 81, 82, 83, 84, 85, 91

 


 
"Ni droite ni gauche" :  cette idée correspond à un slogan historiquement localisé et limité. A quoi renvoie-t-il ? Peut-on l'assumer ou pas ? Ne s'agit-il pas plutôt d'un piège, d'une illusion ? Alors qu'il a retrouvé une actualité avec les propositions de François Bayrou, "ni droite ni gauche" signifie-t-il le centre ? Est-il vrai que l'on puisse être ni de droite, ni de gauche ?  D'où vient l'aspiration à une politique qui échapperait aux grilles idéologiques?

 

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Bibliographie de nos intervenants


 
François-Paul Paoli
Nous ne sommes pas coupables : assez de repentances ! (ed. La table ronde, 2006)
Je suis corse et je n'en suis plus fier (ed. Mad Max Milo, 2005)
Les Impostures de l'égalité (ed. Max Milo, 2003)
Comment peut-on être de droite ? Une psychanalyse des idées (ed. Albin Michel, 2000)
 


Bertrand Renouvin
Le Krach de l’euro, en coll. avec Sylvie Fernoy (ed. du Rocher, 2001)
Les Bourgeois du crépuscule, la fin des petits-maîtres, (ed Arléa, 1998)
Une tragédie bien française, le Front national contre la nation (ed. Ramsay, 1997)
Le royalisme, histoire et actualité (ed. Economica, 1997)
Royaliste et citoyen (ed. Royaliste, 1995)
Derniers jours avant la révolution (ed. Lattès, 1994)
L'amour discret de la patrie (ed. Ramsay, 1992)
Les enfants de Kropotkine, roman (ed. Ramsay, 1990)
La République au roi dormant (ed. Hachette, 1985)
Monarchie et Démocratie (ed. Royaliste, 1984)
L'Action Française devant la question sociale (ed. Royaliste,1983)
La Révolution tranquille (ed. Royaliste, 1983)
Le Désordre établi (ed. Stock, 1975)
Le Projet royaliste (ed. Royaliste, 1974)
 


Frédéric Rouvillois
Le coup d'Etat : recours à la force ou dernier mot du politique ? (ed. FX de Guibert, 2007)
Histoire de la politesse de la révolution à nos jours (ed. Flammarion, 2006)
L'avenir du référendum (ed. FX de Guibert, 2006)
Le modèle juridique français, un obstacle au développement économique ? (ed. Dalloz, 2005)
Droit constitutionnel : Volume 1, Fondements et pratiques (ed. Flammarion, 2005)
L'abstention électorale, apaisement ou épuisement ? : colloque du CENTRE Caen, 29 et 30 novembre 2001 (ed. FX de Guibert, 2002)
Le droit (ed. Flammarion, 1999)
L'utopie (ed. Flammarion, 1998)
Les origines de la Vème République (ed. PUF, 1998)

 

 

 

vendredi, 26 octobre 2007

Programme des conférences

1994330572.jpg

 

 

Programme de la conférence du 15 novembre 2007

Programme de la conférence du 13 décembre 2007

Programme de la conférence du 24 janvier 2008

Programme de la conférence du 12 février 2008

 

 

 

 

 

 

 

jeudi, 18 octobre 2007

Chr.Heb. (14) - La rupture

068c6adc65fc14ab4ec2431843148455.jpgLa rupture

Il parait que c'est une première dans l'histoire de la Vè République, un Président qui divorce au cours de son mandat. Et l'on entend déjà les politologues jacasser sur les conséquences induites par cet état de fait non prévu par la constitution. Certes la République avait déjà vu son président assassiné, fou, partir comme un voleur, démissionné, désavoué, césarisé, pompé (?) - la pudeur nous indique de ne pas aller trop loin... - mais jamais divorcé.

En attendant les chefs d'Etat de l'Union européenne sont réunis à Lisbonne pour peaufiner le plan B de la constitution européenne. A défaut d'être divorcés 55% des Français s'apprêtent à être cocus. 

 

  

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En photo : Emile Loubet, Président de la République entre 1899 et 1906, oublié.

 

 

 

samedi, 06 octobre 2007

Chr.Heb. (13) - La voyoucratie

80abb77e6890d1851cda6c6202db343e.jpgLa voyoucratie 

Les actualités nous proposent un nouveau scandale financier. Des actionnaires d'EADS ont vendu une partie de leurs actions au prix fort juste avant de révéler les difficultés d'AirBus. C’est un délit d'initié et c'est puni par la loi (au moins sur le papier). Léon Daudet aurait pu parler de canailles, de fripouilles ou même dans ce cas d'embochés (en rapport avec l'Allemagne).
Cette affaire a le mérite au moins de montrer clairement quel est l'ennemi de la France et des Français : le capitalisme financier, mondialiste et apatride. Ce capitalisme n'est mué que par une seule odeur, et pourtant vespasienne, celle de l'argent. On lui opposera le capitalisme industriel ou familial qui a conscience que l'on ne peut pas tout sacrifier sur l'autel du rendement capitalistique et que l'économie est un maillage très serré qui ne supporte pas de trop brusques dérégulations. Le mondialisme n'est pas une donnée inéluctable il faut aussi la repenser.

 

 

 

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mercredi, 26 septembre 2007

Chr.Heb. (12) - Encore une lâcheté

6f3a2190a9b7d2d5b6879d2bc7ca5e6f.jpgEncore une lâcheté 

Le protocole de Londres, dont il est question aujourd'hui à l'Assemblée nationale prévoit que les brevets européens pourront être déposés en trois langues (anglais, allemand, français) et supprime l'obligation de les traduire dans la langue des 32 Etats membres de l'Office européen des brevets (OEB). Le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet, homme de l'ouverture, ose prétendre que cet accord va renforcer la place du français alors qu'il n'y aura plus obligation de traduire les brevets dans notre langue. C'est l'ouverture au "tout-anglais", langue qui deviendra de jure langue officielle dans le domaine technique.
C'est un nouvel abandon de souveraineté qui se profile sournoisement. La nouvelle Chambre va devoir se prononcer sur ce texte, soutenu par le gouvernement par l'intermédiaire d'un de ses membres appartenant à un parti désavoué par les électeurs. Abandon de souveraineté + discours pétri de bons sentiments du Président de la république à la tribune de l'ONU pour masquer notre faiblesse politique = "rupture" dans la continuité.


Cliquer ici pour en savoir plus sur le protocole de Londres.

 

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jeudi, 20 septembre 2007

Chr.Heb. (11) - Bientôt les hostilités

83c3083a9e81c63cb72d5acacdfb56f5.jpgBientôt les hostilités 

Il est notable depuis quelques années que la façon de pensée s'est droitisée. Daniel Lindenberg parlait des nouveaux réactionnaires en 2003 en faisant référence à l'évolution intellectuelle de penseurs tels que Régis Debray, André Glucksman ou Alain Finkielkraut. C'est ce lent mouvement amorcé depuis une dizaine voire une vingtaine d'années qui a permis récemment l'élection d'un candidat maniant (ou manipulant) des thèmes parfois très à droite ou tout au moins rarement entendus de la droite classique ces dernières années.
Mais il faut bien se rendre compte que la pensée de gauche ne va pas se laisser déloger si facilement que cela. La réforme des retraites va être l'occasion d'un combat tant rhétorique que "sportif", comme pouvait dire Bernard Thibaut. Cette grève annoncée sera donc un moyen de comparer les forces en présence. La tournure des événements sera vraisemblablement différente des grèves de 1995 où le soutien de la population était massif (au moins au début, car un climat pré-insurrectionnel s'était instauré dans les derniers jours). Il y a fort à parier que la population ne sera plus benoitement le soutien d'une catégorie plus privilégiée qu'elle. La guerre civile française permanente n'est pas encore terminée !

 

 

 

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mercredi, 12 septembre 2007

Chr.Heb. (10) - La TVA sociale passe à la trape

a8c56264bf0137bb285f05edef6bf7b6.jpgIl n'y aura pas de TVA sociale. La raison officielle est que la conjoncture actuelle n'est pas propice. Pourtant il parait que c'était une mesure propre à l'améliorer. Comprenne qui pourra... Cette mesure annoncée pendant la campagne n'aura été qu'un leurre voire même un mensonge ou une n-ième trahison contre la souveraineté. 

Elle semblait séduisante l'idée selon laquelle les produits d'importation venant des zones où le coût de la vie est très inférieur au nôtre seraient taxés de manière à enrayer les vagues de délocalisations (c'est comme cela que le candidat Sarkozy l'a expliquée !). Mais les élections passées "on" ne parlait plus que de l'augmentation unilatérale de la TVA et plus d'une augmentation ciblée de certains produits. Il est probable que l'Union européenne aurait interdit cette mesure protectionniste. Car il est un continent à l'heure de la mondialisation qui ouvre grand ses frontières, plus que n'importe qui dans le monde, au nom d'un sacro-saint dogme libéral.
Le Brésil n'a pas ce genre de scrupules. Lorsque les poupées Barbie venant de Chine sont contaminées il interdit tout simplement les importations de tous les produits du même fabricant venant de ce pays. Mesurette provisoire me direz-vous mais impensable chez nous. Il est peut-être temps de repenser en Europe le libéralisme dans une économie mondialisée et de remarquer que les pays qui ont les plus fortes croissances ne sont pas forcément ceux qui sont les plus perméables à tous les vents.

   

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jeudi, 06 septembre 2007

Chr.Heb. (9) - Après Suez, Panama ?

aba64c378be4d3264c60672dcc40d0aa.jpgAprès Suez, Panama ?

Le président Sarkozy a souhaité la fusion de Suez avec GDF. Le projet était sur le feu depuis plus d'un an et demi. On se félicite maintenant de la naissance d'un des plus grands groupes mondial dans le domaine de la distibution d'énergie.

Souvenez-vous, il n'y a pas si longtemps GDF était associée à EDF et ces deux entreprises très complémentaires formaient un groupe vraisemblablement plus gros que le futur GDF-Suez. Mais notre familier EDF-GDF avait le tort d'être dans le giron de l'Etat, une sorte de service public garantissant l'approvisionnement énergétique de tous à un tarif régulé.

C'est cela que l'Union européenne a souhaité casser en libéralisant les secteurs dits "protégés". La satisfaction née de la fusion de Suez et GDF vient plutôt de la privatisation de cette dernière conformément à un plan d'ensemble visant à réduire comme peau de chagrin les services garantis par l'Etat. Souhaitons seulement que le mariage capitalistique avec Suez ne soit pas pour GDF l'annonce d'un scandale du type "Panama" où ce serait cette fois les "usagers-clients" qui seraient floués.

 

 

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mardi, 19 juin 2007

Liens

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Le Choc du Mois
Mensuel d'actualités dans la droite ligne de la revue du même nom des années 90

L'Indépendance
Mensuel de l'indépendance et de la souveraineté édité par le député européen Paul-Marie Coûteaux

Les manants du Roi
Portail de tous les royalistes : indispensable !

Politique magazine
Le mensuel de la Restauration nationale

égards
Revue de la résistance conservatrice

Tsim Tsoum
Contraction du domaine de la lutte

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La radio sur Internet de l'Académie française

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La radio libre de toutes les droites

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Groupe de royalistes organisant des conférences

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Littérature, poésie, création artistique

 


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vendredi, 16 mars 2007

N°22 - Extraits d'articles

Chapeau du dossier
Les élections présidentielles contre la démocratie


Dominique Wolton avait montré comment les élections étaient désormais rentrées dans une dialectique à 3 acteurs (hommes politiques / journalistes / opinion publique via les sondages). Avec cette nouvelle échéance, alors que le Parti socialiste lui-même s’est fait débordé par la construction médiatique “Ségolène Royal”, où en sommes-nous ? Quel avenir pour nos institutions sous la dictature du « système médiatico-sondagier » (Emmanuel Todd) ?

 
 
 
 
Paradoxe de l’élection ou comment une procédure anti-démocratique est devenue synonyme de démocratie

Depuis quelques années, quelques décennies peut-être, l’élection est devenue le symbole, le synonyme et l’unique procédure « démocratique » d’un système qui se présente pourtant comme la forme la plus achevée de démocratie. L’unique procédure, dans la mesure où tous les autres moyens de donner la parole au peuple, comme le référendum ou le mandat impératif, semblent désormais plus ou moins discrédités.
Le référendum, par exemple, constitue le moyen par excellence de permettre au peuple, prétendu souverain, de se prononcer directement sur une loi ou sur une révision constitutionnelle. Or, malgré un certain retour en grâce au début des années 2000, il semble que le coup de tonnerre politique du 29 mai 2005 lui ait porté un coup fatal : il est vrai que ce résultat inimaginable a rappelé aux gouvernants que leur Maître, le peuple, pouvait parfois désobéir à leurs ordres et à leurs prévisions. Le referendum n’est jamais sans risques.
Les conséquences de ce cataclysme sont de plusieurs ordres. D’une part (...)

E. Marsala



Un magicien nommé Marcel

Marcel Aymé est mort il y a 40 ans, le 12 octobre 1967. Retour sur celui dont Philippe Muray écrivait dans nos colonnes qu’il restait le seul écrivain à admirer et « aussi le seul qui éclaire à mes yeux de manière précise et informée l’humanité contemporaine ».

«C’est chose rare qu’un auteur qui cherche à se faire plus petit que son œuvre » s’étonnait  Antoine Blondin dans les années 1950 à propos de son ami le grand Marcel Aymé, le « créateur d’un merveilleux humain ». Cette réflexion explique mieux qu’aujourd’hui le quarantième anniversaire de sa mort ne soit pas même marqué. Car rien ne semble changé au paradoxe. Les contes du chat perché et Le passe-muraille sont lus dans les classes, ses romans et ses nouvelles ont les honneurs de la Pléiade. Même si, provisoirement, le théâtre semble un peu oublié, Uranus et d’autres œuvres sont, et seront adaptées au cinéma. Mais l’on s’interdit de donner à leur auteur la place qui lui revient dans l’histoire de la littérature. Marcel Aymé est comme poussé hors de son œuvre, qui semble désormais vivre et s’imposer par sa propre puissance. Cet éloge par défaut est sans doute le plus grand qui se puisse faire à un auteur, mais (...)

Antoine Foncin




Fabrice Hadjadj à la vie à la mort

Comment écrire sur le livre de Fabrice Hadjadj, Réussir sa mort, déjà ancien et reconnu, comment faire le portrait d’un écrivain avec lequel on partage tant, à commencer par l’amitié ? Tel est le casse-tête auquel je me trouve maintenant confronté et que je ne saurais résoudre que par la simplicité : en exposant au lecteur ce que j’aime chez Fabrice Hadjadj. Simplement.


Après une poignée de livres incandescents, une pièce déjà culte sur saint François-Xavier, Hadjadj a conquis un large public par ce livre dont le titre est provocateur, mais dont le contenu est plus provocant encore. À l’époque où fleurissent, dans l’hypermarché de la culture prétendument démocratisée, techniques de développement personnel et de maîtrise de soi et kits de construction de sa propre religion, ce livre vient rappeler deux choses essentielles : celui qui veut réussir sa vie la perd ; celui qui veut être sauvé ne peut passer que par la mort et la résurrection dans le Christ. J’avoue que si ce livre me touche comme il a touché des milliers de Français, c’est parce qu’il construit (...)

François Huguenin





Portrait de Guy Dupré en Janus, maître du temps et de la guerre

De l’auteur des Fiancées et du Grand coucher, les plus grands ont entonné le dithyrambe mérité. Albert-Marie Schmidt l’a peint en cruel renard du Japon prenant les fillettes aux pièges de leur propres désirs, Béguin a salué l’ensorceleur, débusqué la singularité absolue de ses ressources verbales, Rinaldi a marqué l’oxymore apparent : « L’Aigle de Meaux survole avec majesté les charniers de Verdun, court se percher sur l’Arc de Triomphe pour y lâcher sa fiente qui éclabousse les gloires officielles », Nadeau fait allégeance à l’initié, l’historien l’écrivain (trois en un), Vandromme, autrement, revient à l’initié « Dupré écrit en code pour redécouvrir le chemin des secrets perdus », l’inscrit « barrésien de la grande lignée » : aux côtés de Montherlant, Drieu et Aragon, en terre de Haute Solitude où vont ceux qui savent « perdu le secret qui permet de lier la douceur à l’honneur de vivre » (1).
Trilogie
Un demi siècle plus tard, la trilogie romanesque reparaît, à peine augmentée, seul le dernier volet est récent, 1991. Cinquante ans après, noyés sous un déluge de mots et de livres inutiles, nous l’admirons d’avoir en trois livres donné à entendre ce qu’en cinquante, beaucoup de ses contemporains ne surent.
Dès le premier roman, le corpus s’est fait œuvre, avant que la mort ne le ferme. Le génie a frappé, exigeant qu’à sa suite, Dupré chemine (...)

Sarah Vajda


+ Guy Dupré : Les fiancées sont froides, Le grand coucher,
Les mamantes, romans, éditions du Rocher, 2006.

1. Respectivement en 1953, 1954, 1961, 1986 et 1991.

mercredi, 28 février 2007

Les Epées - Revue trimestrielle royaliste


Qu’elle se vérifie par l’abstention, par le primat absolu de l’économie ou par un processus européen à marches forcées, la décomposition du Politique constitue sans conteste l’un des faits majeurs de notre temps. Elle ne trouve pas d’équivalent dans le passé de la France, et paraît accentuée par la tendance des “élites” à « sacrifier la patrie à l’humanité », une humanité sans couleur ni relief, déracinée et close sur elle-même. Face à cet avenir morne, il s’agit donc de réapprendre le sens du bien commun, de retrouver le goût capétien de l’unité, de sortir des impasses mortelles de la modernité radicale.

Sorties du fourreau en 2001, Les Épées entendent braver ces maux, et croiser le fer. Les sept années qui viennent de s’écouler, l’accueil chaleureux qu’on lui a fait, les collaborations prestigieuses qu’elle s’est assurée, invitent notre revue à préciser son contenu et ses intentions. Nullement retranchées dans un horizon purement contestataire, Les Épées se présentent avant tout comme une revue royaliste, qui se réclame aussi bien de Maurras et de Daniel Halévy que de Bernanos et de Boutang, des non-conformistes de droite, mais aussi de la tradition thomiste ou du libéralisme politique. Sans rabâchage, avec la volonté d’actualiser le matériel critique, de s’enrichir au contact de tous les lieux où vit l’Esprit, cette revue se propose d’analyser les différentes formes de vie et de mort du Politique, les principaux débats (en politique, en philosophie, en sociologie et dans les Lettres ou en Droit), et d’exalter la culture française qui paraît le mériter. Son objet original est de redéfinir et de faire connaître les raisons et les projets du royalisme français à l’orée du XXIe siècle, au fil des articles, des dossiers, et des compte rendus qui privilégient la confrontation des idées. Pour toutes ces raisons, Les Épées ambitionnent de devenir une référence pour tous les royalistes, mais aussi pour tous ceux qu’intéresse le maintien de la liberté de l’esprit.

Puisqu’elles ne sont l’organe d’aucune organisation, et qu’elles travaillent sur un plan essentiellement intellectuel, Les Épées peuvent, sans rien renier de leurs principes, transcender les appartenances des rédacteurs et de son lectorat. Elles doivent apparaître comme un pôle de réflexion capable d’enrichir les fidélités de tous.

 

Les Épées
QU'EST-CE ?
Sans rabâchage, avec la volonté d’actualiser le matériel critique, de s’enrichir au contact de tous les lieux où vit l’Esprit, cette revue se propose d’analyser les différentes formes de vie et de mort du Politique, les principaux débats (en politique, en philosophie, en sociologie et dans les Lettres ou en Droit), et d’exalter la culture française qui paraît le mériter.



MAIS ENCORE ?
Une revue trimestrielle qui paraît 5 fois par an.
Un site Internet qui offre quelques articles de la revue et de petites brèves se voulant une introduction à des réflexions plus fouillées développées dans la revue.
Un cycle de conférences une fois par mois pour réfléchir et donner à réfléchir sur des sujets d'actualité ou de réflexion.


QUI ?
Les Epées regroupent des royalistes (ou pas) de toutes tendances. Universitaires et membres de la société civile.


COMMENT ?
Nous sommes organisés en association. Aucun actionnaire ni capitaux étrangers. La revue est financée exclusivement par ses recettes provenant des abonnements et des ventes en kiosque.
Notre santé financière est excellente et notre indépendance totale !

 



 

 

 

 

 


 

 


 

mardi, 27 février 2007

Les librairies où l'on peut trouver Les Epées

Librairie du Paillon
      2 rue Georges Ville 06300 Nice 

Librairie Saint Etienne
      64 rue de Metz 31000 Toulouse

Librairie Saint James
      55 rue Saint James 33000 Bordeaux

Librairie Aliénor
      341 rue Georges Bornac 33000 Bordeaux

Librairie Dobrée
      14 rue Voltaire 44000 Nantes

Librairie Coiffard
      7 rue de la Fosse 44000 Nantes

Librairie des Nouveautés
      26 place Bellecourt 69002 Lyon

Librairie Passage
      11 rue de Brest 69002 Lyon

France Livre
      6 rue du Petit Pont 75005 Paris

Librairie Compagnon
      58 rue des Ecoles 75005 Paris

L'Ecume des pages
      174 Bd saint Germain 75006 Paris

Tschann
      125 Bd du Montparnasse 75006 Paris

L'âge d'homme
      5 rue Ferou 75006 Paris

Duquesne diffusion
      27 avenue Duquesne 75007 Paris

Le Divan
      203 rue de la Convention 75015 Paris

Librairie L'Avocat
      101 avenue Mozart 75016 Paris

Librairie Bertrand
      23 rue Poncelet 75017 Paris

Librairie L'Armitière
      5 rue Basnage 76000 Rouen

 

et à New York...

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jeudi, 11 janvier 2007

QUI QUE QUOI

QU'EST-CE ?
Sans rabâchage, avec la volonté d’actualiser le matériel critique, de s’enrichir au contact de tous les lieux où vit l’Esprit, cette revue se propose d’analyser les différentes formes de vie et de mort du Politique, les principaux débats (en politique, en philosophie, en sociologie et dans les Lettres ou en Droit), et d’exalter la culture française qui paraît le mériter.



MAIS ENCORE ?
Une revue trimestrielle qui paraît 5 fois par an.
Un site Internet qui offre quelques articles de la revue et de petites brèves se voulant une introduction à des réflexions plus fouillées développées dans la revue.
Un cycle de conférences une fois par mois pour réfléchir et donner à réfléchir sur des sujets d'actualité ou de réflexion.


QUI ?
Les Epées regroupent des royalistes (ou pas) de toutes tendances. Universitaires et membres de la société civile.


COMMENT ?
Nous sommes organisés en association. Aucun actionnaire ni capitaux étrangers. La revue est financée exclusivement par ses recettes provenant des abonnements et des ventes en kiosque.
Notre santé financière est excellente et notre indépendance totale !

 

 

 

 

lundi, 23 octobre 2006

N°21 - Sommaire "La politesse contre la démocratie ?"

medium_couv_21.jpgPolitique
Les jurys de citoyen, mort-né ?, par Robert Grégoire

Société
Les jeunes sont revenus, par Serge Degrim
Déraison occidentale : à propos de Benoit XVI, par Alain Raison



DOSSIER : La Démocratie contre la politesse ?
Politesse et démocratie selon Tocqueville, par E. Marsala
Politesse et anti-politesse depuis deux siècles
Entretien avec Frédéric Rouvillois
Trop poli pour être honnête, par Charles-Henri Hubert
Langue et civilité, par Antoine Foncin
La courtoisie et les vestiges de l’ancienne France, par Arnaud Dhermy
Alexandre Vialatte ou les bonnes manières de l’écrivain, par Jules Seignoret

Nos humanités
Les secrets du sacré, par Danièle Porte

BD
par Philippe Mesnard & Hector Nissac

Lectures critiques
Arnaud Bordes, Gilles Chabrier, Antoine Clapas, Antoine Foncin,
Emmanuel Fontan, Francois Huguenin, Bruno Lesvez, Louis Monier, Alain Raison,
Laurent Schang, Axel Tisserand.

DOSSIER : Maurras, le temps de l’inventaire ?
Charles Maurras, entre l’ordre et le chaos
Entretien avec Stéphane Giocanti
Maurras, disciple de Tacite, par... Charles Maurras
Dans l’amitié du philosophe, par Axel Tisserand

Nouvelle
Un long soulagement, par Philippe Mesnard

 

Articles disponibles sur le site

 

 

N°21 - Editorial "La politesse contre la démocratie ?"

Parlons vrai
« Nous n’avons plus tellement le choix. Nous n’en avons plus, parce que nous avons tout foutu en l’air. Non pas un peu, mais complètement. En Europe, il n’y a pas un pays qui ait fait une connerie aussi colossale que nous […] Évidemment, nous avons menti tout au long de ces 12-18 derniers mois […] Et avec ça, nous n’avons rien foutu pendant quatre ans. Rien. Je ne peux citer aucune mesure importante dont nous puissions être fiers – à part le fait que le gouvernement a réussi à se démerder à la fin en gagnant les élections. […] Au lieu de gouverner, nous avons menti, matin, midi et soir ! ».
L’homme qui parle avec cette franchise désarmante est le premier ministre socialistes hongrois, Ferenc Gyurcsány, s’exprimant le 26 mai dernier devant les parlementaires de son parti. Ces propos n’étaient pas destinés à être mis sur la place publique, mais un micro était ouvert qui aurait dû rester fermé. Rendus publics le 17 septembre, ils ont déclenché quelques nuits d’émeutes et une défaite relative du parti gouvernemental aux municipales suivantes ; mais Ferenc Gyurcsány est toujours premier ministre et, au plus fort de la crise, 51 % des Hongrois souhaitaient qu’il reste à son poste.
De quoi en tirer des leçons pour les gouvernements de tous les pays. Imaginons un peu : Bush comprenant que la seule façon de ne pas terminer son mandat par une débâcle est d’avouer qu’il a toujours su que l’Irak ne détenait pas d’armes de destruction massive. Blair retrouvant sa popularité en confessant que sa seule politique étrangère fut toujours de relayer servilement les positions américaines. Jacques Chirac convoquant le peuple français devant sa télévision pour annoncer publiquement, au 20 heures de TF1, que les affaires intérieures l’ont toujours emmerdé, qu’il n’a jamais eu la moindre idée de ce qu’il devait faire du pouvoir que les urnes lui ont donné et que son obsession antiraciste affichée n’avait jamais eu d’autre but que de camoufler son manque de convictions. medium_Philippe-Douste-Blazy.jpgPhilippe Douste-Blazy lâchant benoîtement qu’il ne sait même pas combien d’États compte l’Union Européenne, et qu’il n’arrive toujours pas à différencier la Syrie de la Libye. Ségolène Royal confessant avec gourmandise que sous ses dehors souriants, elle cache une dominatrice qui ferait passer Cruella d’Enfer pour un modèle de guimauve, et que la principale activité de son éventuel quinquennat sera de nous en faire baver. Fabius, soulagé, se délivrant enfin du fardeau de cacher qu’il n’a jamais été de gauche, et qu’il a toujours haï les pauvres. Jack Lang admettant enfin qu’il méprise les jeunes, même s’il aime bien les enfants. Sarkozy révélant enfin qu’il compte autant respecter ses promesses électorales qu’il le fit de son mandat d’officier municipal le jour où, mariant en sa mairie de Neuilly Jacques Martin à une certaine Cécilia, il réfléchissait déjà aux moyens de la lui piquer. Le même Sarko avouant en rigolant qu’il n’a pas la moindre idée de la façon d’arrêter le flot de l’invasion migratoire, et qu’en plus il s’en contrefout… Et tous en cœur de confesser que, dans leur esprit, il y a beau temps que la France est morte, et que la seule chose que ça leur inspire, c’est un lâche soulagement. Imaginons mieux encore : rendus libres par la vérité, tous ces braves gens, emportés par leur élan, décideraient enfin de renoncer à la politique, nous rendant libres du même coup. Libres d’édifier un régime où le mensonge public ne serait plus la forme obligatoire de la politique, où l’élection ne multiplierait plus les pièges à cons, où l’on pourrait enfin avoir confiance en quelqu’un parce que son pouvoir ne dépendrait que de lui, et pas de nous, parce que nous saurions d’où il vient et où il sait aller. Un régime où les mots de la politique ne seraient plus, enfin, des farces, mais de ces paroles forcément vraies, parce que libres. Où l’on pourrait ressusciter un mot si noble qu’il passe aujourd’hui pour désuet – où pourront passer nos lèvres, sans ridicule et sans honte, le beau nom de Majesté.
 

Les Épées

dimanche, 23 juillet 2006

N°20 - Sommaire "Capétiens partout"

medium_couv_20.2.jpgPolitique
Le sarkozysme est-il un populisme ?,  par Benoit de Coligny
On s’était dit rendez-vous dans... un an,  par Jean-Baptiste Barthélémy
Les casseurs de la république, par Jean-Baptiste Barthélémy

Société
L’Afrique sans mirage
Entretien avec Alexandre Poussin

Hommage
Philippe Muray, à la recherche du réel perdu,  par Antoine Rocalba
Rire propre,  par Serge Degrim
L’Europe comme un sarcophage,  par Paul-Marie Coûteaux

MANIFESTE CAPETIEN
C’est Capet qu’il nous faut,  par Les Épées
L’avenir dure longtemps. Genèse de l’idée capétienne,  par Antoine Clapas & David Foubert
Une république capétienne,  par E. Marsala
Une politique de rechange. L’exemple de la diplomatie gaullienne,  par Paul-Marie Coûteaux
Les Capétiens partout,  par Henry Le Bal
Note critique sur les projets de VIe République,  par Frédéric Rouvillois

Nos humanités
Julien l’Apostat,  par Lucien Jerphagnon

BD
Par Philippe Mesnard & Hector Nissac

Lectures critiques
Émilie Bouvard, Pierre Carvin, Antoine Clapas, Laurent Dandrieu, Pauline Depreval,
Antoine Foncin, Emmanuel Fontan, Robert Grégoire, Philippe Mesnard, Louis Monier,
Arnaud Olivier, Alain Raison, Axel Tisserand, Sarah Vajda.

Nouvelle
La Pléiade du président,  par Philippe Mesnard

 

Articles disponibles sur le site

 

 

N°20 - Editorial "Capétiens partout"

Une ironie amère nous montre deux pays vaincus en 1945, l’Allemagne et le Japon, recouvrer peu à peu le sentiment d’appartenance, la dignité patriotique. On a vu de jeunes Allemands élever leur drapeau à la victoire de leur équipe de foot. Plus politique et profond, les Japonais sont généralement favorables à la visite de leur Premier Ministre Koizumi au sanctuaire Yasukuni, rituel auquel Hiro Hito lui-même avait renoncé au début des années 1970. Ce n’est pas que l’exaltation patriotique coïncide toujours avec la mesure des patries et les bornes de l’humanité, on ne le sait que trop.
Mais en France, la paresse et la pente suicidaire incitent à confondre le patriotisme et le chauvinisme, qu’il faut au contraire distinguer et opposer. Le patriotisme commence par un acte d’humilité, une reconnaissance intime devant la terre des pères, qui appelle le sens des responsabilités, la volonté de bien faire autour de soi, ou de limiter les dégâts. Le chauvinisme n’en est que la caricature bête. Il exalte la fierté et l’orgueil jusqu’à l’étourdissement, flatte l’arrogance et la supériorité, en faisant résonner le vide.
medium_patriotisme.jpgCette distinction faite, il faut admettre que la planète monde offre un curieux visage. Aux Amériques, le culte de la patrie tourne couramment à l’idôlatrie civile. On a parlé déjà des deux principaux vaincus de 1945. Là où la guerre explose, à l’Est de la Méditerranée, on voit des peuples s’affronter, qui mêlent les ressources de la religion à celles de la patrie. Et l’on découvre tout d’un coup que l’internationalisme démocratico-humanitaire se révèle coi devant des phénomènes qu’il imaginait voir s’ensevelir sous les couches éternelles du passé, et probablement inapte à nous protéger.
En France, donc, le patriotisme – le patriotisme à l’ancienne, classique, celui de Corneille, non pas celui de Saint-Just – est mal vu, dénoncé, puni avant d’être entendu. Cela durera-t-il ? Il est permis d’en douter. Les livres d’André Makine, Max Gallo, Paul-Marie Coûteaux décrivent mieux qu’une persistance, des signes favorables pour l’avenir. Ce vingtième numéro des Épées, âgées déjà de cinq années fort remplies – bon anniversaire à tous nos lecteurs, à tous nos rédacteurs, à tous nos amis ! – fait résonner ces harmonies dans un âge que l’on croyait de glace. Oui, comme le disait un grand Prince, l’avenir dure longtemps !

Les Épées

dimanche, 23 avril 2006

N°19 - Sommaire "Fantasmes du complot"

medium_couv_19.jpgPolitique
Libertés pour tous, par Jean-Baptiste Barthélémy
Pipi citoyen, par Serge Degrim
Les casseurs de la république, par Jean-Baptiste Barthélémy

Spiritualité
Devenir de la religion civile américaine
Entretien avec Jean-François Colosimo

Société
Retour des steppes
Entretien inédit avec Sylvain Tesson

Place royale
Les Français contre l'histoire, par Antoine Clapas

FANTASMES DU COMPLOT
L'idée du complot à l'âge démocratique, par Frédéric Rouvillois
Rhétorique et énergétique du complot, par Antoine Foncin
L'affaire Cousteau, par Alain Raison
Méfiez-vous des Grecs, par Arnaud Olivier
Extrémistes et comploteurs - Entretien avec Christophe Bourseiller
Le complot et le conspirationnisme en librairie, par E. Equilbecq
Le complot, nécessité moderne, par Christophe Boutin

Nos humanités
Augustin et Pelage, par Jean-Marie Salamito

BD
Par Philippe Mesnard & Hector Nissac

Lectures critiques
Antoine Clapas, Laurent Dandrieu, Antoine Foncin, Emmanuel Fontan,
David Foubert, Luc de François, Patrick Longuet, E. Marsala, Thomas Mercier,
Louis Monier, Arnaud Olivier, Luc Tesson, Paul-Victor Victor.

Pour / contre
Le conservatisme impossible
Pour une restauration du politique, par Antoine Clapas
À la recherche du conservatisme, par Alain Laquièze

Musique
Penderecki, par Stéphane Giocanti

 

 

 

N°19 - Editorial "Fantasmes du complot"

Le bruit et la fureur

Life's but a walking shadow, a poor player
That struts and frets his hour upon the stage
And then is heard no more. It is a tale
Told by an idiot, full of sound and fury,
Signifying nothing.
William Shakespeare, The Tragedy of Macbeth
 

La presse étrangère considère avec ironie et sans compassion notre pauvre pays. Imaginons les fameux Persans de Montesquieu, assistant à un autodafé devant la Sorbonne, croisant des cortèges de centaines de milliers de mineurs ignares et vindicatifs, ou bien des petits barbares recherchant des professions où ils ne travailleraient pas, et découvrant dans les compte rendus que des bandits s'attaquent à ces mêmes manifestants. Étonnés par les valses et les incuries du pouvoir, ils seraient abasourdis par le jeunisme et par l'incroyable démagogie de la gauche à l'occasion de ce tapage, et par la soumission sacrificielle des forces de police. Nos Persans se seraient renseignés sur les agitateurs et auraient noté leurs discours : selon eux, la loi de la rue est supérieure à celle du vote, la France est dans une situation de capitalisme sauvage, d'esclavagisme et de colonialisme déguisés, il faut se révolter contre les patrons, la droite et la démocratie, celle-ci n'étant qu'une apparence.
medium_cpe-sorbonne.jpgLa gauche, qui a fait de l'antipopulisme son cheval de bataille, s'est montrée ici infiniment plus dangereuse que toute forme de populisme actuel parce qu'elle a sciemment faussé le débat, menti sur ses termes, excité le ressentiment, provoqué la haine, multiplié l'intimidation ; elle a mis en causele droit commun des gens et s'est montrée complice du renouveau révolutionnaire de l'extrême-gauche.
Un pays ridiculisé, des centaines de millions d'euros dépensés, une économie inquiétée, le sens du travail, du devoir et des responsabilités une fois encore bafoué et conspué (depuis les prétendues élites jusqu'à la "base"), la politique pour l'emploi des jeunes annulée, voilà ce que fut le début de 2006. Le sommet du ridicule est atteint par ces anciens soixante-huitards transférant leur imaginaire imbécile sur leurs enfants, eux-mêmes dociles dès qu'il s'agit de sentiments vagues et faciles qui flattent leur bonne conscience et cultivent leur goût victimaire. Notre démocratie voit exploser sa plèbe et imploser sa "culture". Notre mémoire collective est chargée d'expériences sur la beauté silencieuse de l'unité et les bruits terribles de la division. En dépit de l'atterrement que ces événements inspirent, la France a encore de quoi se battre. C'est en tout cas notre espérance, et notre devoir. Le désagrégement de la société, les relents de guerre civile qui se sentent d'un côté ou d'un autre, sont le résultat logique et inéluctable du manque de France (1), de l'oubli du bien commun (2), d'une négligence fondamentale vis-à-vis du " vivre ensemble " (3) que nous rappellent aujourd'hui Jean-François Colosimo, François Huguenin ou Frédéric Rouvillois. Le message monarchiste prend aujourd'hui une urgence particulière.

 
Les Épées
 

1. J-F. Colosimo : " Le manque de France ", Le Figaro
2. F. Huguenin : Le conservatisme impossible.
3. F. Rouvillois : "L'identité comme mémoire et comme amitié", 2050, n°1.

vendredi, 23 décembre 2005

N°18 - Editorial "Défense de la frontière"

Normal

Le dimanche 13 novembre, à l’issue de la 17e nuit d’émeutes consécutive à bercer le sommeil de la France, le directeur général de la police nationale, Michel Gaudin, se félicitait d’une « sérénité retrouvée » : seulement 374 voitures avaient brûlé pendant la nuit, dont 76 pour l’Ile-de-France. « C’est quasiment un chiffre normal » pour une nuit de samedi, medium_emeutes.jpgajoutait ce flic rassurant. Normal, donc, que près de 400 voitures brûlent tous les samedis pour assurer le divertissement – résolument non pascalien – de populations trop abruties pour regarder Jean-Pierre Foucault à la télé. Normal que nos politiques, après avoir résolu le problème en attendant que les émeutiers se fatiguent, se remettent à travailler aux vrais problèmes dont dépend l’avenir du pays : empêcher la publication d’une bio de Cécilia, inventer de nouveaux impôts, lutter contre la fuite des cerveaux en Afrique en proposant davantage de visas aux populations africaines, commenter les nouvelles lunettes du sous-président Chirac.

Normal que le débat politique français, pendant une semaine entière, porte exclusivement sur le bilan de la colonisation, le rôle positif de la France dans l’expansion de l’esclavage et l’urgente question de savoir si Napoléon mérite de détrôner Hitler dans le rôle du grand méchant loup. Normal que ce débat ait paru nouveau et captivant, après une autre semaine, elle consacrée à savoir s’il fallait pendre Alain Finkielkraut ou juste lui couper la langue. Normal qu’un intellectuel, relisant l’entretien qu’il a donnée, soit contraint de dire que celui qu’il a relu n’est pas le même que celui qu’il a donné.

Normal qu’on n’ose même plus aborder les problèmes de l’heure, quand parler de ceux d’il y a cinquante ou deux cent ans suffit à vous valoir l’excommunication. Normal que ceux qui veulent le faire sans détour aillent donner des interviews à l’étranger. Normal qu’ils doivent s’excuser une fois rentrés en France. Normal que la France doive passer son temps à s’excuser d’avoir apporté la civilisation et le bien-être à des pays entiers, qui ont puisé dans son héritage les moyens de la contester. Normal qu’elle oublie de fêter ses victoires, mais jamais ses défaites. Normal que des populations entières retournent tranquillement à l’état de barbarie, quand les élites censées s’occuper de leur cas ignorent les règles les plus élémentaires de la civilisation. Normal que ceux qui nous gouvernent feignent depuis des décennies de croire que les seules difficultés qu’affronte la France se mesurent en montant de la dette extérieure et en taux de croissance. Normal que personne ne leur demande de comptes. Normal qu’un pays change radicalement de population en moins de cinquante ans. Normal que tout le monde s’en foute. Dormez bien, braves gens, tout est normal. Jusqu’à la prochaine fois.

 
 Les Épées

N°18 - Sommaire "Défense de la frontière"

medium_couv18.jpgPolitique
Présidentielle 2007 : état d’urgence sur les candidatures, par Patrick Longuet
Une conscience de trop, par Antoine Foncin
Suite (et fin ?) du Non à la constitution européenne, par Jean-Baptiste Barthélémy

Société
Violences urbaines, par Mickaël Vidocq
Entretien avec Lucienne Bui-Trong

DEFENSE DE LA FRONTIERE
Territoires, frontières, autorité, par E. Marsala
La colonisation douce, par Alain Raison
Éloge de la frontière, par Paul-Marie Couteaux
Le jardin à la française, par Michel Michel
Les frontières protègent les peuples. Entretien avec Aymeric Chauprade
Les Balkans aux confins de l’incurie internationale, par Benoit de Falkenhorst

Nos humanités
Des Grecs et de leur instrumentalisation, par Axel Tisserand

Hommage
Vladimir Volkoff, la mort d’un aristocrate, par Xavier Lucciano

BD
Yann, le magnifique, par Philippe Mesnard

Dossier : La critique littéraire a-t-elle un avenir ? (2)
Métacritiques, petite histoire en coulisse (2), par Eric Hubert
Entretien avec Sarah Vajda, par Laurent Schang

Lectures critiques
Antoine Clapas, Laurent Dandrieu, Antoine Foncin, Emmanuel Fontan,
David Foubert, Luc de François, Pierre-Paul Guépratte, Xavier Lucciano,
Patrice Mahieu, E. Marsala, Thomas Mercier, Louis Monier,
Arnaud Olivier, Antoine Rocalba, Luc Tesson, Inès Villela-Petit.

Musique
Arthur Honegger, par Stéphane Giocanti

Expo
L’empire de la mélancolie, par Philippe Mesnard

 

Articles disponibles sur le site

 

 

vendredi, 23 septembre 2005

N°17 - Sommaire "Qu'est-ce qu'un antimoderne ?"

medium_couv17-pench.jpgActualité
Ils se lèvent tous pour Danone, par Jean-Baptiste Barthélémy
La réforme institutionnelle, la vraie, par Patrick Longuet

Le Monde comme il ne va pas
La solitude des médecins ruraux, par Madeleine de Maneville

Société
Mauvais genre, par Alain Raison

Place royale
Je suis royaliste, mais je me soigne, par Michel Michel

Dossier : Qu’est-ce qu’un antimoderne ?

Moderne ? Post-moderne ? Anté-moderne ou antimoderne ? Décidément, on se ne sortira pas de cette interrogation fondamentale, à moins de s’entendre sur les mots et les définitions. C’est ce que refuse Antoine Compagnon dans un récent livre célébré par l’intelligentsia, mais c’est ce que l’on doit s’efforcer de faire, en renouant avec des réflexions classiques ou en retrouvant des chemins oubliés.

Fausses pistes, par E. Marsala
Jacques Maritain, doctrinaire de l’antimodernisme, par Frédéric Guillaud
Pourquoi Kundera récidive ? par l’abbé Guillaume de Tanoüarn
Môssieur réac, par Nadar
Entretien inédit avec Philippe Muray
Maistre sans paradoxe, par Antoine Foncin

Nos humanités
Plotin, par Lucien Jerphagnon

BD
La métamorphose des super héros, par Hector Nissac

Dossier : La critique littéraire a-t-elle un avenir ?
Apprendre à lire, par Antoine Clapas
Albert Thibaudet, par Alain Lanavère
Presse et critique, par Thomas Mercier
Métacritiques, petite histoire en coulisse, par Eric Hubert

Lectures critiques
Antoine Clapas, Jean Desfontaines, C. Equilbecq, Antoine Foncin, Emmanuel Fontan,
David Foubert, Alain Lanavère, E. Marsala, Thomas Mercier, Louis Monier, Charles Naudé.

 

Articles disponibles sur le site

 

 

N°17 - Editorial "Qu'est-ce qu'un antimoderne ?"

Il y a bien longtemps, un sage suisse nommé Jean-Jacques Rousseau expliquait que dans les régimes représentatifs, comme l’Angleterre de son époque, il existe deux moments bien distincts dans la vie du peuple : les jours, une fois tous les cinq ou six ans, où on l’appelle à voter, durant lesquels il est le maître, et les autres, où il redevient esclave, contraint d’obéir sans sourciller aux despotes provisoires qu’il s’est choisis. La situation contemporaine des Français est juste un petit peu moins idyllique.
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D’un côté, leurs bons maîtres songent sérieusement à les punir pour leur impardonnable bévue. Dans un article écrit au lendemain du référendum sur la constitution européenne dans la prestigieuse Revue du droit public, le professeur Jacques Robert, ancien membre du Conseil constitutionnel, soulignait ainsi le « coup très rude » porté à l’institution référendaire par ces (scandaleux) résultats : « Sans risquer de se tromper beaucoup, ajoutait-il, d’aucuns affirment, non sans arguments, que le référendum est mort, en France, le 29 mai 2005 ».
 
Mais alors que l’on envisage d’enterrer le seul moyen laissé aux Français de secouer le joug des médias, des partis et du pays légal, et ce, précisément parce qu’ils ont osé le faire, on recommence aussi à parler des présidentielles. Car il ne faudrait pas qu’il prenne aux électeurs le désir saugrenu d’en faire un lieu de libre parole, un moyen de protester un peu vigoureusement, un substitut périodique au référendum. C’est pourquoi, à droite comme à gauche, on songe à resserrer le cadre.
 
Côté socialiste, Montebourg-le-tonitruant, après avoir longtemps plaidé pour l’abolition de l’élection présidentielle, jugée antidémocratique, propose désormais, dans un libelle paru en septembre, de la vider de son venin en transformant le chef de l’État en potiche décorative. Les Français voteront, mais pour du beurre. Côté UMP, le rêve est assez différent : pas question de castrer le président ; ce qu’il faut, c’est agir en amont, et exiger des candidats, non plus 200 parrainages, comme avant Giscard, non plus 500, comme aujourd’hui, mais 1000 ou 2000, ce qui éliminerait d’emblée les « extrémistes », ceux qui ont des électeurs, mais pas de réseaux, et qui grâce à cela n’auraient plus d’électeurs, puisqu’ils ne pourraient pas se présenter. Des deux côtés, on joue gagnant, suivant la même logique que celle qui recommande l’abolition du référendum : principe de précaution, réduction des risques ; et comme on ne peut pas supprimer le vote (ce serait mal), on songe aux moyens de ne plus distribuer à l’électeur que deux bulletins – en attendant de ne lui en donner qu’un seul, ce qui permettrait de renverser le schéma de Rousseau, et de le faire voter en permanence. On appelle cela la démocratie continue.

 

Les Épées

 

mercredi, 08 juin 2005

N°16 - Sommaire "Bye-bye Bruxelles"

medium_couv16-pench.jpgActualité
Europe et lobbies : une réelle égalité ?, par Robert Grégoire
 
Hommage
Jean-Marc Varaut, avocat du roi, par Antoine Clapas
Portrait d’un grand avocat, par Me Jacques Vergès
Jean-Marc Varaut, un cavalier français, par Nicolas Kayanakis
 
Architecture
Une cage pour les bons enfants, par Eric Arnodin
 
Place Royale
Vouloir le roi, par Antoine Clapas
 
DOSSIER : Bye-bye Bruxelles - Le 29 mai : révolte ou révolution ?
L’inimaginable non, par Frédéric Rouvillois
Propos souverainiste - Entretien inédit avec Paul Thibaud
Le souverainisme face à la construction européenne, par Paul-Marie Couteaux
Au revoir, par Jean-Baptiste Barthélémy
Le nécessaire rétablissement de la préférence communautaire, par Maurice Allais
Comparaison est-elle raison ?, par Patrick Longuet
Les Hollandais pourfendent l’EUrobot, par Robert Hubert
 
Nos humanités
Auguste, le gant de velours, par Danielle Porte
 
BD
Dites Manga, par Hector Nissac
 
1er degrés (nouvelle rubrique)
Les limousines, par Olivier Tournafond
 
Lectures critiques
Débat croisé avec Gabriel Matzneff et Marc Cohen
Arnaud Bordes, Benoît Carey, Gilles Chabrier, Antoine Clapas, Laurent Dandrieu,
Jean Desfontaines, C. Equilbecq, Emmanuel Fontan, David Foubert,
Norbert Kanchelkis, Rodolphe Lachat, Xavier Lucciano, E. Marsala,
Thomas Mercier, Philippe Mesnard, Louis Monier, Inès Villela-Petit.

  

Articles disponibles sur le site

 

N°16 - Editorial "Bye bye Bruxelles"

Victoire. Châtiment. Vide.
La victoire du Non est un vrai traumatisme pour les institutions européennes. Leur désolation quasi-biblique encouragerait à dire : « ils ont été châtiés ceux qui n’avaient pas mis leur confiance dans le peuple mais se reposaient sur l’iniquité, la force et l’argent (quatre cent millions d’euros de propagande gouvernementale…). Gémissant contre le sort qui les accable, impénitents, ils ne veulent pas entendre la voix qui a parlé ni comprendre le message qui leur a medium_ref_non.jpgété adressé ». Le vide s’est ouvert sous leurs pieds : ils se comportent comme le coyote du dessin animé, continuant dans le vide, animés par leur seule logique : « une seule chose est sûre, on ne les consultera plus d’ici longtemps ! »
Politique. Économie. Fruits.
Il ne suffit pas qu’une majorité se dégage pour qu’elle ait une signification sûre, mais le Non dessine en creux les contours d’un possible sens politique. Plus nébuleux encore que le camp du Oui, celui du Non a entremêlé quantité d’inquiétudes, de reproches et de raisons. Ce qui a été pressenti, au-delà des catégories politiques, c’est une dépossession sociale, politique ou nationale, celle que nous n’avons pas cessé de dénoncer depuis 1991. Le Non ne reflète sans doute que très partiellement la réamorce d’un vouloir national. Du moins témoigne-t-il diversement d’un esprit public, d’un attachement au rôle de l’État, d’une méfiance envers la barbarie qu’abrite l’économie moderne. Au vrai, c’est peut-être moins l’économie moderne qui est à dénoncer que l’ordre politique contemporain, réellement barbare puisque tout entier tourné, au niveau mondial, au service du plus fort, l’économie libérale sans frein ayant été le moyen d’asservissement. Fructueux terrain d’études pour Les Epées.
Alternative. Extérieur. Direction.
Les politiques ont joué l’Europe soit parce qu’ils ne croient pas à la France, soit parce qu’ils désespèrent des Français, incapables d’accepter de nécessaires réformes ; les Français ne veulent plus de l’Europe soit parce qu’elle ne leur a pas apporté ce qu’ils souhaitent, soit parce qu’ils désespèrent des politiques, incapables de faire passer les nécessaires réformes. On voit par là que le Non n’a pas résolu toutes les difficultés. Et que les mots “politique extérieure” sont en train de prendre un sens nouveau, propre à notre siècle.
Il ne suffit donc pas de rejeter une conception erronée de l’Union européenne. Il faut encore avoir la volonté de reconstruire la France à partir d’elle-même, et lui redonner une direction politique véritable, sous peine de s’écrouler dans l’amorphisme qui la mine.

 

Les Épées

dimanche, 13 mars 2005

N°15 - Sommaire "NON"

medium_couv15-pench.jpgActualité
La construction communautaire : un coup d’État permanent par Patrick Longuet
Le double effet du NON ! par Jean-Baptiste Barthélémy
Plaidoyer en forme de paradoxe par E. Marsala
La question chypriote par Élie Hatem
 
La charité ou la mort par Laurent Dandrieu
Ere du vide, ère de la transparence par Serge Degrim
 
Politique
La Laïcité en questions
Entretien avec Jean Sévillia
 
International
Les conséquences économiques du Tsunami par Robert Grégoire
 
Société
Parenté incertaine, parents douteux
Entretien inédit avec Michel Rouche par Alain Raison
De l’Indignation : entretien avec Jean-François Mattéi
 
Place Royale
Le discours réactionnaire a-t-il un avenir ? par Antoine Clapas et David Foubert
 
DOSSIER : Politique de la langue
L’État doit-il sauver la langue ? par Antoine Clapas
Entretien inédit avec Marc Fumaroli
La langue interdite sous la Révolution par E. Marsala
Le pouvoir détruit la langue par Antoine Foncin
Mémoire en faveur des idiomes provinciaux
 
Nos humanités
Tous en avant pour le latin par Léon Daudet
 
Civilisation
A-t-on perdu la clé du jardin ? par Marco Martella
 
Cinéma
Support the french cinema par Laurent Dandrieu
Vedette, interprète, marionette par Eric Hubert
 
BD
L’heure des bilans par Philippe Mesnard et Marie Uccelli
 
Lectures critiques
Matthieu Baumier, Arnaud Bordes, Benoît Carey, Pierre Carvin, Sigrid Choffee-Harouel, Antoine Clapas, Chantal de Batz, Luc de François, Serge Degrim, Jean Desfontaines, Nicolas Droitier, C. Equilbecq, Emmanuel Fontan, Alain Laquièze, E. Marsala, Marco Martella, Thomas Mercier, Louis Monier, Luc Pinson, Alain Raison, Inès Villela-Petit.
 
Mission en Métagonie
par Fabrice Hadadj (cinquième partie)

 

N°15 - Editorial "NON"

Les imposteurs ont la vie belle. Pendant des années on aura subi le règne du nouveau philosophe français, BHL, aujourd’hui laminé par Philippe Cohen et des commentateurs enfin décidés à dégonfler la baudruche. Mais il a aujourd’hui un successeur : Michel Onfray, l’expert en hédonisme mou et en niaises turpitudes : même arrogance, medium_onfray.jpgmême bluff, mêmes manières de petit marquis parisien donnant la leçon à Platon et Saint-Augustin…

Heureusement, le ministre de l’Éducation nationale déplore le sort (catastrophique) de l’orthographe des petits Français ; mais il ne change rien dans la formation des professeurs des écoles, et renforce à peine les programmes de grammaire au collège. Il faut avouer que, du côté des adultes, on ne fait pas tout pour montrer l’exemple : il n’est que d’entendre la plupart des radios dans le vent, de prêter attention au sabir qui se pratique à la télévision, ou d’entendre les socialistes évoquer la députée… Là encore, c’est la langue de la démocratie.

Les amnésiques se satisferont du moins d’un bonne nouvelle : désormais, grâce au fameux « bloc » des connaissances prévu pour les classes de collège, l’histoire devient une matière optionnelle. La haine du passé (surtout national) est en revanche obligatoire. On le voit particulièrement à l’égard des événements du début du siècle : trente ans de persécution antichrétienne (et plus largement, antireligieuse) ont précédé une séparation de l’Église et de l’État effectuée sans négociation, et ces événements sont évidemment écartés des programmes officiels. En France, on ne doit pas dire que la République est née dans la Terreur et dans la persécution des catholiques – seulement 95% du peuple français en 1880, selon Jean Sévillia.

Aujourd’hui, la « République » n’est d’ailleurs plus rien du tout : une ombre historique, un résidu de principe, un procès perpétuel à la vie nationale, un rouage de l’intégration eurocratique. Elle n’a rien pour attirer la confiance, encore moins pour susciter l’amour. Ses hommes politiques cherchent d’une manière ou d’une autre à vider la nation de toute son existence, et à faire de chacun un atome à la fois abruti et disponible pour le marché. Et comme le notait Gustave Thibon, le conformisme a changé de camp, « il est passé du côté de la négation des valeurs spirituelles et morales qui ont fait notre civilisation ».


Les Épées

mardi, 07 décembre 2004

N°14 - Sommaire "Le peuple"

medium_couv14-pench.jpgActualité
Constitution européenne : les 7 mensonges par Jean-Baptiste Barthélémy
Banque mondiale : un rapport contestable par Robert Grégoire

International
Qui sème le vent par Michel Collin
La mémoire empoisonnée de l’autre Europe par Benoit Carey

Architectures
Poétique des ponts par Eric Arnodin

Revue des revues
par Arnaud Olivier

Le Monde comme il ne va pas
Mauvais rêves par Marie-Christine d’Welles

DOSSIER : Le peuple. Pourquoi les démocrates le haïssent.
À la recherche du peuple perdu par E. Marsala
Peuples, je vous hais ! par Jean-Baptiste Barthélémy
Du peuple faisons table rase par Christophe Boutin
Le peuple éliminé par Philippe Mesnard
Le peuple à Rome par Arnaud Olivier

Nos humanités
Humanités et barbarie par Antoine Foncin

BD
Toto, Camember et Adalbert par Philippe Mesnard

Lectures critiques
Par Matthieu Baumier, Sylvain Bernis, Benoît Carey, Pierre Carvin, Antoine Clapas, Frédéric Coppin, David Foubert, Arnaud Kerivin, Stéphane Giocanti, Valéry Lefort-Zeminska, E. Marsala, Thomas Mercier, Philippe Mesnard, Luc Pinson, Alain Raison, Camille Réan, Jules Seignoret.

Dossier spécial A.D.G.
par Serge Degrim, Pierre Chaumeil.
Entretien avec Serge de Beketch.

 

N°14 - Editorial "Le peuple"

Lorsque les Épées sont nées il y a quatre ans, d’aucuns pensaient qu’une telle entreprise serait vouée à l’échec, et ne dépasserait pas quelques numéros. Or, non seulement la revue a duré (voici le numéro 14), mais elle a épaissi, elle a multiplié et étoffé ses rubriques, et s’est enrichie de nouveaux rédacteurs dont elle s’honore. Si l’analyse politique domine, la culture (au sens large) y tient un rang essentiel, qui accueille toute une diversité : de la littérature à la bande dessinée, des visuels à la philosophie et à l’architecture. Non contentes de progresser, les Épées ne cachent pas leur jeu en se définissant comme royalistes.

Qu’est-ce que cela ? En 2004 ? Est-ce bien raisonnable ? Dans un temps qui perd si nettement la raison pourtant déifiée par de grands ancêtres, la folie n’est pas si grande. On peut penser que de nombreux maux actuels auraient été évités, jugulés ou amoindris par une institution généralement vouée à s’adapter aux changements de la société (elle le fit du Xe au XVIIIe siècle). Et puis nous avons la modestie de penser que ce royalisme se cherche et se construit à mesure, medium_bainville.jpgparce que personne ici ne prétend changer un destin par un coup de sceptre magique. On ne saurait sans doute pas s’en tenir à une critique politique, sociale, économique et culturelle si une clef de voûte idéale ne rassemblait pas tout, en offrant une dimension positive à cet effort. Au reste, elle laisse la place aux divergences sur la plupart des terrains, de même qu’un roi, d’une certaine façon, ne s’appuie heureusement pas que sur des royalistes, et que des solutions pratiques ne traduisent pas nécessairement un lourd substrat idéologique.

- Alors, où voulez-vous en venir, avec vos Épées ? À côté du rire et du plaisir, loisibles en pays de France depuis le règne de Basile de Koch, il nous paraît essentiel que perdure et se développe une critique politique et intellectuelle suffisamment ambitieuse et accessible, faite d’héritages et d’ouvertures à de nouveaux horizons. Ces temps-ci, « nuire à la bêtise », (Nietzsche), n’est pas un projet négligeable. Au-delà, c’est évidemment la tradition française qui nous importe, un peu comme les Irakiens tiennent à l’Irak et les Américains, aux Amériques. Le lecteur a dû le sentir.

La situation des temps écarte d’elle-même une vue dogmatique de ce que pourrait être la monarchie de demain : constitutionnelle, parlementaire, traditionnelle, liée à des formes de représentation et de participation des citoyens... Les rédacteurs, à cet égard, parce qu’ils viennent d’horizons différents, nourrissent des réflexions diverses. L’important étant en somme de se retrouver sur un principe de continuité politique qui a fait ses preuves, en tant qu’il peut rassembler les Français d’hier, d’aujourd’hui et de demain, non par opinion, mais par définition. C’est là un lourd travail pour un objet qui a l’apparence d’une revue-magazine. Mais les royalistes sont des gens étranges. La disproportion des forces en présence les émeut sans les décourager tout à fait.

Actuellement Les Épées sont la seule revue à affronter ces questions. Elles ont la mission de prolonger une tradition critique, de prospecter autant que d’hériter : pour toutes ces raisons, elles ont besoin de votre soutien.

 

Les Épées

vendredi, 20 août 2004

N°13 - Sommaire "Le best-seller"

medium_couv13-pench.gifActualité
Une consultation peut en cacher une autre par Jean-Baptiste Barthélémy
Le temps de l’État et le temps des médias par Christophe Boutin
Télévision : le retour d’Intervilles par Charles-Henri Hubert
EDF : simple ouverture ou privatisation rampante par Robert Grégoire
Marcel Jullian : hommage à l’homme libre par François-Marin Fleutot

Spiritualités
Les chrétiens d’Irak : entretien avec Jean-François Colosimo

Architecture
par B.-J.

Enquête : le best-seller
L’avenir de l’inintelligence par Ibn P. Assidim
Le point de vue de l’éditeur José Corti  par Thomas Mercier
Entretien avec Paul-Loup Sulitzer

Revue des revues
par Arnaud Olivier

Société
Exploration de la part du diable : entretien avec Michel Maffesoli
La modernité hypostasiée par Alain Raison

Éloge de la maturité
La maturité ou le bégaiement par Antoine Clapas
Vous n’avez rien contre les faux jeunes ? par Laurent Dandrieu
Besoin d’adultes par Valérie Lefort-Zelminska
La géographie du temps : Entretien avec Christian Combaz

Nos humanités
Pourquoi lire La Trinité de saint Augustin ? par Sophie Dupuis-Trudelle

BD
Haddock, tartarin mais pas célinien, entretien avec Albert Algoud

Lectures critiques
Par Mathieu Baumier, Gilles Chabrier, Antoine Clapas, Michel Clapié, Luc de François, C. Equilbecq, David Foubert, Henri Godon, Jean-Marc Joubert, Norbert Kanchelkis, E. Marsala, Thomas Mercier, Philippe Mesnard, Michèle Pinson, Jules Seignoret, Inès Villela-Petit, Hélène Verdier.

Mission en Métagonie (quatrième partie)
par Fabrice Hadjadj

 

N°13 - Editorial "Le best-seller"

Janvier 1787. Catherine II, impératrice de Russie, quitte les glaces de Saint-Pétersbourg pour entreprendre, sous la conduite de son nouveau ministre de la guerre, le prince Potemkine, un voyage dans les territoires du sud. À ses côtés, elle pourra constater de visu la prospérité des villages qu'elle traverse, l'air épanoui et satisfait des paysans qui la saluent au passage. Mais en réalité, c'est Potemkine lui-même qui, pour donner le change, a fait construire le long de la route des façades de bois et de carton peint, et fait venir des figurants en costume pour acclamer la souveraine – qui, ravie, validera la politique de son favori.

Mais pourquoi, demanderez-vous, nous balance t-on cette anecdote historique dans l'édito des Épées ? C'est, ami medium_touchepas.jpglecteur (et abonné, j'espère), parce qu'on peut y voir une métaphore de notre “théâtrocratie” contemporaine, où l'apparence gouverne tout, et où l'on gouverne à partir de faux-semblants, même lorsqu'il est démontré qu'ils n'ont aucune réalité.

À cet égard, l'été 2004 est à marquer d'une pierre blanche. Il commence avec “l'affaire du RER D”, lorsque Marie-Léonie, une mythomane notoire, réussit à mobiliser la classe politique et les médias avec un canulard de troisième ordre. Le poteau rose une fois découvert, le Président Chirac se contentera de déclarer : « C'est une affaire regrettable à tous égards. Mais je ne regrette pas ». Jeux de mots cocasses, mais inquiétants. Quelques jours plus tard, c'est une agression « homophobe » qui émeut la presse : Rémi, jeune Marseillais, se serait fait sauvagement tabassé au cri de : « sale tapette » par une vingtaine de voisins (le même nombre que les témoins passifs du RER D). En fait, presque tout était faux : il s'agissait d'une simple gifle à la suite d'un tapage nocturne. Trois semaines après, enfin, c'est l'incendie du centre social juif de la rue Popincourt qui déchaîne l'indignation générale. La revendication est incertaine mêlant nazilloneries minables, Jihad islamique et fautes d'orthographe. Peu importe, la classe politique s'emporte à nouveau, dénonce l'excessive clémence des magistrats et l'indifférence des Français. Quelques jours après, on apprendra qu'il s'agissait de la vengeance d'un ancien employé du centre, Rafaël B., qui se serait inspiré pour l'occasion d'un feuilleton télévisé : les actes réels d'antisémitisme sont pour ainsi dire couverts par cette énorme tromperie. C'est ainsi que l'été s'achève, mais que la théatrocratie subsiste, inhérente à un système où l'émotion populaire, nourrie par des médias trop crédules pour être honnêtes, déterminent la direction que doit suivre le char de l'État.

 

Les Épées

mercredi, 26 mai 2004

N°12 - Sommaire "Le pastiche"

medium_couv12-pench.gifActualités
Décentralisation, piège à c... ? par Christophe Boutin
Le chômage utile par Robert Grégoire
L’affaire Laschet : entretien avec Paul-Marie Coûteaux
Désorganisation internationale : le Kosovo par Benoît de Falkenhorst

Spiritualités
La nuit de l’inconnaisance par Jean-Marc Vivenza

Revue des revues
par Arnaud Olivier

Architectures
par Eric Arnodin et Joseph Roueeler

Rire et société
Pastiche et parodie sont dans un bateau par Philippe Mesnard
Entretien avec Basile de Koch
Un pastiche sinon rien par E. Marsala

DOSSIER : La démocratie contre le vote
Démocratie représentative par Alain Raison
Le vote sous l’Ancien régime par Jean-Louis Harouel
La comédie du suffrage universel par Jean-Baptiste Barthélémy
Les absents ont toujours raison par E. Marsala
Osons le vote ! par Christophe Boutin
Entretien avec Frédéric Rouvillois

Nos humanités
Pourquoi Boèce ? par Axel Tisserand

Le Monde comme il ne va pas
Banlieues : consomme et tais-toi par Olivier Dejouy

BD
Une Europe rêvée : la fortune littéraire du communisme par Philippe Mesnard

Imageries par Jean Birnbaum

Lectures critiques
Entretien avec Arnaud Teyssier. Photos Louis Monier.
Mathieu Baumier, Sylvain Bernis, Benoît Carey, Gilles Chabrier, Pierre Carvin, Antoine Clapas, C. Equilbecq, Antoine Foncin, Stéphane Giocanti, Clémence de Malloy, E. Marsala, Thomas Mercier, Philippe Mesnard, abbé Guillaume de Tanouärn, Marie Uccelli.

Mission en Métagonie (troisième partie)
par Fabrice Hadjadj

 

N°12 - Editorial "Le pastiche"

Le vieux Sorel a dû se retourner dans sa tombe pour rire un bon coup : car voilà que la gauche molle, en la personne de Dominique Strauss-Kahn, s’approprie la notion de mythe qu’il avait inventée il y a un siècle, dans ses Réflexions sur la violence. Le texte de Strauss-Kahn s’intitule plus sobrement Construire l'Europe politique. Cinquante propositions pour l’Europe de demain. Pour autant, l’emprunt n’est pas contestable : l’Union européenne, écrit Strauss-Kahn au commanditaire de l’étude, le président de la Commission, (qu’il appelle familièrement « Cher Romano »), l’Union, donc, « traverse une triple crise. Ses institutions ne fonctionnent pas bien […], son projet est en panne, […] son territoire est incertain ». Alors, comment relancer la machine – puisqu’il est entendu qu’il faut aller de l’avant, rester optimiste, et que, comme on dit, cette crise est surtout une crise de croissance ? Eh bien, il faut imaginer un mythe qui lui permettra de rebondir. « L’Europe, déclare Strauss-Kahn, s’est construite à travers des “mythes” mobilisateurs, dont le dernier a été l’euro ; quel doit être le prochain mythe européen ? »
medium_peuple-europeen.jpg
On n’épiloguera pas sur la réponse : pour Strauss-Kahn, ce mythe doit être la construction d’une « Europe politique », d’un gigantesque état fédéral, « res publica européenne » sans commune mesure avec le projet de constitution établi par Giscard, puisqu’elle implique entre autres l’intégration de l’Afrique du Nord et de la Turquie, mais aussi la fabrication d’un peuple européen : « il faut maintenant faire des Européens ». Les Épées y reviendront plus longuement dans le prochain numéro.

En attendant, on peut revenir à Sorel, et rappeler que ce qui caractérise le “mythe”, c’est qu’il sacrifie la vérité à l’efficacité : peu importe l’énormité du bobard, s’il parvient à mobiliser les masses et à faire avancer l’Histoire. Celui-ci sera-t-il assez gros pour mener les peuples à l’abattoir ? Sur ce point, le rapport Strauss-Kahn renvoie opportunément aux deux dossiers de ce douzième numéro des Épées : le vote, admirable machine à duper ceux dont il consacre prétendument la souveraineté ; et le pastiche, puisque cette Europe-là a tout de même un petit air de déjà vu, sauf qu’elle avait à l’époque un fort accent allemand…

 

Les Épées

jeudi, 26 février 2004

N°11 - Sommaire "le conservatisme, une idée d'avant-garde ?"

medium_couv11-pench.gifActualités
Souverainisme, vous avez dit souverainisme ? par Jean-Baptiste Barthélémy
Les paradoxes du pacte de stabilité par Robert Grégoire

Spiritualités
Ce que voile le voile par Michel Michel

Architectures
par Eric Arnodin et Joseph Roueeler

Sociétés
Un bonheur insoutenable par Alain Raison
Entretien avec Émile Poulat
Désert de la foi ou désert de la pensée ? par Benoît Carey

DOSSIER: Le conservatisme, une idée d’avant garde ?
Le conservatisme introuvable par E. Marsala
Comment être conservatuer dans la France contemporaine par Alain Laquièze
Réactionnaire et conservateur par C. Equilbecq
Maurras et le conservatisme français par Antoine Foncin
Un nouveau conservatisme par Norbert Kanchelkis
Le conservatisme, une idée d’avant-garde ? par Pierre Carvin

Nos humanités
Sénèque par Jean-Marie André

Le Monde comme il ne va pas
Putes ou soumise ? par Valérie Lefort-Zelminska

Cinéma
“Lost in Translation”.
Pour ou contre “Kill Bill”  par Laurent Dandrieu et Philippe Mesnard

BD
Secteur porteur : le talent par Philippe Mesnard

Imageries
par Jean Birnbaum

Lectures critiques
Entretiens avec Denis Tillinac & Eugénio Corti.
Photos Louis Monier.
Sylvain Bernis, Gilles Chabrier, Pierre Carvin, Jean-Philippe Chauvin, Antoine Clapas, C. Equilbecq, Antoine Foncin, David Foubert, Jean-Louis Harouel, Norbert Kanchelkis, E. Marsala, Thomas Mercier, Philippe Mesnard, abbé Guillaume de Tanouärn, Marie Uccelli.

Mission en Métagonie (deuxième partie)
par Fabrice Hadjadj

 

 

N°11 - Editorial "Le conservatisme, une idée d'avant-garde ?"

L'irruption des "néo-conservateurs" américains sur la scène internationale (largement commentée et diversement appréciée dans la presse française) nous invite à réfléchir sur la notion de conservatisme - un mot qui commence mal, disait 1e Duc d'Orléans. Quelles réa­lités se cachent derrière ce mot ? En est-il de même aujourd'hui en France et à l'étranger? Existe-t-il un conservatisme de gauche comme il en existe à droite ? Ce sont ces questions que lance notre dossier, afin d'y voir plus clair dans un vocable à la fois polémique et nébuleux.
medium_bush.jpg
On aurait tort de ne voir là que des disputes entre spécialistes. Les eurofédéralistes, par exemple, vivent concrètement te risque de la conservation, du développe­ment, du démenti et de la simple disparition. On les a vu s'affoler à la suite de la déconfiture d'une constitution introuvable, que te talent littéraire d'un ancien président n'a pu rattraper. En dépit des causes techniques de cet échec, il faut convenir que le combat critique, vis-à-vis de l'intégration européenne, n'a pas été vain.

Les fumées de l'Europe et la nébuleuse conser-vatiste ont depuis longtemps donné des idées à nombre d'écrivains : un éditeur vient de lancer une collection, Globalia triomphe en librairie et est commenté dans nos colonnes et les Barbéliotes continue leur mystérieuse existence, faisant courir une veine contre-utopique dans ce numéro.

Des vérités plus certaines, comme le catholicis­me, son déclin annoncé et la réalité de son enracinement dans la société française sont l'occasion pour Les Êpées d'ouvrir un mini-dossier sur la situation du catholicisme en France. À l'heure où le film Passion réussit à déchaîner la polémique alors même qu'il n'est pas certain de sortir en France, le sujet est d'une actualité passionnante.

 

Les Épées

mercredi, 26 novembre 2003

N°10 - Sommaire "Eloge du pamphlet"

medium_couv10-pench.jpgActualité
Souverainisme, vous avez dit souverainisme ? par Jean-Baptiste Barthélémy

Politique
De la démocratie en Amérique par Jean-Baptiste Barthélémy

Spiritualités
Vocations du théâtre chrétien :
- débat entre Fabrice Hadjadj, Jean-Luc Jeener et Henry Le Bal
 
Sociétés
Campagnes françaises : la nouvelle donne par Alain Raison
Éloge du pamphlet (en couverture)
Abécédaire du pamphlet

Le Monde comme il ne va pas
Paris, l’autre ville rose par François Devoucoux du Buysson

DOSSIER : L’éducation du souverain
L’éducation du peuple par Antoine Clapas
Une autonomie en trompe-l’œil par Norbert Kanchelkis
Qu’est-ce qu’un rite ? par Antoine Foncin
La Fontaine et Fénelon par Alain Lanavère
L’homme qui aurait pu faire un roi par Frédéric Rouvillois

Nos humanités
Caton, réactionnaire ou visionnaire ? par Jean-Noël Robert

Cinéma
Les Invasions barbares :
- Entretien inédit avec Denis Arcand

BD
Albums, séries, sagas par Philippe Mesnard

Notes de lecture
Hommage à René Fallet. Photos Louis Monier.
Notes critiques par Matthieu Baumier, Jérome Besnard, Antoine Clapas, Antoine Foncin, Jules Hyppolite, Norbert Kanchelkis, E. Marsala, Alain Lanavère, Philippe Mesnard.

Mission en Métagonie (première partie)
par Fabrice Hadjadj

 

N°10 - Editorial "Eloge du pamphlet"

Est-il encore possible de hurler contre les loups ? C'est la question que pose le premier dossier, qui n'est peut-être pas tout à fait étranger au second. À en croire l'intolérance des tolérants, la chose paraît réglée d'avance. La bonne conscience moderne ajoute un article aux Béatitudes : tu ne pamphlétiseras pas. Tout un pan de la littérature, un aspect entier de la vie intellectuelle paraît condamné, menacé par des contraintes juridiques de plus en plus exorbitantes, qui reflètent avant tout la Loi des bien-lisants. Léon Bloy, comme le prophète Jérémie, serait aujourd'hui un vieux tôlard sous asepsie médicale, condamné « pour avoir posé des problèmes ». C'est là que nous l'allons visiter : Les Épées se livrent à une enquête littéraire et archéologique sur un genre à la fois haut et bas, aussi menacé que les tigres et les lémuriens.

L'éducation du souverain peut passer pour un problème exclusivement historique. Pourtant, elle apparaît comme une condition de la citoyenneté, de la souveraineté, et, plus largement, de la responsabilité collective. Sans doute l'éducation du souverain ne suffit-elle pas à bien gouverner. Mais est-elle seulement possible ? Qu'en est-il aujourd'hui, où l'abstention n'a jamais été aussi forte ? où l'utilitarisme et la préparation au Marché bouleversent l'éducation civique dans le Secondaire ? où l'autonomisme démocratique et le matérialisme se conjuguent pour commencer, imparfaire et tuer le citoyen ? L'exigence d'une loyauté européenne substituée au patriotisme française rend l'affaire encore plus complexe… Les débats souvent sirupeux sur l'éducation nous invitent à ouvrir ces réflexions, cum grano salis – bien entendu.

 

Les Epées

samedi, 26 juillet 2003

N°9 - Sommaire "Humour et politique"

medium_couv9-pench.gifActualité
Europe : vers une constitution... par Jean-Baptiste Barthélémy
Les Américains et les Européens par Alain Lacquièze

Spiritualités
Le Mexique : le sourire de la foi par Marie Lytrègues et Benoît Carey

Sociétés
Humour et politique

Hommage à Jean Yanne (en couverture)
Entretien avec Pierre-André Boutang
Jalons ou l’improbable épiphanie du rire : Entretien avec Basile de Koch

DOSSIER : La République des illusions
Une querelle de maux par Antoine Clapas
Les dessous de Marianne : Entretien avec Xavier Martin
La tradition républicaine par E. Marsala
L’impasse institutionnelle par Alain Raison

Nos humanités
Cicéron et la rhétorique par Jean-Marc Varaut, de l’Institut

Cinéma
Dufilho : le moine comédien par Laurent Dandrieu

BD
Pixels, plumes et planches par Philippe Mesnard

Notes de lecture
Par Jérome Besnard, Gilles Chabrier, Christophe Boutin, Pierre Carvin, Antoine Clapas, Antoine Foncin, Jean-Louis Harouel, Jules Hyppolite, Norbert Kanchelkis, Sébastien de Kerrero, E. Marsala, Alain Lanavère, Sébastien Lapaque, Gérard Leclerc, Jean-François Mattéi, Philippe Mesnard, abbé Guillaume de Tanoüarn.
Réponse à la nouvelle droite
Entretien avec Pol Vandromme

L’humeur de E. Marsala
Voyage en Thanatopie (huitième partie)

 

 

N°9 - Editorial "Humour et politique"

Qu’elle se vérifie par l’abstention, par le primat absolu de l’économie ou par un processus européen à marches forcées, la décomposition du Politique constitue sans conteste l’un des faits majeurs de notre temps. Elle ne trouve pas d’équivalent dans le passé de la France, et paraît accentuée par la tendance des “élites” à « sacrifier la patrie à l’humanité », une humanité sans couleur ni relief, déracinée et close sur elle-même. Face à cet avenir morne, il s’agit donc de réapprendre le sens du bien commun, de retrouver le goût capétien de l’unité, de sortir des impasses mortelles de la modernité radicale.

Sorties du fourreau en 2001, Les Épées entendent braver ces maux, et croiser le fer. Les deux années qui viennent de s’écouler (huit numéros), l’accueil chaleureux qu’on lui a fait, les collaborations prestigieuses qu’elle s’est assurée, invitent notre revue à préciser son contenu et ses intentions. Nullement retranchées dans un horizon purement contestataire, Les Épées se présentent avant tout comme une revue royaliste, qui se réclame aussi bien de Maurras et de Daniel Halévy que de Bernanos et de Boutang, des non-conformistes de droite, mais aussi de la tradition thomiste ou du libéralisme politique. Sans rabâchage, avec la volonté d’actualiser le matériel critique, de s’enrichir au contact de tous les lieux où vit l’Esprit, cette revue se propose d’analyser les différentes formes de vie et de mort du Politique, les principaux débats (en politique, en philosophie, en sociologie et dans les Lettres ou en Droit), et d’exalter la culture française qui paraît le mériter. Son objet original est de redéfinir et de faire connaître les raisons et les projets du royalisme français à l’orée du XXIe siècle, au fil des articles, des dossiers, et des compte rendus qui privilégient la confrontation des idées. Pour toutes ces raisons, Les Épées ambitionnent de devenir une référence pour tous les royalistes, mais aussi pour tous ceux qu’intéresse le maintien de la liberté de l’esprit.

Puisqu’elles ne sont l’organe d’aucune organisation, et qu’elles travaillent sur un plan essentiellement intellectuel, Les Épées peuvent, sans rien renier de leurs principes, transcender les appartenances des rédacteurs et de son lectorat. Elles doivent apparaître comme un pôle de réflexion capable d’enrichir les fidélités de tous.

 

Les Épées

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samedi, 26 avril 2003

N°8 - Sommaire "Du nouveau chez les réacs"

medium_couv8-pench.gifActualité
Vive le progrès par Mathilde Herbillo
Bilan de la construction européenne par Jean-Baptiste Barthélémy
Décentralisation : inventaire avant fermeture par Christophe Boutin

Société
La fatigue de l’individu moderne par Alain Raison

Politique
Communisme : un cadavre encombrant par Benoît Carey
L’amertume du peuple abandonné par Alain Raison

DOSSIER : Du nouveau chez les réacs
Les nouveaux et les anciens par le Pr Ibn P. Assidim
Réponse aux juges par Charles Baudelaire
Daniel, spectateur engagé : Entretien avec Daniel Lindenberg
Léo &Carl par Pierre Carvin
Moi, l’homme le plus réactionnaire du monde par Antoine Foncin

Nos humanités
Virgile et Homère par Bruno Pinchard

Culture
Berlioz : tombeau pour un génie français par Antoine Clapas

Cinéma
Daredevil, justicier cherche coupable par Laurent Dandrieu

Notes de lecture
Par Antoine Clapas, Jules Hyppolite, Norbert Kanchelkis, Sébastien de Kerrero, Clémence de Maloy, Alain Laquièze, Eric Letty, Philippe Mesnard, Camille Réan, Frédéric Rouvillois.
Entretien avec Jean-Claude Albert-Weil
Entretien avec Maurice G. Dantec

L’humeur de E. Marsala
Voyage en Thanatopie (septième partie)

 

 

N°8 - Editorial "Du nouveau chez les réacs"

Le pouvoir américain avait misé sur une guerre expéditive, facilitée par des soulèvements populaires et des alliés nombreux. Il se sera enlisé dans un conflit plus long que prévu, pour découvrir les ressorts du vieux patriotisme irakien. Pour la première fois, la France, la Russie, l’Allemagne et la Chine se sont solidarisées dans un non diplomatique à l'hyperpuissance mondiale. Face à une guerre très mal justifiée, l’hypothèse d’une politique étrangère de l’U.E. est devenue plus dérisoire que jamais.

Ni pacifistes, ni bellicistes, nous voyons avec tristesse l’horreur subie par un peuple harrassé par douze ans d’embargo, medium_villepin.jpgdes prémisses de guerre civile, la morgue du consortium Bush et l’humiliation des Américains les plus lucides. Les collusions économiques du clan de la Maison Blanche éclatent au grand jour*, mais émeuvent surtout les Européens. L’arrière-plan politique et religieux de la guerre américaine est plus complexe à cerner – Les Épées y reviendront dans le prochain numéro.

Depuis le 20 mars dernier, les Français se rangent quasi unanimement derrière la position officielle de leur pays : qu’importent les ambiguïtés de celle-ci, une “monarchie de la guerre”, en conjonction avec les justes appels du Pape, s’est instaurée au plus noble de leurs sentiments. Peu d’occasions produisent une telle unanimité. Dans un contexte de feu, de fer et de sang, et quoiqu’il ne nous console pas de la sombre tragédie du Proche-Orient, un tel fait mérite de s’inscrire dans notre souci de la France.

 

Les Épées


 

* Eric Laurent : La guerre des Bush, Plon.

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dimanche, 26 janvier 2003

N°7 - Sommaire "Mort de la trahison"

medium_couv7-pench.gifActualité
Résister à la guerre contre l’Irak : Entretien avec Florence Kuntz

Politique
La République face à son destin par Norbert Kanchelkis

Société
N’importe où hors du corps par Alain Raison
Corps à corps : Entretien avec David Le Breton

DOSSIER : Mort de la trahison ?
Mort de la trahison par E. Marsala
Abécédaire des traîtres par Antoine Clapas
L’avenir du passé : Entretien avec Vladimir Volkoff
Une essence politique par Gilles Ceausescu
Guêpier pour trois abeilles par Philippe Mesnard
La fidélité interdire par Benoît Carey
Judas, ou la haine du roi par l’abbé Guillaume de Tanoüarn

Nos humanités
Le journal de voyage d’Éthérie par le Professeur Foyard

Cinéma
Bond, Austin Bond par Laurent Dandrieu

Revue des revues
par Sébastien de Kerrero

Notes de lecture
Par Benoît Carey, A. Clapas, Sébastien de Kerrero, Antoine Foncin, Alain Laquièze, E. Marsala, Philippe Mesnard, Anne-Cécile Molitor, Michèle Pinson, David Sellos.

L’humeur de E. Marsala
Voyage en Thanatopie (sixième partie)

 

 

N°7 - Editorial "Mort de la trahison"

Devant l’affadissement du vocabulaire politique, Léo strauss préconisait le retour aux vocables issus des grands textes grecs, ceux d’un Aristote et d’un Xénophon par exemple. Les Épées peuvent bien, à leur façon, servir ce bel objet. Prenons le mot “trahison”. Il retentit tout d’un coup, renvoit à l’image du traître lui-même, à l’infamie et au châtiment qui le va bientôt frapper. Il fut un temps où la chasse aux sorcières équivalait à la chasse au traître ; où trahir sa